L’immunothérapie : pour qui et quand ? - 01/10/26
Résumé |
Les cancers thyroïdiens peu différenciés (PDTC) et anaplasiques (ATC) sont des tumeurs rares, pouvant être très agressives, caractérisées par une forte hétérogénéité moléculaire et un pronostic très défavorable malgré les traitements conventionnels. Au cours des dernières années, l’immunothérapie, en particulier les inhibiteurs de points de contrôle immunitaire (anti-PD-1/PD-L1), a profondément modifié les perspectives thérapeutiques de ces tumeurs. L’expression de PD-L1 est fréquemment observée dans ces cancers, rendant une proportion significative de patients éligibles à ces approches. Les études cliniques montrent des taux de réponse variables mais parfois élevés, allant d’environ 30 % à 50 % des patients, avec des cas de réponses complètes rapportés. Cependant, l’efficacité reste hétérogène et limitée à des sous-groupes biologiquement sélectionnés. Les biomarqueurs prédictifs jouent un rôle central : l’expression de PD-L1, les mutations BRAF V600E ou certaines signatures immunitaires sont associées à une meilleure réponse. L’intégration des données omiques a permis d’identifier des sous-types tumoraux avec microenvironnements immunitaires distincts, ouvrant la voie à une immunothérapie personnalisée. Une avancée majeure réside dans les stratégies combinées : l’association immunothérapie + thérapies ciblées (notamment anti-BRAF/MEK) ou + traitements néoadjuvants améliore les taux de réponse et la résécabilité. Ces approches multimodales contribuent à prolonger la survie, historiquement très limitée (souvent < 12 mois pour l’ATC). Néanmoins, plusieurs limites persistent : résistance primaire ou secondaire, toxicités immunes (notamment pneumopathies interstitielles), et absence de standardisation des indications. Les recherches actuelles explorent de nouvelles combinaisons (immunothérapie + virothérapie, modulation du microenvironnement tumoral) et des cibles immunitaires émergentes. En conclusion, l’immunothérapie constitue une avancée majeure dans les PDTC et ATC, mais son bénéfice reste conditionné à une sélection moléculaire fine et à des stratégies combinées, inscrivant ces cancers dans une dynamique de médecine de précision en rapide évolution.
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Vol 87 - N° 5
Article 102614- septembre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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