Sensibilité de Clostridium difficile aux antibiotiques et traitement des infections - 01/01/04
, Jacques Tankovic a, Frédéric Barbut a, b, Jean-Claude Petit aRésumé |
L'étude de la sensibilité de C. difficile n'est pas effectuée en routine. Les données concernant la fréquence des résistances acquises sont limitées. Des déterminants génétiques des résistances ont été caractérisés pour les tétracyclines, les macrolides et le chloramphénicol. Récemment des souches de sensibilité diminuée ou résistantes au métronidazole ou à la vancomycine ont été décrites mais les mécanismes en cause sont encore inconnus. Ces observations doivent inciter à une surveillance régulière de la sensibilité des souches cliniques de C. difficile aux antibiotiques. Le traitement des infections digestives liées à C. difficile dépend de la sévérité de la pathologie. La prise en charge des infections repose si possible sur l'arrêt de l'antibiothérapie ou son changement pour des molécules moins à risque de survenue d'infections à C. difficile. En cas de diarrhée persistante au-delà de 48 heures, l'administration orale de métronidazole (1 g/j) ou de vancomycine (0,5 à 2 g/j) pendant 10 jours est habituellement recommandée. En dépit des effets secondaires, le métronidazole est l'antibiotique de choix en raison de son efficacité et de son faible coût. Dans les cas de colites sévères, l'administration de vancomycine par os (2 g/j) doit être prescrite.
Le recours à la colectomie se limite aux cas de colites fulminantes ou de perforations. Les rechutes qui surviennent dans 10 à 20 % des cas après un premier épisode sont généralement traitées par les mêmes molécules que celles prescrites lors de l'épisode initial. Il n'existe pas de consensus concernant le traitement des rechutes multiples; l'administration du traitement antibiotique prolongé et intermittent ou l'association d'antibiotique avec des probiotiques comme S. boulardii (1 g/j pendant 30 j) semblent donner des résultats intéressants.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
In vitro determination of C. difficile susceptibility to antimicrobial is not routinely performed and data are limited. Genetic determinants of resistance have been characterized for tetracycline, eythromycine and chloramphenicol. Recently strains with reduced susceptibility or resistance to metronidazole or vancomycin have been reported. Surveillance of susceptibility of C. difficile to antibiotics, especially those used in therapy is necessary. Therapy of C. difficile-associated intestinal diseases depends on severity of symptoms. The recommended management of midly to moderately ill patients consists in discontinuation, if possible, of the offending agent or a change of antibiotherapy using agents with a minimal risk with C. difficile-associated diarrhoea. In case of persistent diarrhoea within the 48 hours or conservative antibiotherapy, administration of oral metronidazole (1 g/day) or vancomycin (0.5 to 2 g/day) for 10 days are uniformly recommended. Although side effects can occur with metronidazole, this agent is often the antibiotic of choice because of its low cost and its high efficacy. For critically ill patients (severe colitis), a high dose of vancomycin (2 g/j) should be given per os. Surgical management (colectomy) is needed in only rare instances: it may be life saving in unresponsive fulminant colitis or patients with perforation. Relapses, which are observed in 10–20 % after therapy of the first episode, can generally be managed with a repeat course of the initial treatment regimen. There is no consensus about the optimal approach of patients with multiple relapses: treatment with pulsed dose of vancomycine may be interesting and the adjunction of probiotics such as S. boulardii (1 g/day for 30 days) in conjonction with vancomycin or metronidazole seems to be a promising approach.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Keyword : Clostridium difficile, sensibilité, traitement, vancomycine, métronidazole
Keyword : Clostridium difficile, susceptibility, treatment, vancomycin, metronidazole
Plan
Vol 2004 - N° 368
P. 65-71 - décembre 2004 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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