Profil étiologique des lymphoproliférations réactionnelles : étude rétrospective dans un service de médecine interne - 20/05/15
Résumé |
Introduction |
La découverte d’adénopathies constitue un motif fréquent de consultation ou d’hospitalisation dans un service de médecine interne. L’hypertrophie d’un ganglion lymphatique ou d’un groupe de ganglions résulte en général d’un processus inflammatoire ou tumoral. Les causes des lymphoproliférations malignes sont dominées par les lymphomes. La découverte de lymphoproliférations « bénignes » ou réactionnelles pose le problème du diagnostic étiologique et de la surveillance clinique. Afin de déterminer le profil étiologique des lymphoproliférations réactionnelles, nous avons conduit une étude rétrospective portant sur les patients suivis dans le service de médecine interne et ayant bénéficié d’un prélèvement ganglionnaire.
Patients et méthodes |
Grâce au laboratoire d’anatomie pathologique, nous avons répertorié tous les patients suivis en médecine interne entre février 2004 et février 2015 et ayant bénéficié d’une biopsie ganglionnaire ou d’une cytoponction ganglionnaire dans le cadre de l’exploration d’adénopathie(s) superficielle(s) ou profonde(s). Nous avons exclu les patients dont la biopsie n’était pas contributive.
Résultats |
Nous avons inclus 132 patients. Les lymphoproliférations malignes sont retrouvées chez 86 patients et sont principalement représentées par les lymphomes. Nous avons observé la présence d’une lymphoprolifération réactionnelle chez 9 patients présentant un cancer solide ou une hémopathie lymphoïde ou développant ultérieurement un lymphome. La principale cause infectieuse des lymphadénopathies « bénignes » dans notre population est la tuberculose ganglionnaire. Parmi les autres causes infectieuses, nous avons aussi observé une maladie des griffes du chat chez 2 patients, une lymphoprolifération liée à l’EBV chez une patiente avec un antécédent de lymphome et une hyperplasie lymphoïde associée au VIH chez une patiente. Une lymphoprolifération non maligne et non infectieuse est observée chez 13,6 % des patients. Les pathologies associées à une lymphoprolifération réactionnelle sont variées : déficit immunitaire commun variable (DICV), syndrome de Kikuchi, pathologie dysimmunitaire, rhumatisme inflammatoire. Nous avons aussi observé une lymphadénite granulomateuse chez 2 patients. Aucune cause n’a été retrouvée chez 10 patients.
Conclusion |
En l’absence de tout contexte infectieux, la découverte d’une lymphoprolifération « bénigne » est une situation clinique parfois rencontrée dans un service de médecine interne et pose souvent 2 problèmes : celui du diagnostic étiologique et du pronostic. Le contexte clinique, les manifestations auto-immunes associées et la qualité de la biopsie ganglionnaire sont autant d’éléments permettant d’évoquer un éventuel état pré-lymphomateux et de définir le suivi à long terme.
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Vol 36 - N° S1
P. A24-A25 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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