Une lecture sociologique du chemsex. Expériences, contextes, controverses et frontières - 18/09/26
A sociological perspective on chemsex. Experiences, contexts, controversies and frontiers
, Jorge Flores-Aranda b, d, Isaora Rivierez e, Marion Serot aRésumé |
Le chemsex est l’objet d’une attention publique importante depuis quelques années. Ce phénomène est le plus souvent abordé sous le prisme du risque via des approches de santé publique et cliniques qui permettent d’envisager ses modalités de prise en charge en cas d’addiction ou de consommation à risque. Les approches sociologiques sont plus rares, et elles permettent une lecture nouvelle du phénomène. Dans cet article, nous proposons une analyse socio-historique de la catégorie chemsex et des enjeux épistémologiques et sociologiques associés, à partir d’une revue de la littérature narrative et des travaux de recherche empiriques et théoriques en sciences sociales, menés par les chercheurs co-auteurs de cet article. Nos analyses mettent en évidence que ce phénomène n’est pas nouveau, il s’inscrit dans la continuité de la consommation de substances psychoactives parmi une fraction d’hommes gays et bisexuels, phénomène particulièrement documenté dans les années 1980–1990 dans le contexte de l’épidémie de VIH/sida. La terminologie chemsex a fait son apparition dans les années 2000. Les analyses de ce phénomène mettent en évidence qu’il s’agit à la fois d’une pratique qui expose à des risques sanitaires, mais qui peut aussi être interprétée comme une forme de réponse au « stress minoritaire » auquel la communauté gay est confrontée. Le chemsex peut devenir un moyen de faire communauté dans un contexte de plaisir, d’émotions et d’intimités partagés. Ces analyses sociologiques mettent également en évidence la complexité de ce phénomène qui peut aussi entraîner de l’isolement social, de la souffrance psychique et des conduites à risque.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Chemsex has been the subject of significant public attention in recent years. This phenomenon is most often discussed through the lens of risk via public health and clinical approaches that address how to manage it for addiction or risky use. Sociological approaches are less common, yet they offer a new perspective on the phenomenon. In this article, we present a socio-historical analysis of the category of “chemsex” and the associated epistemological and sociological issues, based on a review of narrative literature and social science empirical and theoretical research conducted by the co-authors of this article. Our analyses highlight that this phenomenon is not new; it is part of a continuum of psychoactive substance use among a segment of gay and bisexual men — a phenomenon particularly documented in the 1980s and 1990s in the context of the HIV/AIDS epidemic. The term “chemsex” emerged in the 2000s. Analyses of this evolving phenomenon show that it is both a practice that exposes individuals to health risks and one that can also be interpreted as a form of response to the “minority stress” faced by the gay community. Chemsex can also become a means of building community within a context of shared pleasure, emotions, and intimacy. These sociological analyses also highlight the complexity of this phenomenon, which can also lead to social isolation, psychological distress, and at-risk behaviors.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Drogues, Sexualité, Chemsex, Consommation sexualisée de substances, Sociologie, Controverses
Keywords : Drugs, Sex, Chemsex, Sexualized drug use, Sociology, Controversy, Critical Sex Studies
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