Profil étiologique des thromboses veineuses superficielles - 20/05/15
, M. Tougorti, I. Ben Ghorbel, M. Khanfir, F. Saïd, M. Lamloum, M.H. HoumanRésumé |
Introduction |
La thrombose veineuse superficielle (TVS) touche environ 7 à 11 % de la population mondiale. Le but de ce travail était de déterminer les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et évolutives des TVS ainsi que leur profil étiologique.
Patients et méthodes |
Il s’agit d’une étude rétrospective descriptive incluant des patients ayant présenté une TVS, vus dans un service de médecine interne, s’étalant sur une période de 15ans. Le diagnostic de TVS a été confirmé par une échographie doppler. Nous avons relevé les facteurs de risques thrombotiques, les caractéristiques épidémiologiques, cliniques et évolutives des TVS ainsi que les différentes étiologies retrouvées.
Résultats |
Nous avons inclus 87 patients ayant présenté une TVS. Le sex-ratio H/F était de 0,93 et l’âge moyen au moment de la survenue de la TVS était de 40 ans (extrêmes : 17 et 80ans). Les facteurs de risques thrombotiques les plus fréquents étaient la présence de varices (34,3 %), le tabagisme (27,5 %) et l’obésité (13,7 %). Cinq patients avaient des antécédents de thrombose veineuse profonde. La TVS était diagnostiquée au cours d’une grossesse chez 3 femmes (6,67 %). Le signe révélateur le plus fréquent était la douleur dans 87,8 % des cas. L’examen physique notait un œdème dans 82,2 % des cas et un codon veineux dans 25,2 % des cas. La TVS était localisée au niveau des membres inférieurs chez 84,9 % des patients (35 thromboses de la saphène interne et 10 de la veine saphène externe) et aux membres supérieurs dans 14,9 % des cas (5 thromboses de la veine basilique et 4 de la veine céphalique). Un patient avait une TVS au niveau de l’abdomen. Chez 12,6 % des patients, il s’agissait d’une thrombose de varices. Une thrombophilie constitutionnelle était l’étiologie la plus fréquente des TVS (11,5 %) ; déficit en protéine S (4,6 %), en antithrombine (3,4 %), en protéine C (2,3 %) et une résistance à la protéine C activée (1,1 %). Une hyper-homocystéinémie était retrouvée chez 9,2 % des patients et 7 patients avaient une maladie de Behçet (5 TVS étaient révélatrices de la maladie). Il s’agissait d’une thrombose paranéoplasique dans 4,6 % des cas (2 cancers du poumon, un de la vessie et un digestif). Onze TVS étaient rattachées uniquement à une cause iatrogène (10 suite à des injections IV ou à des prélèvements et un cas secondaire à un traitement par interféron). Dans 5,7 % des cas la thrombose était associée à un érysipèle. La TVS était révélatrice de la pathologie causale dans 35,6 % des cas. Le traitement se basait sur une anticoagulation dans 79,7 % ; héparine à bas poids moléculaire (HBPM), seule pour une durée moyenne de 3 semaines ou HBPM relayée par le Sintrom, 10,7 % ont eu un traitement local et 10,7 % ont été traités par l’association d’anticoagulant et de traitement local. Cinq patients étaient traités par corticoïdes en plus des anticoagulants. Une récidive de la TVS était notée chez 12,6 % de patients (54,5 % étaient survenues sous traitement anticoagulant). La durée moyenne de suivi était de 13,65 mois.
Conclusion |
Les varices des membres inférieurs représentent le facteur de risque le plus souvent associé aux TVS. L’obésité et le tabagisme étaient aussi reconnus pour leur rôle précipitant. La thrombophilie constitutionnelle était la cause la plus fréquente aussi bien dans notre étude que dans la littérature. Par ailleurs la TVS peut être révélatrice de pathologies sous-jacentes graves comme une néoplasie ou la maladie de Behçet. D’où l’importance de pratiquer un bilan étiologique qui sera orienté par les manifestations cliniques associées. Actuellement, il est recommandé de traiter les TVS par une HBPM pour une durée de 6 semaines pour assurer une reperméabilisation et éviter la progression.
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Vol 36 - N° S1
P. A116 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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