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Efficacité et acceptabilité de l'interruption volontaire de grossesse par méthode médicamenteuse pratiquée sans hospitalisation dans le cadre d'un réseau ville-hôpital : étude prospective sur 433 patientes - 01/01/05

Doi : 10.1016/j.gyobfe.2005.02.021 
P. Faucher , N. Baunot, P. Madelenat
Service de gynécologie-obstétrique, hôpital Bichat-Claude-Bernard, 46, rue Henri-Huchard, 75018 Paris, France 

*Auteur correspondant.

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Résumé

Objectif. - Décrire l'efficacité et acceptabilité de l'interruption volontaire de grossesse par méthode médicamenteuse pratiquée sans hospitalisation dans le cadre d'un réseau ville-hôpital.

Patientes et méthodes. - Quatre cent trente-trois patientes demandant un avortement médicamenteux avant 7 SA ont été incluses entre le 1er février 2003 et le 31 juillet 2004. La consultation avant et la consultation de contrôle après l'avortement se déroulent chez le gynécologue de ville. La distribution des comprimés s'effectue à l'hôpital : la patiente absorbe devant la sage-femme trois comprimés de mifépristone (600 mg) et reçoit deux comprimés de misoprostol (400 μg) qu'elle prendra 48 heures plus tard à son domicile. En cas de problèmes ou de complications intercurrentes, la patiente a la possibilité de téléphoner ou de consulter le gynécologue de ville, ou bien de se rendre aux urgences de l'hôpital. Le gynécologue de ville est formé à l'IVG médicamenteuse par l'hôpital et peut contacter à tout moment un médecin référent du planning familial pour un renseignement ou pour adresser une patiente.

Résultats. - Le succès de la méthode est évalué sur 339 patientes revues par un médecin du réseau ou ayant donné des nouvelles par téléphone car 94 patientes ont été perdues de vues (21,7 %). L'efficacité est de 93,8 % (318/339). Vingt et une aspirations chirurgicales ont été pratiquées (6,2 %) dans 1,5 % des cas en raison de la demande de la patiente, dans 3,5 % des cas sur avis du médecin en l'absence de complications et dans 1,2 % des cas en raison d'un échec de la méthode (deux grossesses évolutives et deux hémorragies importantes avec transfusion). La sage-femme du planning familial a reçu un appel téléphonique de 21 patientes après la prise de la mifépristone (4,8 %). Vingt-cinq patientes sont venues consulter aux urgences de gynécologie de l'hôpital (5,7 %) et 22 patientes sont allées consulter le gynécologue de ville avant la date prévue de la consultation de contrôle (5 %). Vingt-deux patientes (5 %) ont été adressées par le gynécologue de ville à un médecin du planning familial pour un avis ou une prise en charge hospitalière. Les questionnaires sur l'acceptabilité ont été récupérés pour 26 % des patientes ; 96,2 % jugent que le déroulement de l'IVG était globalement acceptable.

Discussion et conclusions. - C'est l'importance du nombre d'aspirations faites pour rétention trophoblastique qui explique le taux d'échec de cette série. L'amélioration de l'efficacité de l'avortement médicamenteux réalisé dans le cadre d'un réseau ville-hôpital passe donc par une formation complète à l'avortement médicamenteux de tous les intervenants (gynécologues de ville, internes des urgences, médecins du planning) en insistant particulièrement sur la conduite à tenir devant des images échographiques obtenues lors de la visite de contrôle. L'acceptabilité du déroulement de la procédure est excellente pour les patientes. Concernant les professionnels, la pratique d'interruptions de grossesse dans le cadre d'un réseau de soins n'implique pas une surcharge importante de travail puisque environ 5 % des patientes réclameront des consultations supplémentaires et 6,2 % nécessiteront une aspiration chirurgicale à l'hôpital. Ces données permettent d'être optimiste sur la pratique en France d'interruptions volontaires de grossesse hors établissement de soins dans le cadre de réseaux de santé, sachant que le relais hospitalier de délivrance des médicaments indispensable à la réalisation de cette étude est désormais obsolète puisque la mifépristone est disponible en pharmacie d'officine depuis septembre 2004.

Le texte complet de cet article est disponible en PDF.

Abstract

Background. - Until July 2001 medical abortion was only authorized in France in public hospitals or private clinics. A new law effective in July 2001 allows private practitioners (gynaecologists or general practitioners) to provide medical abortion in their offices as long as they are linked to a hospital official agreement. Unfortunately mifepristone was not available outside hospitals before September 2004, so the study was conducted still providing the drugs in the hospital family planning clinic.

Objective. - To evaluate the efficacy and the acceptability of mifepristone medical abortion with home administration of misoprostol provided by private practitioners linked with the hospital.

Patients and methods. - Four hundred thirty-three women seeking medical abortion before 7 weeks LMP were included between 2 January 2003 and 7 July 2004. All consultations before abortion and 2 weeks after abortion took place in a private provider's office. Drugs were administrated in the hospital family planning clinic: patients were given 3 tablets of mifepristone (600 mg) orally by the midwife and received 2 tablets of misoprostol (400 μg) that they would take at home 48 hours later. In case of any problems or complications, patients could phone or meet their private providers, phone the hospital midwife or go to the hospital emergency service. Private providers received training in medical abortion training and could at any time reach a medical specialist in the hospital family planning clinic for information or to refer a patient.

Results. - Efficacy was evaluated for 339 women, because 94 patients were lost to follow-up (21.7%). Efficacy of medical abortion was 93.8% (318/339). There were 21 surgical aspirations (6.2%): for women's decision in 1.5% of cases, for medical decision without complications in 3.5% of cases, and for failure of the method in 1.2% of cases (2 ongoing pregnancies and 2 heavy haemorrhages with transfusion). The family planning midwife received a phone call from 21 patients after mifepristone (4.8%), Twenty-five patients had an emergency consultation (5.7%), and 22 patients went back to their private providers before their appointment for follow-up (5%). Twenty-two patients (5%) were referred by the private provider to the hospital medical specialist. Acceptability is known for 26% of patients; 96.2% thought that the abortion procedure was acceptable.

Discussion and conclusions. - The failure rate of medical abortion in this study is largely due to aspirations for incomplete abortion. To improve the efficacy of medical abortion offered by private providers linked with the hospital, all the relevant professionals (private providers, residents in the emergency service, family planning providers) must be well trained in medical abortion, especially in how to interpret and react to ultrasound images obtained in the follow up visit. The procedure is very acceptable to women. Medical abortion offered via a network should be well accepted by practitioners, since only 5% of women will need more than two consultations and only 6.2% will need surgical aspiration in the hospital. This study allows us to be optimistic about the expansion of medical abortion in France outside the hospital via a provider-hospital network based on the fact that since September 2004 private providers can get mifepristone directly in the pharmacies of the city.

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Mots clés : Interruption volontaire de grossesse médicamenteuse, Misoprostol à domicile, Réseau de santé

Keywords : Medical abortion, Misoprostol home use, Health network


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