État des lieux et évaluation des besoins concernant la formation pratique aux enjeux de l’annonce en cancérologie : enquête nationale auprès des internes du DES d’oncologie - 25/09/26
Breaking bad news training in oncology: A French national survey on current practices and unmet needs among oncology residents
, Charles Raynaud 3, 4, Florence Huguet 5, 14, Sébastien Thureau 6, 14, Anne Laprie 7, 14, Camille Tlemsani 8, 14, Christophe Massard 9, 10, 11, 14, Elsa Curtit 12, 14, Élise Deluche 13, 14Résumé |
Contexte |
La consultation d’annonce occupe une place centrale dans le parcours de soins en cancérologie. Elle mobilise des compétences relationnelles que la formation médicale initiale ne couvre que partiellement, et l’acquisition par la simulation en santé, en particulier par simulation haute-fidélité, fait l’objet d’un intérêt croissant. L’accès à ces dispositifs pédagogiques demeure cependant inégalement réparti sur le territoire national au sein du troisième cycle.
Objectif |
Dresser un état des lieux quantitatif et qualitatif de l’accès des internes du diplôme d’études spécialisées (DES) d’oncologie aux formations à l’annonce, et en identifier les modalités, la pertinence perçue et les besoins non satisfaits.
Matériel et méthode |
Une enquête nationale en ligne anonyme a été diffusée de mars à juillet 2025 auprès des internes du DES d’oncologie (oncologie médicale et oncologie radiothérapie). Le questionnaire (quatre sections, 43 items) explorait les expériences de consultation d’annonce, les modalités et la fréquence des formations reçues, la satisfaction et les attentes. Les analyses descriptives et comparatives ont été réalisées sous R (v4.5.1).
Résultats |
Sur 508 internes éligibles, 301 ont répondu (59 %). La quasi-totalité (97 %) avait déjà assisté à une consultation d’annonce et en avait réalisé au moins une (en autonomie ou accompagné). Au total, 80 % déclaraient avoir bénéficié d’une formation à l’annonce, le plus souvent dès le deuxième semestre. Ces formations étaient majoritairement locales et en présentielles (hôpital, faculté ou région), combinant jeux de rôle/simulations (86 %) et enseignements théoriques (56 %). Les répondants étaient favorables à l’intervention de comédiens (37 %) ou de patients partenaires (40 %) pour incarner le patient lors des simulations. Parmi les 20 % de répondant n’ayant jamais été formés, 75 % accepteraient de se déplacer en dehors de leur subdivision de formation pour accéder à une formation à l’annonce.
Conclusions |
Cette première enquête nationale met en évidence un accès globalement satisfaisant, mais hétérogène selon les subdivisions, aux formations à l’annonce en cancérologie. Elle révèle une demande forte pour des formats standardisés, interactifs et régulièrement renouvelés. La structuration nationale d’une offre de formation coordonnée par le Collège national des enseignants de cancérologie (CNEC), intégrant patients partenaires et/ou comédiens formés, constitue un levier majeur pour renforcer à la fois l’efficacité pédagogique et l’équité d’accès.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Introduction |
The consultation is a key moment in cancer care, requiring specific interpersonal skills. High-fidelity simulation (a learning method that aims to recreate a clinical situation in an environment that is as close as possible to routine practice) is gradually establishing itself as an important educational tool for training interns in these skills, but its accessibility remains uneven across the country at the postgraduate level.
Methods |
An anonymous online national survey (France) was conducted from March to July 2025 among DES oncology residents (medical oncology and radiation oncology). The questionnaire (4 sections, 43 items) explored the residents’ experiences, training methods, satisfaction, and expectations regarding training in cancer diagnosis. Descriptive and comparative analyses were performed using R (v4.5.1).
Results |
Of 508 eligible interns, 301 responded (59%). Almost all (97%) had already attended a consultation to break bad news and had conducted at least one (either independently or with support). A total of 80% reported having received training in breaking bad news, most often during their second semester. The training was mainly local and face-to-face (hospital, faculty, or region), combining role-playing/simulations (86%) and theoretical teaching (56%). Respondents were in favor of using actors (37%) or patient partners (40%) to play the role of the patient in simulations. Among the 20% of respondents who had never been trained, 75% would be willing to travel outside their training subdivision to access training in breaking bad news.
Discussion |
This first national survey highlights generally high but uneven access to training in breaking bad news, with strong demand for standardized and interactive formats. National structuring, increased use of patient partners and/or actors, and regular sessions are levers for enhancing educational effectiveness and equity of access.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Annonce en cancérologie, Simulation en santé, Formation médicale, Communication médicale, Compétences relationnelles
Keywords : Announcement, Cancer, Simulation, Training, Education
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