IRM cardiaque de stress chez les patients atteints de maladies systémiques : ischémie myocardique et implication pronostique du rehaussement tardif au gadolinium - 04/06/26
, T. Goncalves 2, G. Philippe 3, S. Toupin 2, S. Francesca 4, T. Hovasse 4, S. Duhamel 4, S. Champagne 4, T. Unterseeh 4, M. Akodad 4, A. Neylon 4, S. Houssany 5, P. Henry 2, V. Bousson 6, R. Mirailles 2, C. Comarmond 4, D. Sène 7, J. Garot 4, T. Pezel 2Résumé |
Introduction |
L’imagerie par résonance magnétique cardiaque (IRMc) de stress est un examen permettant de détecter une ischémie myocardique inductible après un stress pharmacologique. Elle constitue un outil robuste de stratification du risque cardiovasculaire lié à la maladie coronaire. Les pathologies systémiques sont associées à un surrisque d’événements cardiovasculaires en lien avec l’inflammation chronique. Toutefois, la prévalence de l’ischémie myocardique et la valeur pronostique de l’IRMc de stress pour la mortalité restent insuffisamment documentés.
Patients et méthodes |
Entre 2008 et 2023, l’ensemble des patients adressés en IRMc de stress ont été inclus prospectivement dans 3 centres français (CHU Lariboisière, ICPS Massy et Hôpital de Quincy). L’évènement étudié était la mortalité toute cause. Les patients suivis pour pathologies systémiques ont été appariés en 1:1 à des contrôles par score de propension. L’association entre les paramètres d’IRMc de stress et la mortalité a été évaluée à l’aide d’un modèle de Cox multivarié.
Résultats |
Au total 238 patients atteints de pathologies systémiques ont été inclus. Parmi eux, 104 présentaient une vascularite (vascularite à ANCA, artérites de Takayasu, artérite à cellule géante, maladie de Behçet, de Kawasaki, périartérite noueuse ou cryoglobulinémie). 50 patients étaient atteints de sclérodermie systémique (SSc), 15 étaient suivis pour lupus et 68 pour sarcoïdose. L’âge médian à l’inclusion chez ces patients était de 65 [56–72] ans et 63 % étaient des hommes. La prévalence de l’ischémie myocardique était plus élevée chez les patients atteints de pathologie systémique (19 %, p = 0,011) tandis que les taux de revascularisation coronaire étaient similaires à ceux des témoins appariés ( p = 0,9). La prévalence du réhaussement tardif au gadolinium (LGE) ne différait pas entre les patients avec et sans pathologie systémique (23 % vs. 25 %, p = 0,6). Après un suivi médian de 8 [3–13] ans, 67 (28 %) patients sont décédés. Après ajustement multivarié, la présence de LGE était associée de manière indépendante à la mortalité toutes causes chez les patients atteints de pathologie systémique (1,79 [1,03–3,10], p = 0,037). Les patients atteints de SSc présentant un LGE avaient le taux de mortalité annualisé le plus élevé (7,1 %), suivis des vascularites à ANCA et lupus (6,8 %), maladies de Behçet (5,3 %), vascularites des gros vaisseaux (4,5 %) et enfin des patients atteints de sarcoïdose (3,4 %) ( Fig. 1 ).
Conclusion |
Dans cette large étude multicentrique de patients atteints de pathologies systémiques, l’IRMc de stress met en évidence une charge ischémique plus importante comparativement aux contrôles appariés. La présence de LGE, marqueur de fibrose myocardique, apparaît comme un facteur pronostique indépendant de mortalité. Malgré une prévalence accrue d’ischémie inductible, l’absence de coronaropathie significative suggère des mécanismes non obstructifs d’ischémie dans cette population.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 47 - N° S1
P. A90-A91 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
