Principes et pratiques dans la rééducation locomotrice des personnes souffrant de paralysie cérébrale - 01/07/26
: Kinésithérapeute cadre, M.-F. Rietz b, c : KinésithérapeuteRésumé |
La paralysie cérébrale est la principale cause de handicap moteur chez l'enfant, due à des lésions cérébrales survenant avant l'âge de 2 ans. Elle se manifeste par des troubles permanents du mouvement et de la posture, souvent accompagnés de déficiences non motrices, ce qui complexifie le diagnostic et la prise en charge. Malgré les progrès de la génétique et de l'imagerie, l'origine de nombreux cas reste inconnue et la définition même de la paralysie cérébrale fait débat. La classification topographique simplifie la réalité clinique et doit être utilisée avec prudence, tandis que les classifications fonctionnelles (Gross Motor Function Classification System [GMFCS], Manual Ability Classification System [MACS]) structurent l'évaluation motrice mais nécessitent une adaptation individuelle pour chaque enfant. Les recommandations de la Haute autorité de santé (HAS) de 2021 sur la rééducation motrice reposent sur l'évaluation des troubles moteurs, les méthodes d'intervention et une organisation du suivi impliquant le patient et sa famille. L'évaluation motrice utilise des outils comme le GMFCS, la Gross Motor Function Measure (GMFM), le test de marche des 6 minutes et l'analyse quantifiée de la marche. L'analyse clinique approfondie personnalisée reste essentielle pour identifier les déficiences et adapter le traitement. L'activité locomotrice est évaluée selon la motricité automatique, la commande musculaire et les niveaux d'évolution motrice, afin de déterminer le pronostic et les besoins de compensation. La prévention orthopédique est centrale, en particulier au niveau de la hanche, à risque de luxation et déformation, ainsi que du rachis. Les postures asymétriques et l'analyse radiologique orientent l'évaluation clinique et l'adaptation des appareillages. La prise en charge de la paralysie cérébrale implique désormais une collaboration étroite avec les familles, qui deviennent partenaires du processus. La rééducation locomotrice repose sur quatre piliers : amélioration des capacités fonctionnelles, objectifs spécifiques, motivation, et intensité adaptée. L'apprentissage moteur privilégie les interventions intensives et personnalisées, en s'appuyant sur la plasticité cérébrale et des méthodes innovantes impliquant les familles pour optimiser la fonction motrice et favoriser l'autonomie des enfants.
Mots-clés : Infirmité motrice cérébrale, Paralysie cérébrale ( cerebral palsy ) , Muscles, Évaluation clinique factorielle, Motricité innée, Prévention orthopédique, Hanches, Scoliose, Rééducation intensive
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