Examens pré-interventionnels systématiques : analyse des résultats et implications potentielles chez 201 patients dans un pays à ressource limitée - 30/08/14
Résumé |
Introduction |
La prescription des examens complémentaires pré-interventionnels systématiques répond à des recommandations actualisées en France en 2012 [1]. Elles rappellent l’inutilité du bilan biologique pré-opératoire systématique en cas d’intervention à faible risque. Dans les pays en voie de développement (PVD), des examens biologiques simples pourraient aider au diagnostic d’une pathologie difficile à suspecter à l’interrogatoire ou à l’examen clinique, et influençant la prise en charge péri-opératoire. Nous avons recueilli les résultats d’examens prescrits systématiquement au cours de consultations d’anesthésie réalisées au sein d’une antenne chirurgicale située à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
Matériel et méthodes |
Il était proposé aux patients au cours de la consultation la réalisation systématique d’un bilan pré-opératoire comprenant un hémogramme et un dépistage du VIH par un test de diagnostic rapide (test INSTI VIH-1/VIH-2®), après consentement éclairé. En cas d’anomalie du bilan pré-opératoire, le patient était revu par l’anesthésiste. En cas de positivité du dépistage VIH, le patient était référé vers un service médical adapté.
Résultats |
Sur une période de 6 mois, 201 patients ont été vus en consultation d’anesthésie (58 % pour une chirurgie viscérale, 18,5 % pour une chirurgie orthopédique). Le taux d’hémoglobine (hb) moyen était de 12,7g/dL (±2,3), le taux de globules blancs de 5,6 G/L (± 1,5), et le taux de plaquettes de 254 G/L (±110). Une anémie était retrouvée chez 29 % des patients (10 % avec un taux d’hb inférieur à 10g/dL). Parmi les patients, 8,3 % étaient positifs pour le VIH. Il n’y avait pas de différence en termes d’âge, de sexe, de taux de globules blancs, de lymphocytes, de plaquettes entre les patients VIH positifs et négatifs. Le taux d’hb était significativement plus bas chez les patients VIH positifs (hb=10,7g/dL versus 13g/dL).
Discussion |
La consultation d’anesthésie dans les PVD est parfois difficile à cause de la barrière de la langue, du peu de dépistage précoce des pathologies, et d’un accès aléatoire aux examens. Ces facteurs peuvent contribuer à la survenue de complications péri-opératoires, parfois fréquentes [2]. Dans notre étude, la réalisation systématique de l’hémogramme a permis de dépister une anémie chez 29 % des patients, sévère chez 10 % d’entre eux. Le dépistage de l’infection à VIH est à considérer dans un pays où l’infection est endémique, sous réserve de l’accord du patient. En effet, ces patients seraient plus à risque de complications post-opératoires, et ces complications seraient corrélées au taux de lymphocytes CD4 et à la charge virale [3]. Le taux d’infection à VIH que nous avons observé est de 8,3 %, taux proche de ceux déjà rapportés dans des populations rurales de Côte d’Ivoire. Nos résultats montrent que la réalisation systématique d’un bilan biologique simple peut aider au diagnostic d’un état susceptible d’influer sur la prise en charge péri-opératoire dans un pays à ressources limitées comme la Côte d’Ivoire.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Plan
Vol 33 - N° S2
P. A360 - septembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
L’accès au texte intégral de cet article nécessite un abonnement.
Déjà abonné à cette revue ?
