Une consultation avancée de médecine interne est-elle utile ? - 04/06/26

Résumé |
Introduction |
Les grands départements de médecine interne sont en recul, voire disparaissent dans un certain nombre de hôpitaux généraux dits hôpitaux pivots, desservant des populations de plusieurs centaines de milliers d’habitants. Ils sont remplacés dans le meilleur des cas par des services de médecine polyvalente, qui à coûts et salaires égaux, dévient le flux des médecins généralistes de la ville vers l’hôpital. La médecine de ville, comme la médecine hospitalière, sont en crise. L’ampleur de la crise varie selon les régions, dans une région, selon les villes et la géographie locale. Nous avons mis en place pour répondre à cette crise dans notre région, une consultation avancée de médecine interne dans un hôpital pivot situé dans un département différent du CHU, au terme d’une procédure administrative de 9 mois.
Matériels et méthodes |
Tous les patients de la consultation avancée ont été inclus dans une cohorte prospective de novembre 2024 à janvier 2026, et un questionnaire portant sur des données socio-démographiques, les motifs de consultation, les diagnostics posés, les thérapeutiques prescrites, les voies d’adressage, et le service rendu était rempli ou complété à chaque consultation.
Résultats |
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Les diagnostics :
565 consultations ont été tenues sur 14 mois, par le même médecin qui a pu suivre 294 patients différents, 208 femmes (âge moyen : 53,61 ± 18,2 ans) et 86 hommes (56,3 ± 18,0 ans). Le patient, et non pas la consultation, fait l’objet des statistiques présentées.
18 % des patients étaient immuno-déprimés, 26,2 étaient en ALD. Les pathologies étaient somatiques dans 75 % des cas, psycho-somatiques dans 22 %, mixtes dans 3 %.
6 % des hommes étaient agriculteurs dans ce département mi-rural, mi-urbain.
Les vascularites représentait 11 % des diagnostics (Horton, PPR, aortites, vascularites à ANCA, purpura), les maladies auto-immunes 9 % (lupus, SAPL, sclérodermie, Gougerot, hépatites auto-immunes, myosites, + les DICV), les maladies inflammatoires 8,5 % (maladie périodique, TRAPS, polychondrite atrophiante, VEXAS, sarcoïdose, Behcet et fasciite), les pathologies inflammatoires de l’oeil 11 %, les pneumopathies interstitielles 3 %, les grossesses pathologiques 3 %, le reste se répartissant entre diagnostics difficiles, amaigrissements, fièvre, maladies génétiques, thrombophiliques, et psychosomatiques avec bilans préalables lourds... qu’il fallait arrêter dans 16 % des cas selon l’avis de l’interniste.
19 % des diagnostics étaient encore incertains à la fin de la première consultation, nécessitant un suivi et un complément de bilan.
Les voies d’adressage :
58 % des patients étaient adressés par les spécialistes hospitaliers, 3 % par les spécialistes libéraux, et 39 % par les généralistes de ville, dans 75 % des cas pour un avis diagnostique et/ou thérapeutique, dans 26 % des cas pour un suivi au long cours.
Au terme d’une année :
Les diagnostics ont été redressés dans 45 % des cas, et établis dans 5 %, équivalents à 50 % de nouveaux diagnostics, confirmés dans 36 %, et encore incertains dans 14 %. Les traitements ont été redressés dans 48 %, établis dans 8 %, confirmés dans 30 %, encore incertains dans 13 % des cas.
Pour la Sécurité Sociale (hors mutuelles) :
L’économie en frais de transport peut être estimée entre 21 000 et 63 000 euros pour les 565 consultations, en fonction du mode de transport (VSL ou voiture particulière), voire plus si on prends en compte les patients ALD (26 % dans notre cohorte).
Conclusion |
La spécialité de médecine interne est indispensable pour les patients, pour les spécialistes hospitaliers, pour les généralistes de ville. Les gestionnaires des hôpitaux doivent en être conscients. À coût salarial égal, un praticien de médecine interne n’est pas remplaçable par un médecin n’ayant pas sa formation. Les consultations avancées devraient être reconnues pour le plus grand bénéfice de tout un chacun, État, administration, et Sécurité Sociale compris, et facilitées.
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Vol 47 - N° S1
P. A99-A100 - juin 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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