Localisation mammaire exceptionnelle au cours d’une sarcoïdose systémique : observation d’un cas mimant un carcinome mammaire - 04/06/26
, L. Ines 1, I. Mazhoud 2, S. Mabrouk 3, W. Ghribi 4, H. Belhadjali 1, M. Youssef 1, S. Joober 4, J. Zili 1Résumé |
Introduction |
La sarcoïdose est une granulomatose systémique d’étiologie inconnue. L’atteinte pulmonaire est la plus fréquente, retrouvée dans plus de 90 % des cas, tandis quelles localisations cutanées surviennent dans 20 à 35 % des cas. L’atteinte mammaire demeure exceptionnelle, représentant moins de 1 % des localisations extrathoraciques décrites dans la littérature. Nous rapportons l’observation d’une sarcoïdose systémique révélée par des lésions cutanées, compliquée secondairement d’une localisation mammaire mimant un carcinome mammaire.
Observation |
Une patiente âgée de 62 ans consultait initialement pour des nodules infiltrés du visage et des avant-bras, indolores, sans photosensibilité. La dermoscopie montrait un aspect jaune-orangé translucide évocateur d’un infiltrat granulomateux. La biopsie cutanée confirmait une sarcoïdose cutanée par la présence de granulomes épithélioïdes non caséeux. Le bilan de systématisation révélait à la tomodensitométrie thoracique une sarcoïdose pulmonaire stade II, associant adénopathies médiastinales et opacités en verre dépoli. L’échographie mammaire initiale objectivait un nodule unique du sein droit classé ACR 2. L’examen ophtalmologique était normal. Un traitement par hydroxychloroquine (400 mg/jour) associé à des dermocorticoïdes fut instauré, avec une évolution favorable : atténuation des lésions cutanées et stabilisation des nodules pulmonaires. Un an plus tard, le contrôle radiologique du nodule mammaire objectivait une majoration en taille de la masse du QSED (de 14 mm à 20 mm), nécessitant un contrôle histologique, seins classés ACR4 à droite. La biopsie mammaire révélait une inflammation granulomateuse sans nécrose caséeuse, compatible avec une localisation mammaire de la sarcoïdose.
Discussion |
La localisation mammaire de la sarcoïdose est rare, avec une incidence estimée à moins de 1 % des cas de sarcoïdose systémique. Elle peut être inaugurale ou apparaître au cours de l’évolution. Cliniquement et radiologiquement, elle mime fréquemment un carcinome mammaire, se présentant comme un nodule palpable irrégulier classé BIRADS 4ou 5. La rareté de cette localisation pourrait être liée à la faible densité du tissu lymphoïde mammaire et à des mécanismes immunologiques locaux encore mal élucidés. L’imagerie seule ne permet pas de différencier formellement sarcoïdose et cancer, rendant la biopsie indispensable. Sur le plan thérapeutique, la prise en charge dépend de la symptomatologie et de l’atteinte systémique. Les antipaludéens de synthèse, notamment l’hydroxychloroquine, constituent une option efficace dans les formes cutanées et certaines localisations extrapulmonaires. Les corticoïdes systémiques restent le traitement de référence en cas d’atteinte sévère ou évolutive, tandis que les immunosuppresseurs peuvent être discutés dans les formes réfractaires.
Conclusion |
Cette observation illustre le polymorphisme clinique de la sarcoïdose et souligne la rareté de la localisation mammaire, susceptible de simuler une pathologie maligne.
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Vol 47 - N° S1
P. A191 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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