Confirmation analytique d'une exposition à la pentylone dans trois matrices biologiques : à propos d’un cas présumé de soumission chimique - 28/10/26
Analytical confirmation of pentylone exposure in three biological matrices: a case of suspected drug-facilitated crime
Résumé |
Introduction : Cette observation rapporte un cas de soumission chimique vraisemblable dans un contexte de rapport sexuel non consenti, impliquant la pentylone, une cathinone de synthèse aux propriétés psychostimulantes et entactogènes.
Une femme d’une trentaine d’année rapporte avoir inhalé une poudre présentée comme de la cocaïne, suivie rapidement de symptômes inhabituels (bruxisme, sensation de chaleur et altération importante de ses capacités) avant un rapport sexuel non consenti.
Méthode : Ce cas souligne l'intérêt d'une approche toxicologique multimatricielle, associant sang, urines et cheveux, ainsi que la complémentarité du dépistage par LC-HRMS et de la confirmation quantitative par LC-MS/MS pour identifier les NPS émergentes
Résultats/discussion : Les analyses toxicologiques réalisées sur des prélèvements réalisés dix heures après les faits supposés ont mis en évidence plusieurs substances psychoactives, dont de la cocaïne, de la MDMA, de la 3-MMC et surtout de la pentylone, retrouvée à 21 ng/mL dans le sang et 124 ng/mL dans les urines. L’analyse réalisée sur des cheveux prélevés un mois plus tard a confirmé la présence de pentylone dans le segment proximal des cheveux de la victime (12 pg/mg), alors qu'elle était absente du segment distal. La pentylone a également été détectée dans le segment proximal des cheveux de la personne mise en examen (70 pg/mg).
L'interprétation reste toutefois limitée par la polyconsommation de la victime et par l'absence de données pharmacocinétiques suffisantes permettant de relier précisément les concentrations de pentylone aux effets cliniques. L'observation est particulièrement intéressante au regard des recommandations récentes de la SFTA, qui prennent en compte, dans la soumission chimique, non seulement les substances sédatives mais également les substances euphorisantes, entactogènes et désinhibitrices. La pentylone pourrait ainsi contribuer à une vulnérabilité comportementale par ses effets stimulants, empathogènes et désinhibiteurs, sans pour autant permettre d'établir à elle seule un lien causal avec l'agression.
Conclusion : En conclusion, ce cas de soumission chimique vraisemblable illustre la nécessité d'élargir les stratégies analytiques aux NPS et de privilégier une interprétation toxicologique intégrant les différentes matrices biologiques, la chronologie des faits et des prélèvements, le contexte de l’agression et la polyconsommation des protagonistes.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Abstract |
Introduction: This case report describes a probable case of drug-facilitated sexual assault (DFSA) involving pentylone, a synthetic cathinone with psychostimulant and entactogenic properties.
A woman in her thirties reported inhaling a powder presented as cocaine, followed shortly afterwards by unusual symptoms including marked bruxism, a sensation of intense heat, and significant impairment of her physical and mental capacities, before the alleged sexual assault occurred.
Method: This case highlights the value of a multimatrix toxicological approach, combining blood, urine and hair analysis, as well as the complementarity of LC-HRMS screening and LC-MS/MS confirmation and quantification for the detection of emerging new psychoactive substances.
Results/Discussion: Toxicological analyses performed ten hours after the alleged incident revealed several psychoactive substances, including cocaine, MDMA, 3-MMC and, importantly, pentylone, detected at 21 ng/mL in blood and 124 ng/mL in urine. Hair analysis performed one month later confirmed pentylone in the proximal 0–2 cm segment of the victim's hair (12 pg/mg), while it was not detected in the distal segment. Pentylone was also detected in the proximal hair segment of the suspect (70 pg/mg).
Interpretation remains challenging because of the victim's polydrug use and the limited pharmacokinetic data currently available for pentylone, preventing a reliable correlation between measured concentrations and clinical effects. The case is particularly relevant in light of the recent French Society of Analytical Toxicology (SFTA) recommendations, which recognize that drug-facilitated sexual assault may involve not only sedative substances but also euphoric, entactogenic and disinhibiting drugs. Pentylone may therefore contribute to behavioral vulnerability through its stimulant, empathogenic and disinhibitory effects, although its presence alone cannot establish a causal relationship with the assault.
Conclusion: In conclusion, this case of probable drug-facilitated crime emphasizes the need to include emerging synthetic cathinones in modern toxicological screening strategies and to interpret results by integrating multiple biological matrices, timing of sampling and events, clinical findings and polydrug use by the victim and the perpetrator.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : NPS, pentylone, soumission chimique, LC-HRMS, LC-MS/MS, cheveux
Key words : NPS, pentylone, drug-facilitated crime, LC-HRMS, LC-MS/MS, hair
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