Avant-propos - 07/06/11
« J’ai mal à la tête », propos banal que tout médecin est amené à entendre fréquemment de la part de ses patients, soit par référence à l’instant présent (céphalée symptôme), soit par référence à une situation chronique, évoluant par épisodes, par crises ou en continu (céphalée maladie). Que la céphalée soit isolée ou noyée dans un riche contexte clinique, le patient est en attente d’un diagnostic et surtout d’un soulagement.
La céphalée constitue un des symptômes les plus fréquemment rencontrés en Médecine Générale. Ce symptôme uniforme, une douleur de l’extrémité céphalique, peut correspondre à des situations cliniques très différentes : par exemple accompagner la fièvre dans un syndrome grippal, constituer l’effet indésirable d’un médicament, être le symptôme unique d’une hémorragie méningée ou au contraire être le maître symptôme d’un tableau clinique évocateur d’une crise de migraine ou d’algie vasculaire de la face.
La classification internationale des céphalées reconnaît 13 catégories de céphalées, 4 catégories de céphalées primaires, 9 catégories de céphalées secondaires, le tout correspondant à plus de 85 causes différentes.
On peut donc concevoir que le médecin non spécialisé puisse éprouver des difficultés à s’y reconnaître et soit parfois dérouté devant un patient céphalalgique, que ce soit dans le cadre de l’urgence ou d’une consultation programmée. Il devra appuyer son diagnostic sur le mode d’installation et d’évolution de la céphalée, sur les signes accompagnateurs et sur le contexte clinique en distinguant d’emblée deux grands cadres : une céphalée aiguë ou subaiguë mais d’apparition récente chez un sujet auparavant non céphalalgique et une céphalée ancienne évoluant par crises ou en continu depuis plusieurs années. Dans la première situation, un bilan clinique et paraclinique s’impose à la recherche d’une cause ; dans la deuxième situation, il s’agit le plus souvent du problème de la prise en charge thérapeutique d’une céphalée primaire. Cette distinction simple peut s’avérer parfois trop simpliste et il existe des pièges diagnostiques redoutables, comme par exemple la survenue d’une céphalée secondaire chez un patient céphalalgique chronique.
Le terme « céphalées » est considéré ici dans sa conception globale, incluant toute douleur de l’extrémité céphalique que ce soit une céphalée proprement dite, une algie faciale ou une douleur cervicale.
Cet ouvrage est composé de cinq parties : la première porte sur l’orientation diagnostique, l’épidémiologie, l’impact socio-économique, les mécanismes, les aspects génétiques et psychopathologiques des céphalées dans leur ensemble ; la deuxième partie porte sur la clinique et le traitement de la migraine ; la troisième partie concerne les céphalées primaires autres que la migraine ; la quatrième partie porte sur les céphalées secondaires ; enfin la dernière partie concerne des situations particulières : urgences, enfant, femme enceinte et sujet âgé.
Nous avons voulu dans cet abrégé privilégier les aspects cliniques et pratiques des différentes entités, en suivant méthodiquement l’ordre de la classification des céphalées et en appliquant les critères de diagnostic définis par la Société Internationale des Céphalées (IHS).
Un index alphabétique détaillé permettra au lecteur de trouver facilement les points de détails ou les éléments particuliers qu’il recherche.
Nous espérons que ces « Leçons », fruit d’un travail collectif d’experts, permettront une meilleure approche diagnostique et thérapeutique aussi bien pour l’étudiant, le médecin généraliste ou les divers spécialistes en charge du difficile problème des céphalées.
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