Actualité des rhumatismes liés à l’immunothérapie - 29/07/26
What's new in immune checkpoint inhibitor related arthritis
Résumé |
Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (ICI) ont transformé la prise en charge des cancers, avec une utilisation en forte augmentation. Toutefois, ils entraînent fréquemment des effets indésirables immunomédiés (IRAE), dont les manifestations rhumatologiques sont courantes : 7 à 10 % des patients développent une arthrite et jusqu’à 43 % des arthralgies. Ces atteintes sont généralement séronégatives et de présentation variée.
Plusieurs facteurs de risque sont identifiés, notamment les anti-PD1, les associations d’ICI, les antécédents auto-immuns et certains cancers. De récentes études suggèrent que l’arthrose apparaît aussi comme un facteur de risque indépendant d’arthrite immunomédiée, et une radiographie d’arthrose ne doit pas écarter la suspicion diagnostique d’arthrite immunomédiée.
Par ailleurs, l’inflammation articulaire est parfois subclinique, avec un très fort taux d’anomalies inflammatoires faites sur des IRM de patients ayant des arthralgies sans arthrite. Concernant l’évolution de ces atteintes : contrairement à d’autres IRAE, les atteintes articulaires évoluent majoritairement vers une chronicité (85 % des cas), justifiant un suivi spécialisé.
L’arrêt des ICI est rarement nécessaire. Le traitement repose d’abord sur les corticoïdes à faible dose ou les infiltrations, puis sur des traitements de fond (méthotrexate, anti-IL6, anti-TNF) en cas de résistance, avec une attention particulière aux interactions et à l’impact oncologique. Enfin, en cas de reprise des ICI, le risque de rechute articulaire est élevé et précoce, nécessitant une prise en charge coordonnée entre rhumatologue et oncologue.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Immune checkpoint inhibitors (ICIs) have transformed cancer management, with rapidly increasing use. However, they frequently cause immune-related adverse events (irAEs), including common rheumatologic manifestations: 7–10% of patients develop arthritis and up to 43% experience arthralgia. These conditions are typically seronegative and clinically heterogeneous.
Several risk factors have been identified, including anti-PD-1 therapies, combination ICI regimens, a history of autoimmune disease, and certain cancer types. Recent studies suggest that osteoarthritis is also an independent risk factor for immune-mediated arthritis, and radiographic evidence of osteoarthritis should not exclude this diagnosis. Moreover, joint inflammation may be subclinical, with a high prevalence of inflammatory abnormalities detected on MRI in patients with arthralgia but no overt arthritis.
Regarding disease course, unlike other irAEs, joint involvement is predominantly chronic (85% of cases), highlighting the need for specialized follow-up. Discontinuation of ICIs is rarely required. Treatment initially relies on low-dose corticosteroids or local injections, followed by disease-modifying therapies (methotrexate, anti-IL-6, anti-TNF) in resistant cases, with careful consideration of drug interactions and oncologic outcomes.
Finally, upon ICI rechallenge, the risk of early and frequent arthritis relapse is high, requiring close coordination between rheumatologists and oncologists.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Arthrite, IRAE, Inhibiteur de check point
Keywords : Arthritis, IRAE, Immune checkpoint inhibitor
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