Allergène ou protéine IgE réactive ? Conséquences pour le diagnostic moléculaire - 04/04/15
Résumé |
Introduction |
Un allergène est une molécule (Consensus 2013 WAO – ARIA – GA2LEN). Et c’est une molécule apte à engendrer une réaction allergique in vivo (WAO Nomenclature Committee 2004). Parmi les protéines IgE réactives connues en 2015, combien ont une allergénicité vérifiée in vivo et sont donc des allergènes ? Cette question revêt une grande importance car, pour que l’approche moléculaire du diagnostic soit pertinente, il faudrait n’y inclure que des protéines dont l’allergénicité in vivo a été vérifiée, c’est-à-dire des allergènes. Que vaudrait, en effet, un résultat positif pour une protéine dont la réactivité n’a été établie qu’in vitro ?
Méthodes |
La base de données Allergome (www.allergome.org/) a été analysée en se focalisant sur les protéines issues des produits naturels allergisants chez l’Homme. Pour chaque protéine le niveau maximum de réactivité a été relevé, selon une échelle allant des tests de laboratoire aux tests in vivo.
Résultats |
Sur les 1662 protéines étudiées il apparaît que seulement 17,6 % d’entre elles relèvent de l’appellation d’« allergènes » pour avoir montré leur capacité à positiver un test cutané (15,6 %) ou un test de provocation (2 %). Les positivités pour un test d’activation des basophiles (5,8 %), un test sérique « quantitatif » (Elisa, CAP… : 45 %) ou un test sérique qualitatif (immunoblot : 31,6 %) montrent bien une IgE-réactivité mais ne peuvent affirmer que les protéines concernées sont aptes à provoquer une réponse clinique.
Discussion |
Pour les patients, l’approche moléculaire du diagnostic représente une avancée majeure. Il convient cependant d’être prudent dans l’interprétation des tests in vitro en distinguant bien les allergènes vérifiés des autres protéines IgE réactives qui ne sont, jusqu’à preuve du contraire, que des hypothétiques allergènes. Et ce serait le devoir de la communauté scientifique et des industriels d’aider l’allergologue en faisant un réel effort sur le plan sémantique afin de distinguer clairement les « allergènes » et les « protéines IgE réactives » seulement.
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Vol 55 - N° 3
P. 226 - avril 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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