Bactériémies à Mycobacterium tuberculosis : chez qui faire des hémocultures ? - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Les bactériémies à Mycobacterium tuberculosis (MTb) sont rarement documentées et les indications de réalisation de ces hémocultures spécifiques sont mal définies. Mieux identifier quand réaliser cet examen dans un pays à ressources élevées permettrait d'améliorer le diagnostic de la tuberculose (TB), en particulier non bacillifère.
Matériels et méthodes |
Nous avons réalisé une étude multicentrique rétrospective à partir de données de l'entrepôt de données de santé de l'APHP ainsi que du codage CIM-10 pour trois autres centres. Nous avons inclus les patients adultes (≥18 ans) hospitalisés ayant eu au moins une hémoculture mycobactérie prélevée et un diagnostic microbiologique de TB confirmé entre le 1 er janvier 2017 et le 31 décembre 2023. Les variables d'intérêt ont été étudiées et utilisées pour l'analyse statistique de comparaison des cas (hémocultures positives) et des témoins (hémocultures négatives) avec le logiciel R studio.
Résultats |
Nous avons identifié 186 patients hospitalisés avec à la fois un diagnostic confirmé de TB et un résultat d'hémoculture. L'âge médian était de 39 ans. 92% des patients étaient nés à l'étranger, les hommes représentaient 76% des patients. Parmi ces 186 patients, 61 avaient une hémoculture positive (33%) en culture pour MTb . En analyse multivariée, les facteurs de risque associés à une bactériémie à MTb étaient l'infection VIH (p=0.168; OR=6), une atteinte splénique (p=0.0379; OR=5,12) et une miliaire pulmonaire (0.0415; OR=4), respectivement. L'immunodépression hors VIH (avec ou sans immunosuppresseurs) et les formes disséminées (au moins 2 localisations non contiguës) n'étaient pas associées de façon significative à une bactériémie à MTb, p=0.413 et p=0.329 respectivement. Le nombre de décès n'était pas significativement supérieur dans le groupe avec hémocultures positives (p=0.508). Aucune hémoculture positive n'était retrouvé chez les patients immunocompétents avec des lésions pulmonaires excavées isolées.
Conclusion |
A notre connaissance, il s'agit de la plus grande série de bactériémies à MTb dans un pays à fortes ressources même si celles ci restent rares. On retrouve ici l'association classique avec une infection VIH et une miliaire pulmonaire mais aussi une atteinte splénique alors que l'immunodépression et le caractère disséminé de la tuberculose n'apparaissent pas comme facteurs de risque dans notre étude. Cibler ces populations à risque pour les indications d'hémocultures mycobactéries pourrait améliorer le rendement diagnostique et réduire les tests inutiles. La réalisation d'hémocultures mycobactéries semble inutile pour les patients avec suspicion de TB et lésions pulmonaires excavées.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S24 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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