Diarrhées associées aux pathotypes intestinaux de Escherichia coli : physiopathologie, diagnostic et prise en charge - 07/09/26
, P. Bidet, A. Birgy, S. BonacorsiRésumé |
Escherichia coli est la première espèce pathogène chez l'homme, responsable d'infection intestinale grâce à l'acquisition d'un large panel de facteurs de virulence. Parmi les cinq pathotypes intestinaux principaux, les E. coli entéropathogènes (EPEC), entéroagrégatifs (EAEC) et entérotoxinogènes (ETEC) sont à l'origine de diarrhées habituellement bénignes, tandis que les E. coli entéro-invasifs (EIEC) et producteurs de Shiga toxine (STEC) peuvent être responsables d'une symptomatologie sévère. Les STEC revêtent une importance particulière, liée au risque de syndrome hémolytique et urémique (SHU). Cette complication, première cause d'insuffisance rénale aiguë en pédiatrie, peut survenir chez 10 % des jeunes enfants, avec une mortalité estimée entre 1 et 5 %. Le diagnostic de ces pathotypes a été révolutionné par les techniques d'amplification d'acides nucléiques, et notamment grâce à la diffusion des kits de polymerase chain reaction (PCR) multiplexes. À l'exception des EIEC et des STEC, la détection de ces pathotypes a un impact modeste sur la prise en charge des patients, dont la diarrhée sera généralement spontanément résolutive. La recherche par culture de ces pathotypes n'est pas réalisée en pratique, sauf pour les STEC. L'isolement des souches et leur caractérisation, réalisés par le Centre national de référence (CNR), sont indispensables à la surveillance épidémiologique, en particulier en cas de SHU, pour identifier des clusters et d'éventuelles sources de contamination. L'urgence diagnostique et thérapeutique du SHU requiert une surveillance clinique étroite, dans les 15 jours suivant le diagnostic d'une infection digestive à STEC. La prise en charge des diarrhées liées à ces pathogènes repose principalement sur un traitement symptomatique pour prévenir la déshydratation. Une antibiothérapie, pour les cas les plus sévères et selon le pathotype retrouvé, peut être administrée. Elle est, cependant, habituellement à proscrire en cas d'infection à STEC, certaines classes d'antibiotiques pouvant induire un SHU. Les mesures de prévention reposent principalement sur les règles d'hygiène standard et d'hygiène alimentaire. En particulier vis-à-vis des STEC, la viande bovine hachée insuffisamment cuite et les produits au lait cru ne doivent pas être consommés par les enfants de moins de 5 ans et les sujets âgés ou immunodéprimés.
Mots-clés : Escherichia coli , Diarrhée, Pathotypes intestinaux, Shiga toxine, Syndrome hémolytique et urémique
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