Tumeurs bénignes du rein : diagnostic et prise en charge - 08/10/26
, K. BensalahRésumé |
Introduction et épidémiologie : la majorité des tumeurs rénales localisées sont malignes, mais une part significative (jusqu'à 30 % des lésions < 4 cm) est bénigne. Leur incidence augmente avec l'âge, et elles sont le plus souvent découvertes de façon fortuite. Enjeux diagnostiques : l'imagerie actuelle (scanner, imagerie par résonance magnétique [IRM]) ne permet pas de distinguer avec certitude les tumeurs bénignes des tumeurs malignes, à l'exception de l'angiomyolipome (AML) typique, dont la composante graisseuse est pathognomonique. Le scanner demeure l'examen de référence pour caractériser les tumeurs du rein. L'IRM et l'échographie de contraste peuvent être utiles pour affiner le diagnostic des tumeurs kystiques. Évolutions histologiques : la classification de l'Organisation mondiale de la santé de 2022 intègre de nouvelles entités : néoplasie kystique multiloculaire à faible potentiel de malignité, lésions oncocytaires (LOT [ low-grade oncocytic tumor ] et EVT [ eosinophilic vacuolated tumor ]), considérées comme de bas grade et très peu agressives. Stratégies thérapeutiques et désescalade : la prise en charge évolue vers la personnalisation. Biopsie rénale : recommandée par le Comité de cancérologie de l'Association française d'urologie si elle est susceptible de modifier la décision thérapeutique, notamment d'éviter un traitement invasif. Angiomyolipome : l'approche est désormais multifactorielle ; le seuil historique de 4 cm est abandonné, et la surveillance active est recommandée en première intention pour les formes sporadiques. Tumeurs kystiques : leur gestion découle de la classification de Bosniak. Les types I et II ne nécessitent aucun suivi, le type IIF impose une surveillance de 5 ans, et il y a désormais une place pour la surveillance des lésions de type III ± IV. Conclusion : l'identification des tumeurs rénales bénignes ou indolentes est importante pour favoriser la surveillance active et la chirurgie conservatrice, afin de limiter la morbidité liée aux traitements tout en préservant la fonction rénale et la qualité de vie des patients.
Mots-clés : Tumeur rénale, Tumeur bénigne, Angiomyolipome, Oncocytome, Tumeurs kystiques, Désescalade thérapeutique, Personnalisation
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