Quelle éthique face à la pulsion de mort en soins palliatifs ? - 10/07/26
What ethics facing the death instinct in palliative care?
Résumé |
En psychanalyse, un sujet humain peut se définir comme un être qui se trouve dans une sorte d’équilibre psychique Pulsion de vie et Pulsion de mort . Cet équilibre le place dans une dynamique désirante ouverte vers l’avenir. En maladie grave et fin de vie, les sujets se trouvent dans une zone à haut risque de déséquilibre pulsionnel. Mon hypothèse est de dire que l’annonce de mort anticipée est susceptible de créer un traumatisme au sein de l’appareil psychique. Ce choc produit une déliaison pulsionnelle telle que l’équilibre pulsionnel vole en éclats. La pulsion de mort passe alors au premier plan. Cette pulsion de mort va alors se mettre à fonctionner comme en roue libre, ce qui va engendrer différents destins subjectifs qu’il sera cliniquement intéressant de repérer. Cette réflexion invite le soin palliatif, non pas à renverser le raisonnement habituel des prises en charge (la vie doit « continuer de désirer la vie » en première intention), mais à mettre du jeu , notamment au moment du déclin psychique qui annonce la fin car il est, parfois, irréversible. Est-il possible de penser l’effondrement terminal d’un sujet , le repérer, en tenir compte ? Le concept de Pulsion de mort permet de « ne pas voir uniquement que la vie » (et ainsi d’éviter la voie d’acharnement relationnel palliatif) et, le cas échéant, d’accompagner le travail de la pulsion de mort comme mouvement naturel du mourir.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
In psychoanalysis, a human subject can be defined as a being who is in a kind of psychic equilibrium: Life Drive and Death Drive. This balance places him in a desirable dynamic open to the future. In serious and end-of-life illness, subjects are in a high risk area for drive imbalance. My hypothesis is to say that the announcement of anticipated death is likely to create a trauma within the psychic apparatus. This shock produces an instinctual disconnection such that the equilibrium of the drive shatters. The death impulse then comes to the fore. This death drive will then start to function as a freewheeling, which will generate different subjective destinies that it will be clinically interesting to identify. This reflection invites palliative care, not to overturn the usual reasoning of care (life must “continue to desire life” as a first line), but to play a part, especially at the moment of psychic decline which announces the end because it is, sometimes, irreversible. Is it possible to think of the final collapse of a subject, spot it, take it into account? The concept of the Death Drive allows one to “not only see life” (and thus avoid the path of relational palliative harassment) and, if necessary, to accompany the work of the death drive as a natural movement of dying.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Pulsion de vie, Pulsion de mort, Déliaison pulsionnelle, Déclin terminal, Psychanalyse, Éthique
Keywords : Life drive, Death drive, Drive disconnection, Terminal decline, Psychoanalysis, Ethics
Plan
Vol 25 - N° 4
P. 252-259 - juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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