Le relai IV – PO dans les prescriptions hospitalières: étude de cas du métrronidazole - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
La France, en 2022, est le 4 ème pays européen consommateur d'antibiotiques derrière la Grèce, la Roumanie et la Bulgarie. Pour améliorer le bon usage des anti-infectieux, des recommandations des sociétés savantes et de la Haute Autorité de Santé ont été émises sur le relais de la voie intraveineuse (IV) vers la voie orale (VO). Ce relais présente des avantages sur le plan économique et environnemental. Pourtant, de nombreux patients hospitalisés continuent de recevoir des antibiotiques par voie IV, bien que plusieurs molécules présentent une excellente biodisponibilité orale. Les objectifs de ce travail étaient de déterminer le nombre de jours de traitement IV éligibles à une conversion IV-PO, de calculer les surcoûts économiques et environnementaux générés par la voie IV.
Matériels et méthodes |
Une étude monocentrique et rétrospective sur trois mois a été réalisée. Toutes les initiations de prescription de métronidazole par voie IV durant la période de l'étude ont été extraites.
Les informations suivantes ont été relevées pour chaque dossier:
• la présence de traitements concomitants par VO;
• l'existence d'une contre-indication à la VO;
• le moment potentiel de relais per os ,
Le calcul des consommations, du surcoût économique et environnemental a été réalisé selon deux hypothèses: la présence ou non d'un délai de 48 heures avant relais. Le calcul économique incluait le prix des médicaments ainsi que le matériel associé à la perfusion. Pour l'évaluation de l'impact environnemental, la base de données Ecovamed ® a été utilisée.
Résultats |
Au total, 189 dossiers ont été extraits. Après exclusion des doublons, des dossiers pédiatriques et de ceux ne comportant pas d'administration de médicaments, 133 dossiers répondaient aux critères d'inclusion. Parmi eux, 72 % (n = 96) présentaient des conditions permettant un relais per os , sans qu'aucune contre-indication ne soit identifiée dans le dossier médical. Le nombre total de prises inappropriées représentaient respectivement 482 prises (280 jours de traitement) et 494€ d'économies potentielles ou 278 prises (93 jours de traitement) et 279€ d'économies potentielles. Pour l'impact environnemental, le relais par forme orale aurait permis de diminuer la consommation de 299 kgCO2 ou 172kgCO2 selon les deux scénarios.
Conclusion |
L'étude présente plusieurs points forts: l'utilisation de données réelles, l'intégration d'une approche d'analyse environnementale. Les différents résultats soulignent un potentiel significatif d'optimisation des pratiques de prescription et notamment l'écoprescription. En intégrant l'analyse du cycle de vie (ACV) du médicament dans les pratiques pharmaceutiques, les établissements peuvent identifier des leviers simples mais puissants de réduction de leur empreinte carbone.
En revanche, il existe différentes limites: le surcoût économique calculé ne tient compte que des coûts directs – il conviendrait d'y ajouter les coûts indirects souvent négligés – le caractère monocentrique et rétrospectif de l'étude.
Au-delà du bénéfice clinique attendu, le relais oral s'accompagne d'un impact économique et environnemental favorable, avec une réduction des coûts liés aux dispositifs, au temps infirmier, au traitement des déchets et à la consommation de ressources matérielles.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S46-S47 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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