Développement d’une méthode d’évaluation des risques intégrant différents types de nuisances professionnelles : exemple des agents de ménage dans les collectivités - 15/05/26

Résumé |
Les pratiques de nettoyage ont évolué depuis 2020 et ont des conséquences sur les conditions de travail des agents de ménage : augmentation de la charge de travail, expositions potentiellement accrues aux produits ménagers et contraintes physiques. Ces nuisances s’ajoutent aux contraintes liées à l’emploi (précarité, faible reconnaissance). Dans ce contexte, la démarche d’évaluation des risques doit intégrer la diversité des nuisances pour refléter la réalité de terrain.
Nous proposons une méthodologie fondée sur la notion de polyexposition. Elle repose sur une matrice à plusieurs dimensions, inspirée des travaux antérieurs d’analyse de risques. Cette matrice permet d’intégrer des nuisances de différents types (chimiques, physiques, psychosociaux) tout en considérant la gravité (cumul de nuisances par exemple), l’exposition (fréquence, niveau) et la vulnérabilité (liée au métier et à l’individu).
Le cas d’étude concerne les agents de ménage intervenant dans les écoles de la métropole de Grand Nancy. La population inclut 21 femmes âgées de 20 à 65 ans. Trois catégories de nuisances sont retenues : (i) les expositions chimiques dues à l’usage des produits ménagers (nombre, nature, émissions, expositions), (ii) les nuisances physiques liées aux tâches (contraintes posturales, efforts) et au contexte scolaire (bruit, mobilier de petite taille), et (iii) les contraintes psychosociales liées à l’organisation du travail (temps de travail fragmenté, stress, perception des risques). Les données qualifiant les nuisances proviennent d’observations de terrain, de modélisations et d’entretiens menés en 2025. Les nuisances microbiologiques ont été exclues pour des raisons de faisabilité (pas d’indicateurs pertinents recueillis) mais pourront être discutées. Chaque nuisance sera traduite en scores construits à partir des observations et des référentiels existants. Pour le risque chimique, le nombre de produits utilisés, le nombre de composés chimiques dans les produits, l’émission en COV totaux, et les quotients de danger individuel et en mélange seront utilisés. Pour le risque physique, le référentiel proposés par l’Anses dans le cadre du plan santé travail 3 sera retenu, pour les indicateurs de postures, de température et de bruit. Pour le risque psychosocial, les évaluations par les questionnaires de Karasek et de Siegrist seront privilégiées. Elles incluent par exemple des indications sur l’organisation quotidienne et la durée hebdomadaire, le rythme de travail et son caractère prévisible, les instructions ou encore le stress. Les scores construits seront ensuite intégrés dans une matrice, et agrégés via un algorithme validé par élicitation d’experts.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Polyexpositions, Agents de ménage, Chimique, Physique, Psychosocial
Plan
Vol 87 - N° 3-4
Article 103713- juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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