Endocardite infectieuse après implantation valvulaire aortique et mitrale percutanée: incidence, déterminants et pronostic. - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
L'implantation valvulaire percutanée aortique (TAVI) et mitrale (TMVI) est devenue une stratégie thérapeutique majeure en cardiologie, dont les indications ne cessent de s'étendre. L'endocardite infectieuse (EI) constitue cependant une complication rare mais associée à une morbi-mortalité élevée, ainsi qu'à des difficultés diagnostiques liées aux limites de l'imagerie sur matériel prothétique. L'objectif de cette étude est d'évaluer l'incidence, les déterminants, le profil microbiologique et le pronostic de l'EI après TAVI et TMVI.
Matériels et méthodes |
Nous avons mené une étude observationnelle rétrospective monocentrique incluant tous les cas d'EI possible ou certaine, selon les recommandations ESC, survenus après un TAVI ou un TMVI implantés à l'hôpital Bichat entre octobre 2006 et février 2025. Les facteurs associés à la survenue de l'EI ont été analysés à l'aide de modèles de Fine et Gray, en considérant le décès comme événement compétitif. Des analyses univariée puis multivariée ont été réalisées, avec sélection pas à pas. Les analyses ont été conduites séparément pour les cohortes TAVI et TMVI.
Résultats |
Parmi 2 545 patients ayant bénéficié d'un TAVI et 237 d'un TMVI, une EI est survenue chez 72 patients après TAVI (76 épisodes, 2,8 %) et chez 11 patients après TMVI (4,6 %).
1. Après TAVI, l'incidence cumulée de l'EI était de 1,3 % à 1 an et de 3,8 % à 5 ans. Les facteurs indépendamment associés à sa survenue étaient un âge plus jeune à l'implantation du TAVI et un antécédent de fibrillation atriale, tandis que les procédures programmées en diminuaient le risque. Les bactéries du tractus digestif étaient impliquées chez 36 patients (47,3 %), dont 28,9 % d'entérocoques (22 cas) et 18,4% de streptocoques digestifs (14 cas), devant les staphylocoques (15 cas, 19,7 %) et les streptocoques oraux (10 cas, 13,2 %). La principale porte d'entrée identifiée était colique (17 cas, 22,4 %). Des embolisations à distance ont été observées chez 34 patients (44,7 %). Vingt (26,3%) patients ont bénéficié d'un relais oral de l'antibiothérapie. Seuls 2 des 27 patients présentant une indication chirurgicale ont été opérés (7,7 %). La mortalité hospitalière s'élevait à 23,7 % (18 cas).
2. Après TMVI, l'incidence cumulée de l'EI atteignait 2,7 % à 1 an et 5,1 % à 5 ans. Staphylococcus aureus était le principal germe en cause (4 cas, 36,4 %), en lien avec une infection liée aux cathéters (3 cas, 27,3 %). Trois patients (27,3 %) ont présenté une embolisation à distance. Aucun relais oral n'a été effectué et seul 1 patient (9,0 %) a été opéré. Quatre patients (36,4 %) sont décédés en intra-hospitalier.
Conclusion |
L'EI après TAVI et TMVI reste une complication rare mais au pronostic sombre. Les profils microbiologiques et les portes d'entrée diffèrent selon la procédure, soulignant l'intérêt de stratégies de prévention ciblées, incluant une antibioprophylaxie couvrant les germes digestifs, la gestion rigoureuse des cathéters et le dépistage des foyers infectieux bucco-dentaires. La prédominance des portes d'entrée coliques suggère également l'intérêt d'évaluer le statut du dépistage du cancer colorectal avant l'implantation d'un TAVI.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S2 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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