La lèpre, une cause d'ostéite par contiguïté - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La lèpre demeure une cause de neuropathie périphérique chronique dans les pays endémiques. La perte de sensibilité expose les patients à des traumatismes répétés, responsables d'ulcérations chroniques et d'infections profondes. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a établi un score d'invalidité en trois grades selon la sévérité des atteintes. Les patients de grade 2 présentent un risque élevé de complications infectieuses osseuses. L'ostéite par contiguïté secondaire à une neuropathie lépreuse est souvent diagnostiquée tardivement en raison d'une présentation clinique peu bruyante, et reste peu décrite dans la littérature.
Matériels et méthodes |
Il s'agit d'une étude rétrospective monocentrique. Les patients présentant une neuropathie lépreuse compliquée d'une ostéite par contiguïté entre 2023 et 2025 étaient inclus. . Le diagnostic reposait sur des arguments cliniques et radiologiques, confirmé par biopsie au trocart de biopsie ostéomédullaire via la peau saine dans 4 cas et par amputation de phalange dans 4 cas. Après broyages, les prélèvements osseux étaient inoculés sur quatre types de milieux de gélose. Tous les micro-organismes ont été identifiés et la sensibilité aux antibiotiques a été déterminée pour chaque bactérie.
Résultats |
Sept cas chez 5 patients ont été inclus. L'âge moyen était de 73,8 ans avec une prédominance masculine 3/5 patients (60%). Trois patients (60%) avaient un score OMS de grade 2, dont deux étaient des orpailleurs avec une lèpre tuberculoïde borderline active sous traitement. Elle concernait le pied dans 5/7 cas (71,4%) dont la tête métatarsienne pour 4 et le calcanéum pour un. Les deux cas restants concernaient les doigts de la main. L'examen révélait un contact osseux dans 6/7 cas (86 %), dont un os exposé pour deux. L'inflammation biologique était inconstante (CRP médiane: 46 mg/L). Le diagnostic était confirmé par l'imagerie, principalement le scanner dans 5/7 cas (71.4%), et par la microbiologie sur biopsies osseuses via la peau saine dans 3/7 cas (43%) ou pièces d'amputation dans 4/7 cas (57%). Les infections étaient souvent poly polymicrobiennes (2,7 germes en moyenne), dominées par le Streptococcus sp (7/18 (38.9%) des isolats), les entérobactéries (6/18 (33.33%) des isolats dont la moitié appartenait au groupe 3), Staphylococcus aureus dans 3/18 (22.2%) dont un résistant à la méticilline, Enterococcus faecalis (1/18 (5.55%)) et Bacteroides fragilis (1/18 (5.55%)). La prise en charge associait chirurgie initiale dans 3/7 des cas (43%) et antibiothérapie adaptée, majoritairement orale (71,4 %). Deux patients ont reçu un traitement IV initial de 7 jours suivi d'un relais oral pour l'un et association orale–intraveineuse pour l'autre. La durée totale était de 30 jours dans 2/7 cas (28.6 %) et de 45 jours dans 5/7 cas (71,4 %). L'évolution était favorable chez 100% des patients, sans récidive, avec un suivi moyen de 7 semaines. Aucun patient n'a été perdu de vue. Aucune résistance à la rifampicine n'a été noté quand un staphylocoque était présent.
Conclusion |
L'ostéite par contiguïté sur neuropathie lépreuse est une complication sévère, souvent polymicrobienne et de diagnostic tardif. Elle touche le pied comme dans le diabète, mais également la main. Une prise en charge précoce, multidisciplinaire et prolongée permet une évolution favorable.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S106-S107 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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