Sarcoïdose cardiaque : à propos de deux cas - 20/05/15
Résumé |
Introduction |
La sarcoïdose est une granulomatose systémique d’étiologie indéterminée. L’atteinte cardiaque est rare, sa prévalence est estimée à 7 % des sarcoïdoses. Il s’agit d’une atteinte grave de diagnostic précoce difficile. Nous en rapportons deux nouvelles observations.
Observation |
Observation 1 : patiente de 54ans, déjà traitée pour tuberculose pulmonaire. Elle est suivie pour sarcoïdose pulmonaire et oculaire (uvéite antérieur gauche) pour laquelle elle a été traitée par corticothérapie à fortes doses. Elle consulte pour dyspnée, précordialgies et palpitations avec à l’électrocardiogramme des extrasystoles ventriculaires isolées. L’échographie cardiaque a révélé une péricardite de moyenne abondance. Ainsi, la patiente a été mise sous corticothérapie et immunosuppresseur. L’évolution fut marquée par une amélioration des signes cliniques et électriques.
Observation 2 : patient de 39ans, suivie pour sarcoïdose à révélation atypique faite d’anémie macrocytaire de macroglossie et polyADP traitée par corticothérapie orale. L’évolution était marquée 1an après, par la survenue d’une précordialgie. L’échographie cardiaque était en faveur d’une cardiomyopathie hypokinétique avec dysfonction du ventricule gauche. La coronarographie objectivait une altération de la fraction d’éjection globale et une artère interventriculaire antérieure distale très infiltrée et l’IRM cardiaque révélait une ischémie myocardique septo-apicale gauche avec infiltration sarcoidosique du SIV et de la paroi postéro-apicale du VG. La patiente a été mise sous corticothérapie 60mg par jour, méthotrexate 20mg par semaine, IEC et bêta-bloquant avec bonne évolution clinique.
Conclusion |
La sarcoïdose cardiaque est rare, elle est responsable de 50 % des décès essentiellement par troubles du rythme ou de conduction. L’atteinte cardiaque au cours de la sarcoïdose est difficile à mettre en évidence avant le stade de complication grave. Les anomalies électriques apparaissent tardivement et aucun examen complémentaire n’en est suffisamment sensible et spécifique. L’IRM cardiaque permet une bonne évaluation morphologique et fonctionnelle. Actuellement la TEP-TDM au 18FDG occupe une place prometteuse dans le diagnostic et le suivi. Le traitement impose une corticothérapie, un immunosuppresseur (de préférence le cyclophosphamide) et un traitement spécifique de l’atteinte cardiaque.
Malgré un traitement bien conduit, la sarcoïdose cardiaque reste une entité de mauvais pronostic dont la surveillance doit être rapprochée.
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Vol 36 - N° S1
P. A159 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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