Inutilité des antibiotiques en postopératoire dans la prise en charge des panaris : série prospective de 46 cas - 05/12/14
Résumé |
Introduction |
Le panaris est l’infection de la main la plus fréquente. Cependant, la prise en charge thérapeutique n’est pas consensuelle. Au stade collecté, le traitement est chirurgical. La place de l’antibiothérapie systématique en postopératoire reste discutée. Elle favorise la sélection de bactéries résistantes et augmente le coût global de prise en charge. De nombreux praticiens les utilisent de façon systématique. Cependant, à notre connaissance, aucune étude scientifique n’a montré l’intérêt de l’antibiothérapie postopératoire après excision chirurgicale des panaris péri-unguéaux et/ou pulpaires. La littérature est pauvre sur ce sujet. Il existe, à notre connaissance, uniquement des opinions d’experts mais il n’existe aucune étude scientifique. L’utilisation ou non des antibiotiques reste donc empirique. Dans notre pratique courante, nous n’utilisons pas d’antibiotiques après l’excision des panaris non compliqués (arthrite, ostéite ou phlegmon des gaines des fléchisseurs) et en dehors des sujets à risques (l’immunodépression, diabète…). Cette attitude semble s’accompagner d’excellents résultats avec d’exceptionnelles récidives. L’objectif principal était d’évaluer les résultats d’une série de panaris opérés sans utilisation d’antibiotiques en postopératoire.
Matériel et méthodes |
La série prospective comprenait 46 malades (26 hommes et 20 femmes, âge moyen : 40ans±17ans). Les patients immunodéprimés ou diabétiques ont été exclus. Il y avait 26 panaris péri-unguéaux et 20 panaris pulpaires collectés non compliqués d’ostéite, de phlegmon des gaines des fléchisseurs ou d’arthrite. Tous les panaris ont été excisés chirurgicalement, ont bénéficié de soins locaux et aucun n’a bénéficié d’antibiothérapie postopératoire. Des prélèvements bactériologiques ont été réalisés dans 42 cas. Tous les patients ont été revus lors de la première semaine et à 2 et 6 semaines. Le critère de jugement principal portait sur la guérison de l’infection.
Résultats |
Dans 45 cas, la guérison a été acquise sans récidive. Nous avons répertorié un cas de récidive dans les suites immédiates d’un panaris pulpaire. Cette récidive a bénéficié d’une reprise chirurgicale à j3. Dans 40 % des cas, un Staphylocoque aureus méti-S a été retrouvé.
Discussion |
La prise en charge chirurgicale d’un panaris par excision sans utilisation d’antibiotiques s’accompagne d’excellents résultats et d’exceptionnelles récidives. Notre seul échec peut s’expliquer par un défaut d’excision.
Conclusion |
Les antibiotiques n’ont pas leur place dans la prise en charge des panaris pulpaires ou péri-unguéaux non compliqués sur un terrain non à risque. Le succès thérapeutique dépend avant tout de la qualité du geste d’excision lors de la prise en charge chirurgicale.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Panaris, Antibiotiques, Série
Plan
Vol 33 - N° 6
P. 420 - décembre 2014 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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