La Névrose Phobique - 22/09/11
Elle est caractérisée par la systématisation de l’angoisse sur des personnes, des choses, des situations ou des actes qui deviennent l’objet d’une terreur paralysante. Avec la névrose d’angoisse, nous verrons une forme névrotique à vrai dire bien mal « formée », puisque l’angoisse diffuse traduit simplement la tension intérieure qui résulte d’une impossibilité de décharger l’énergie pulsionnelle. C’est pourquoi elle y est dite « flottante » et l’on a pu la comparer à une nébuleuse. « Nommer » cette souffrance vague, indéfinie (peur de la maladie), mieux encore la « localiser », la situer dans l’espace périphérique (peur des boutons de la porte), c’est, dans un geste magique, mais efficace, la sortir de soi, s’en détacher : ce « mécanisme de défense » est le déplacement, et le symptôme ainsi constitué est une phobie (la phobie du toucher, par exemple).
En tant que symptôme, une phobie est une peur spécifique intense dont le stimulus est projeté à l’extérieur pour amoindrir l’angoisse. Elle exige du phobique — elle lui permet — des réactions propres, des mesures de lutte « contrephobique », c’est-à-dire une activité de décharge. Un tel phénomène est assez banal et peut se rencontrer soit aux limites des expériences normales (exemple : le vertige), soit plus ou moins net, dans des états névrotiques divers (il y a toujours des « éléments phobiques » dans la névrose d’angoisse et il peut s’en rencontrer dans l’hystérie, la névrose obsessionnelle), soit encore dans la dépression mélancolique, dans certains délires systématisés, hypocondriaques, etc.
Il existe une forme de névrose typique dont la phobie représente le symptôme prévalent. La conduite névrotique ne s’y limite pas à l’expression d’une angoisse spécifique, mais elle se complique de moyens de défense et de « contre investissements » (substituts des pulsions refoulées). Ce sont ces symptômes et ces moyens de défense qui constituent la structure compliquée de cette névrose qui tend à remplacer l’angoisse d’un danger interne par la peur d’un danger externe. Cette complication dépend, comme disait Freud, du transfert des complexes et des mécanismes inconscients dans les symptômes de la névrose. La névrose phobique a été détachée de la névrose obsessionnelle, avec laquelle les psychiatres classiques ont l’habitude de la confondre, par Freud, qui s’aperçut des relations entre cette forme de troubles et une autre névrose bien structurée, l’hystérie. C’est pourquoi la névrose phobique est indifféremment nommée dans la littérature psychanalytique sous ce nom ou encore sous celui d’hystérie d’angoisse. Il nous a paru utile d’appuyer notre description dans ce chapitre plus que dans les autres par quelques exemples cliniques : ils feront en effet mieux percevoir des données qui ne sont pas considérées par tous les psychiatres comme entièrement acquises.
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