Envenimation par morsure de serpent : tendance évolutive et déterminants de la létalité - zone sanitaire de Bassila (Bénin) de 2020 à 2024 - 16/07/26
Résumé |
Introduction |
Les envenimations et les décès dus aux morsures de serpent constituent un problème de santé publique particulièrement important dans les zones tropicales rurales comme la zone sanitaire de Bassila située dans le département de la Donga au nord-ouest du Bénin. L’objectif général de ce travail était d’étudier l’incidence, la tendance évolutive des envenimations ophidiennes et les décès en lien dans la zone sanitaire de Bassila de 2020 à 2024.
Méthodes |
Il s’agissait d’une étude mixte (quantitative et qualitative) rétrospective à visée analytique qui s’est déroulée dans la commune de Bassila au Bénin. Toutes les victimes d’envenimation ophidienne admises à l’hôpital de zone de Bassila de 2020 à 2024 avaient été considérées. Pour le volet qualitatif, les proches des victimes, les agents de santé, les tradi-thérapeutes et les leaders communautaires ont été enquêtés.
Résultats |
Au total 548 cas d’envenimation ophidienne ont été inclus. L’âge moyen des victimes était de 27,04±1,91 ans. Des victims, 37,4 %, étaient âgées de moins de 18 ans et 40,3 % ont subi une envenimation ophidienne de grade supérieur ou égal à 2. Quant à la tendance évolutive, le nombre de cas d’envenimation ophidienne admis à l’hôpital a connu une augmentation passant de 86 cas en 2020 à 151 cas en 2024 (p=0,021) avec un pic en 2023 pour une incidence cumulée de 26 cas/100 000. La létalité due à l’envenimation était de 8,03 % soit 44 décès sur 548 cas. Les facteurs de risque de décès par envenimation ophidienne étaient le siège de la morsure (membre supérieur), ORa=2,44 (IC95% 1,22–5,00), p=0,012 ; la résidence rurale ORa=2,63 (IC95% 1,10–6,29), p=0,030 et l’envenimation de grade 3 ORa=3,57 (IC95% 1,45-8,82), p=0,006. Les patients présentant des troubles hémorragiques ORa=2,13 (IC95% 1,10-4,12), p=0,024) ou cardiaques 4,77 (IC95% 1,41-16,49), p=0,012) étaient plus susceptibles de décéder malgré les soins reçus à l’hôpital. L’analyse des entretiens avec les victimes et leurs proches a révélé que l’envenimation a une dimension culturelle et que les personnes mordues par des serpents recherchaient en premier lieu les soins chez un guérisseur traditionnel proche de leur habitation et n’avait pas accès au sérum antivenimeux pour raison financière.
Conclusion |
La charge des morsures et décès par envenimation ophidienne est élevée dans la commune de Bassila avec une tendance à la hausse entre 2020 et 2024. Le recours aux soins en première intention reste traditionnel pour indisponibilité, inaccessibilité financière du sérum antivenimeux et l’éloignement géographique. Il est dès lors important de renforcer des campagnes de sensibilisation à l’endroit des populations les plus vulnérables mais aussi de renforcer la capacité du personnel soignant et de leurs équipements, d’assurer la disponibilité du sérum et autres intrants en vue d’une bonne prise en charge des envenimations ophidiennes y compris chez les enfants.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Envenimation, Serpent, Décès, Soins, Bénin
Vol 74 - N° S3
Article 203658- juillet 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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