Les plaies franches des nerfs doivent être considérées comme de véritables urgences chirurgicales, c’est-à-dire être opérées dans les heures qui suivent l’accident. D’une part, c’est en urgence que le chirurgien réunit les meilleures conditions pour assurer les correspondances entre les groupes fasciculaires, d’autre part, les associations lésionnelles étant fréquentes, revasculariser le nerf et son environnement tissulaire diminue la sclérose cicatricielle épi et périneurale et donc préserve le glissement des nerfs lors de leur passage juxta-articulaire.
Cette démarche thérapeutique a été souvent controversée ces dernières décennies car les études statistiques élaborées à partir de séries peu homogènes, et n’utilisant pas les mêmes critères d’évaluation, n’étaient pas démonstratives. D’autre part, les travaux de Millesi [48Millesi H. Zum Problem der Uberbrückung von Defekten peripherer Nerven Wien Med Wochr 1968 ; 118 : 182-187
Cliquez ici pour aller à la section Références, 49Millesi H., Meissi G., Berger A. The interfascicular nerve grafting of the median and ulnar nerves J Bone Joint Surg 1972 ; 54A : 727-750
Cliquez ici pour aller à la section Références] sur les greffes nerveuses fasciculaires utilisées dans le traitement des pertes de substance présentaient sa méthode comme la solution quasi universelle des traitements secondaires des plaies nerveuses. Il a fallu attendre les études statistiques à partir des séries de Merle et Amend [42Merle M., Amend P., Foucher G., Michon J. Plaidoyer pour la réparation primaire microchirurgicale des lésions des nerfs périphériques Étude comparative de 150 lésions du nerf médian et du nerf cubital avec un recul supérieur à deux ans. 1984 ; 761-771
Cliquez ici pour aller à la section Références] puis de Allieu et Desbonnet [25Desbonnet P. Les réparations nerveuses tronculaires au membre supérieur : Thèse Méd Montpellier (1984).
Cliquez ici pour aller à la section Références] pour démontrer que la suture primaire était de loin le meilleur traitement des plaies franches. Une étude menée en 1993 [23De Medinaceli L., Prayon M., Merle M. Percentage of nerve injuries in which primary repair can be achieved by end to end approximation : review of 2181 nerve lesions Microsurgery 1993 ; 14 : 244-246
Cliquez ici pour aller à la section Références] dans notre service à partir de 1794 plaies nerveuses opérées a montré que 87,4 % d’entre elles relevaient de la réparation primaire. Cette notion de réparation primaire avait été prônée par Bunnel [13Bunnell S. Hand Surgery : the surgery of nerves of the upper extremity Instruct Lect Acad Ortho Surg : (1956).
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Cliquez ici pour aller à la section Références] dès 1956. Il rapportait alors une expérience à partir de mille réparations et concluait son étude ainsi : « Il convient de suturer le nerf le plus tôt possible dans un environnement tissulaire propre. Cet environnement tissulaire est obtenu par parage immédiat. C’est dans ces conditions que peut être obtenu le plus rapide et le meilleur degré de régénération nerveuse ».
Malgré l’apport de cette importante expérience, le dogme de la réparation secondaire sera peu transgressé et ceci en dépit de l’apparition des techniques microchirurgicales développées par Smith [54Smith J.W. Microsurgery of peripheral nerves Plast Reconstr Surg 1964 ; 33 : 317-329
Cliquez ici pour aller à la section Références], Kurze [34Kurze T. Microtechniques and neurological surgery. Clin Neurosurg 1964 ; 22 : 128
Cliquez ici pour aller à la section Références], Michon [45Michon J. Masse P Le moment optimum de la suture nerveuse dans les plaies du membre supérieur. Rev Chir Orthop 1964 ; 50 : 205-212
Cliquez ici pour aller à la section Références] en 1964, Millesi en 1967 [47Millesi H., Gangelberger J., Berger A. Erfahrungen mit der Mikrochirurgie peripherer Nerven Chir Plast Reconstr 1967 ; 3 : 47
Cliquez ici pour aller à la section Références]. Les travaux expérimentaux de Grabb [28Grabb W.E. Median and ulnar nerve suture ; an experimental study comparing primary and secondary repair in monkeys J Bone Joint Surg 1968 ; 964-972
Cliquez ici pour aller à la section Références] (1968), Kline [32Kline D.G., Hackett E.R., Leblanc H.J. The value of primary repair of bluntly transected nerve injuries, physiological documentation Surg Forum 1974 ; 25 : 436-438
Cliquez ici pour aller à la section Références] (1974), Van Beek [61Van Beek A., Glover J.L., Zook I. Primary versus delayed primary neurorraphy, in rat sciatic nerve J Surg Res 1975 ; 18 : 335-339
Cliquez ici pour aller à la section Références] (1975) et De Medinaceli [21De Medinaceli L., Church A.C. Peripheral nerve reconnection : Inhibition of early degenerative processes through the use of a novel fluid medium Exp Neurol 1984 ; 84 : 396-408
Cliquez ici pour aller à la section Références] (1983) et les expériences cliniques de Holst [29Holst H.I. Primary peripheral nerve repair in the hand and upper extremity J Trauma 1975 ; 15 : 909-911
Cliquez ici pour aller à la section Références] (1975), Merle [41Merle M., Foucher G., Michon J. La réparation en urgence des nerfs périphériques Les Lésions traumatiques des nerfs périphériques Paris: Expansion scientifique française (1979).
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Cliquez ici pour aller à la section Références-42Merle M., Amend P., Foucher G., Michon J. Plaidoyer pour la réparation primaire microchirurgicale des lésions des nerfs périphériques Étude comparative de 150 lésions du nerf médian et du nerf cubital avec un recul supérieur à deux ans. 1984 ; 761-771
Cliquez ici pour aller à la section Références] (1979-1984), Allieu [25Desbonnet P. Les réparations nerveuses tronculaires au membre supérieur : Thèse Méd Montpellier (1984).
Cliquez ici pour aller à la section Références] (1984), convaincront enfin de la supériorité de la réparation primaire.
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