Évaluation de l’exposition professionnelle aux métaux des salariés français depuis 2000 et analyse de la variabilité biologique des biomarqueurs d’exposition - 15/05/26
Résumé |
Les métaux essentiels, tels que le manganèse, le cobalt, le cuivre ou le fer, sont indispensables à de nombreux processus biologiques, cependant ils peuvent devenir toxiques à fortes concentrations. À l’inverse, des métaux comme le plomb, le cadmium, le nickel, l’aluminium ou le chrome n’ont aucun rôle physiologique connu et présentent une toxicité avérée, même à faibles doses. Les expositions professionnelles aux métaux ont été associées à diverses pathologies, dont certains cancers. La biométrologie permet d’évaluer les niveaux d’exposition professionnelle, bien que l’interprétation des biomarqueurs reste complexe en raison de la variabilité individuelle et du nombre limité de valeurs limites biologiques.
Cette étude avait pour objectifs de dresser un état des lieux des niveaux d’exposition professionnelle aux métaux dans différents secteurs d’activité en France depuis 2000, et d’évaluer la variabilité intra- et inter-sujet des biomarqueurs d’exposition au sein de groupes d’exposition similaires (GES). Cette variabilité biologique a été analysée en fonction de la demi-vie d’élimination urinaire des métaux et de l’application ou non d’une correction des concentrations urinaires par la créatinine.
La variabilité des biomarqueurs a été estimée à l’aide de modèles de régression linéaire à effets aléatoires, permettant de prendre en compte les mesures répétées non indépendantes et les données non quantifiées. Les coefficients de corrélation intra-classe (ICC), indicateurs de la reproductibilité intra-sujet, ont été calculés et comparés selon les demi-vies d’élimination et la correction par la créatinine.
Les résultats montrent que les concentrations urinaires de plusieurs métaux dépassent les valeurs biologiques de référence (VBR), suggérant une sur-exposition des travailleurs par rapport à la population générale. Dans le GES des métalliseurs, les 95 ? percentiles de l’aluminium et du chrome atteignent respectivement 100,1 μg/g de créatinine (VBR : 13,3 μg/g) et 43,1 μg/g (VBR : 0,54 μg/g). Pour le cadmium, les concentrations médianes dans les GES de démontage et de distillation s’élèvent respectivement à 1,45 et 3,17 μg/g de créatinine, au-delà de la VBR de 0,8 μg/g. Des dépassements sont également observés pour le cobalt et le plomb.
Les écarts-types géométriques, majoritairement inférieurs à 3, indiquent une variabilité modérée des biomarqueurs au sein des GES. L’ICC médian augmente globalement avec la demi-vie des métaux et lorsque les concentrations sont corrigées par la créatinine, confirmant l’avantage de cette correction pour l’évaluation des expositions professionnelles.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Biomarqueurs, Métaux, Exposition, Biométrologie, ICC
Plan
Vol 87 - N° 3-4
Article 103622- juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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