Insuffisance surrénalienne induite par les dermocorticoïdes : une réalité sous-estimée chez l’adulte - 01/10/26
Résumé |
Objectif |
L’insuffisance surrénalienne liée aux corticoïdes topiques demeure une complication probablement sous-estimée. Ce travail visait à identifier les facteurs de risque de suppression de l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (HHS) chez des adultes atteints de dermatoses chroniques traitées par dermocorticoïdes, à préciser leur profil clinique et à proposer des modalités de dépistage des formes infracliniques.
Patients et méthodes |
Nous avons réalisé une étude rétrospective descriptive sur 10 ans (2016–2026), incluant des patients adultes suivis pour dermatose chronique et traités par dermocorticoïdes topiques pendant au moins 4 semaines consécutives, sans restriction de puissance ni de surface corporelle traitée.
Résultats |
Sept patients ont été inclus, avec un âge moyen de 36 ans (31–72 ans) et une légère prédominance masculine (sex-ratio H/F = 1,33). Les dermatoses altéraient toute la barrière cutanée : psoriasis (57,1 %), dermatite atopique (14,3 %) et eczéma chronique (28,6 %). Les dermocorticoïdes étaient de forte puissance dans 42,9 % des cas et de puissance modérée dans 57,1 %, pour une durée moyenne de 5 semaines, avec une surface corporelle traitée moyenne de 20 %. Des comorbidités métaboliques étaient présentes chez 28,6 % des patients. La cortisolémie matinale était abaissée (5–70 nmol/L), suggérant une suppression infraclinique de l’axe HHS. Aucun cas d’insuffisance surrénalienne aiguë n’a été observé.
Discussion |
Ces résultats concordent avec la littérature, confirmant le risque de suppression infraclinique, parfois précoce, notamment en cas de surfaces étendues ou d’altération de la barrière cutanée.
Un dépistage par cortisolémie matinale après traitement prolongé apparaît pertinent pour prévenir les complications.
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Vol 87 - N° 5
Article 102854- septembre 2026 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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