Mission (Im)possible: Zéro Céfixime - 22/05/26
Résumé |
Introduction |
Le céfixime n'est plus recommandé en première intention dans les infections urinaires et respiratoires depuis de nombreuses années. Malgré cela, les médecins avec une bonne expérience clinique avec cet antibiotique, continuent de le prescrire régulièrement. Au-delà, de la non-conformité vis-à-vis des recommandations, le céfixime est identifié comme un antibiotique générateur de résistance bactérienne. Suite à une augmentation de sa consommation en 2022 dans l'établissement, des mesures ont été mises en place pour limiter son utilisation, voire le proscrire. Cette étude relate l'expérience et la stratégie d'un établissement de santé (ES) de 585 lits et places de Médecine/Chirurgie (MC, 149) et d'établissements d'Hébergement pour Personnes Agées Dépendantes (EHPAD, 131).
Matériels et méthodes |
Journées d'hospitalisation et consommations de céfixime de 2022, 2023, 2024 et 2025 fournies respectivement par le Département d'Informations Médicales et par la pharmacie. Analyse sur Excel®. Les actions mises en place au cours des quatre années: 1/Informations et transmissions des recommandations: mémo Antibio, formation des internes, intervention en Commission Médicale d'Etablissement, 2/Transmission des données aux services - comparaison avec d'autres ES avec Consores®, 3/Suppression de dotations dans les services, 4/Contrôle de la dispensation: Analyse pharmaceutique de toutes les prescriptions et dispensation soumise à validation pharmaceutique, 5/Echanges avec les prescripteurs à chaque prescription.
Résultats |
Entre 2022 et 2025, la consommation de céfixime dans l'établissement a baissé de 85.5 % passant de 5.6 à 0.81 DDJ/1000JH. La baisse est plus significative dans les secteurs MC qui passent de 10.90 à 0.65 DDJ/1000JH (-94%). Le service de cardiologie, qui était le plus consommateur passe de 24 à 0.15 DDJ/1000JH (-99.4%) avec des paliers successifs à 8.85 et 1.66 DDJ/1000JH démontrant l'impact des actions. Le service de chirurgie passe de 7.97 à 0.51 DDJ (-93.6%). Les consommations du service de Soins Médicaux et de Réadaptation (SMR) fluctuent passant respectivement de 2022 à 2025 de 0.5, 5.37, à 0 DDJ/1000JH les deux dernières années. Le secteur EHPAD est le secteur qui évolue le moins avec des consommations respectives de 2.3, 1.9, 0.3, 0.7 et 1.1 DDJ/1000JH.
Conclusion |
Ces résultats sont encourageants et montrent qu'un ES de taille moyenne peut se passer du céfixime. En Soins Médicaux et de Réadaptation, les prescriptions restent largement dépendantes de celles initiées avant l'admission. En EHPAD, elles relèvent principalement de médecins généralistes et d'urologues exerçant en libéral, plus difficiles à mobiliser du fait de leur indépendance vis-à-vis de l'établissement. Des mesures coercitives peuvent parfois s'avérer nécessaires afin de rompre le « réflexe » de prescription. Les prochaines étapes consisteront à supprimer le céfixime du livret thérapeutique et à renforcer l'information auprès des médecins généralistes et des urologues, avec pour objectif d'atteindre 0 DDJ/1000 JH à l'horizon 2026. Ce projet va être proposé aux autres ES du Groupement Hospitalier de Territoire et aux communautés professionnelles territoriales de santé dans le cadre des travaux de l'Equipe Multidisciplinaire en Antibiothérapie (EMA) pour un département "Céfixime Free".
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Vol 5 - N° 2S
P. S47 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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