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Expositions professionnelles au protoxyde d’azote (MEOPA) : prise en charge par le médecin du travail - 15/05/26

Doi : 10.1016/j.admp.2026.103299 
Jérôme Langrand 1, , Bastien Flaunet 1, Carole Morneau 2, Hélène Sempere 1, Laetitia Elie 3, Malard Stéphane 3, Hervé Laborde-Casterot 1
1 Centre antipoison de Paris – CPPE Fernand-Widal, Paris, France 
2 Caisse régionale d’Assurance maladie d’Île-de-France, Paris, France 
3 Institut national de recherche et de sécurité, Paris, France 

Auteur correspondant.

Résumé

Le MEOPA (mélange équimolaire d’oxygène et de protoxyde d’azote – N 2 O) est un gaz utilisé pour ses effets thérapeutiques anxiolytiques et analgésiques. Le protoxyde d’azote est aussi de manière récréative et illicite pour ses effets euphorisants (d’où son appellation « gaz hilarant »). De longue date, ce gaz a une réputation d’innocuité, entraînant une sous-estimation des risques liés à sa consommation ou son utilisation. L’augmentation importante de son usage récréatif ces dernières années a fait prendre conscience de sa toxicité, entraînant une épidémie d’effets neurologiques et cardiovasculaires. Dans le cadre professionnel, le personnel soignant peut être fortement exposé, avec de réels risques sanitaires actuellement niés ou sous-estimés. Dans le cadre d’utilisation du MEOPA, plusieurs affaires rapportées au centre antipoison de Paris ont mis en évidence des situations d’exposition des salariés dans l’air de box de soins à des concentrations du N 2 O très supérieures aux VLEP préconisées par l’ANSES, et aux seuils de toxicité chronique.

Les professionnels venus consulter présentaient une symptomatologie neurologique évocatrice d’effets toxiques liés au N 2 O, à la fois aiguë pendant les séances, mais également chronique. Leur bilan paraclinique, semblable à celui préconisé lors d’expositions récréatives, était le plus souvent normal, faute d’une sensibilité suffisante. Une mise au point pour le médecin du travail sur la manière de prendre en charge ces expositions professionnelles apparaît utile. Sur le plan individuel, il faut identifier les personnels exposés au N 2 O et mettre en place un suivi médical spécifique à la recherche d’une symptomatologie aiguë et chronique. Sur le plan collectif, la mesure des concentrations atmosphériques est indispensable pour évaluer les niveaux d’exposition et préconiser si besoin la mise en place de systèmes de captation. Il existe pour les patients des systèmes de masques à double enveloppe avec valve à la demande, qui ont démontré leur efficacité en captant à la fois les gaz exhalés et les fuites avant qu’ils ne se dispersent dans la salle, permettant d’obtenir des concentrations inférieures à la VLEP-8 h, comme décrit dans des travaux récents de l’INRS. En présence d’une symptomatologie chez les salariés concernés, il conviendra à la fois de cesser leur exposition et compléter le bilan, de recontrôler les concentrations atmosphériques dans les locaux, et de revoir les mesures de prévention mises en place.

Sur le terrain, une situation avec forte exposition des soignants dans un hôpital francilien s’est rapidement normalisée suite à une coopération très fructueuse entre le médecin du travail, la consultation de pathologie professionnelle, la Cramif et l’INRS.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Mots clés : Exposition professionnelle, Protoxyde d’azote, Toxicologie


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Vol 87 - N° 3-4

Article 103299- juin 2026 Retour au numéro
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  • Centres de tri des déchets d’emballages ménagers : risques professionnels
  • Clémence Fourneau, Amandine Paillat, Alexis Larousse, Thomas Coutrot, Ronan Levilly, Quentin Morelot, Cosmin Patrascu, Patrick Rousseaux, Isabelle Thaon, Stéphane Le Lay
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  • Exposition au dioxyde de carbone lors des séances de neurocryostimulation
  • Marion Chambon, Anthony Chaverot, Hervé Subtil, Christelle Machon, Vincent Reneric, Nathalie Tortosa, Amélie Massardier-Pilonchery, François Parant

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