Épidémiologie de la tuberculose pédiatrique en France hexagonale : où en est-on à presque deux décennies de la suspension de l'obligation vaccinale BCG ? - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
En 2007, l'obligation vaccinale BCG était remplacée par une recommandation ciblant les enfants considérés à risque élevé de tuberculose (TB), incluant tous ceux résidant en Île de France (IDF) et en Guyane. Le ministère de la Santé prévenait que tout impact négatif sur l'incidence de la maladie pouvait conduire à reconsidérer cette décision. Nous décrivons les tendances de la TB pédiatrique depuis le changement de politique vaccinale que nous comparons à celles pendant la période d'obligation vaccinale.
Matériels et méthodes |
Nous présentons, à partir des données de la déclaration obligatoire (DO), les tendances de la TB pédiatrique en France hexagonale, estimées par le taux annuel de déclaration (nombre de cas/100 000 habitants). Nous comparons les taux de déclaration et le nombre de cas graves (méningés ou miliaires) entre les périodes antérieure (2001-2007, données antérieures non disponibles) et postérieure (2008-2024) au changement de politique vaccinale. La différence entre proportions a été testée sur Stata (seuil de significativité à 0,05). Un focus est fait sur l'IDF en raison de la recommandation particulière et de la forte prévalence dans cette région et parce qu'elle est la seule région de l'Hexagone à disposer de données fiables de couverture vaccinale (CV). Cette dernière a été estimée à partir de certificats de santé du 24 ème mois.
Résultats |
Le taux de déclaration pédiatrique annuel moyen en France hexagonale était de 2,3/100 000 sur la période 2001-2007 et de 2,0/100 000 sur 2008-2024, soit une baisse de 14% (p=0,10). En IDF, ces taux passaient globalement de 5,4 à 3,4/100 000 (-37%, p<0,01), de 2,4 à 1,2/100 000 (-50%, p<0,01) pour les formes pulmonaires et de 3,0 à 2,2/100 000 (-26%, p=0,10) pour les formes extra-pulmonaires. Cette baisse n'était pas retrouvée en France hexagonale hors IDF où les taux de déclaration, moins élevés qu'en IDF (en moyenne de 1,5 et 1,6/100 000 pour chaque période), restaient stables globalement et pour chaque forme clinique. Dans l'Hexagone, le nombre annuel moyen de TB graves pédiatriques était de 5,3 cas (min 2; max 9) pour la période 2001-2007 et de 8,7 cas (min 3; max 18) pour la période 2008-2024, soit en moyenne 3,4 cas supplémentaires/an après 2007. Environ un tiers (n=28/93, 30 %) des cas graves survenus après 2007 ont été considérés comme évitables par la vaccination BCG car survenus chez des enfants non vaccinés ciblés par la stratégie actuelle. La CV BCG à 24 mois en IDF était globalement élevée chez les enfants nés entre 2007 et 2015 (moyenne: 83,3%) puis chutait à partir de la cohorte 2016 (moyenne: 50,1%).
Conclusion |
Ces résultats montrent une baisse de l'incidence de la TB pédiatrique, particulièrement en IDF dans un contexte de faible CV. Cette baisse s'explique principalement par la baisse de l'incidence de la TB chez l'adulte conduisant à la baisse des contaminations de l'enfant, alors que l'exhaustivité de la DO est restée stable. L'augmentation des formes graves est en deçà des projections d'environ 5 cas graves additionnels par an faites en 2007. La suspension de l'obligation vaccinale BCG ne semble pas avoir eu un impact marqué sur l'épidémiologie de la TB de l'enfant.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S22-S23 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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