Recommandations pour la fixation de valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) pour les endotoxines - 15/05/26
, Diane Le Bayon, Fatoumata Sissoko, Dominique Brunet, Amandine Paillat, Jérôme Thireau, Fabrice Michiels, Luc Multigner, Benoit AtgéComité d’experts spécialisés « valeurs sanitaires de références »
Groupe de travail « métrologie »
Résumé |
L’Anses a été saisie par la direction générale du travail afin de mener les travaux d’expertise nécessaires à la fixation de valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP) pour les endotoxines.
Les endotoxines sont des constituants de la membrane externe des bactéries à Gram négatif. Elles peuvent être libérées sous forme de particules dans l’air, principalement lors de la mort et de la lyse bactériennes, et dans une moindre mesure lors de leur division/multiplication. Ces molécules, composées de protéines, de lipides et de lipopolysaccharides (LPS), jouent un rôle important à la fois dans l’intégrité cellulaire et dans l’interaction de la cellule avec l’environnement extracellulaire.
Les endotoxines (ou LPS) sont quasiment omniprésentes dans l’environnement naturel mais des concentrations élevées peuvent toutefois être retrouvées dans certains milieux professionnels, notamment dans les secteurs industriels et agricoles.
Les études humaines disponibles indiquent que les endotoxines peuvent provoquer des effets toxiques à la fois aigus et chroniques. Les poumons apparaissent comme l’organe cible principal : des altérations de la fonction respiratoire, telles que des modifications des débits ventilatoires, ainsi que des symptômes respiratoires ou le syndrome toxique des poussières organiques (ODTS), ont en effet été rapportés dans plusieurs études après exposition aux endotoxines.
Sur la base des données scientifiques disponibles, l’Anses recommande une valeur limite d’exposition sur 8 heures (VLEP-8 h) et une valeur limite court terme sur 15 minutes (VLCT-15 min) de 20 unités d’endotoxines (UE)/m 3 (2 ng/m 3 ) pour prévenir une diminution de 1 % du volume expiratoire maximal par seconde (VEMS). Ce pourcentage de diminution à l’échelle populationnelle est considéré comme un effet néfaste et a donc été retenu comme effet critique.
Ces valeurs recommandées ne permettant toutefois pas de garantir l’absence de survenue de l’ODTS, l’Anses recommande d’abaisser les niveaux d’exposition aux endotoxines aux niveaux aussi bas que raisonnablement possible.
L’évaluation des méthodes de mesure conduit l’Anses à recommander la méthode indicative consistant à effectuer un prélèvement actif de la fraction inhalable sur un filtre, suivi d’une extraction liquide dans un liquide apyrogène et d’un dosage par test du Lysat d’amébocytes de Limulus (LAL) pour le contrôle technique réglementaire de la VLEP-8 h, de la VLCT-15 min et le suivi des expositions court terme. L’Anses recommande également le développement et la validation de méthodes analytiques non enzymatiques et de nouveaux tests enzymatiques.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Endotoxines, LPS, Valeurs limites, Expositions professionnelles, Méthodes de mesure
Plan
Vol 87 - N° 3-4
Article 103712- juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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