Dermatite professionnelle aux (meth)acrylates en milieu dentaire - 15/02/08
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Mots clés : Dermatite , Allergie de contact , (Meth)acrylates , Milieu dentaire
Keywords:
Dermatitis
,
Contact allergy
,
(Meth)acrylates
,
Dental personnal
Observation
Mr L., 55 ans, exerce la profession d'assistant-dentaire depuis 1978 (salarié).
Dans ses antécédents médicaux, en dehors d'une HTA et d'une hypercholestérolémie, on ne note ni allergie, ni atopie.
Son histoire dermatologique débute en janvier 2004 par l'apparition progressive d'une dermatite érythémato-squameuse des mains et de la face interne des doigts, rythmée par l'activité professionnelle. Mr L. porte occasionnellement des gants en latex. Le dermatologue consulté en mars 2004 conclut à une dermatite de contact potentiellement allergique et adresse le patient à un centre d'allergologie. Les tests épicutanés réalisés en juin avec les batteries standard, caoutchouc, antiseptiques et produits dentaires, sont positifs pour la résine époxy, le méthacrylate de 2-hydroxyéthyle (2-HEMA) et le diméthacrylate d'éthylèneglycol (EGDMA).
Après une régression partielle des lésions, obtenue par l'application de dermocorticoïdes et le port de gants en nitrile pour les travaux réalisés avec les (meth)acrylates, l'état cutané s'aggrave progressivement avec apparition de paresthésies aux doigts.
Mr L. consulte en pathologie professionnelle en mars 2005. L'examen clinique objective une pulpite érythémato-squameuse fissuraire et douloureuse avec onycholyse, associée à des paresthésies de tous les doigts, invalidante dans la pratique professionnelle quotidienne, témoignant de l'inefficacité du port des gants en nitrile et des dermocorticoïdes (figures 1 et 2).
Au terme de la consultation, le diagnostic de dermatite de contact allergique professionnelle aux (meth)acrylates et résine époxy est retenu. Deux certificats médicaux initiaux de déclaration de maladie professionnelle au titre des tableaux 65 et 51 du régime général de Sécurité sociale sont rédigés et remis au patient. Mr L. souhaitant poursuivre son activité professionnelle, il lui est conseillé de porter des gants 4H® et de limiter le contact avec les (meth)acrylates. Par ailleurs, on l'incite à une réflexion sur son avenir professionnel.
Le patient est revu en mai 2005. Nous apprenons que les gants 4H® ne sont plus commercialisés en France et il nous signale qu'ils étaient difficiles à porter car trop épais. Les lésions de la dermatite allergique de contact n'ont pas régressé. Il est conseillé au patient, qui souhaite toujours poursuivre son activité professionnelle, le port de gants en nitrile et l'éviction totale de tout contact cutané avec les (meth)acrylates.
Plan
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Vol 67 - N° 6
P. 858-867 - décembre 2006 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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