Évaluation du risque chimique résultant de la contamination accidentelle d’un laboratoire de biologie - 05/06/15
Assessment of the chemical risk resulting from accidental contamination in a biology laboratory
, S. Cavezza b, A. Villa a, R. Garnier a, c| pages | 7 |
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Résumé |
Contexte |
Les situations de pollution de l’air intérieur en milieu professionnel sont susceptibles de mettre en difficulté l’entreprise et le médecin du travail. L’évaluation des risques chimiques peut paraître complexe, mais est à la portée de tout professionnel de santé à condition de suivre une démarche rigoureuse multi-étapes, comme celle présentée ici.
Objectif |
Évaluation rétrospective du risque chimique encouru par les personnels situés au-dessus d’un laboratoire de chimie, consécutive à un défaut de conception du système de ventilation. La pollution a duré 3ans avant d’être découverte à l’occasion de plaintes olfactives. Les personnels exposés, le médecin du travail et la direction de l’établissement étaient très préoccupés des risques pour la santé, certains des contaminants impliqués ayant une toxicité élevée.
Méthode |
Application, en collaboration avec les personnels concernés et les acteurs de l’entreprise (direction, médecin du travail, ingénieur de sécurité) d’une démarche d’évaluation du risque en plusieurs étapes : recensement des nuisances, choix des traceurs pertinents, identification des dangers des traceurs, choix des effets critiques, choix d’une valeur de référence, évaluation des expositions des salariés par mesurage, caractérisation des risques par comparaison des mesurages résultats aux valeurs de référence.
Résultats |
Dans le cas présenté, la démarche a permis la sélection de traceurs de la pollution : acétone, acrylate d’éthyle, acrylamide, chloroforme. Les valeurs de références sélectionnées pour chaque traceur ont été le seuil olfactif, la valeur limite d’exposition professionnelle et la valeur de référence en population générale ajustée à l’exposition professionnelle. La reconstitution de l’exposition a été maximaliste. Aucune des expositions évaluées ne dépassait les valeurs de référence pour la protection de la santé ; la concentration d’acrylate d’éthyle dépassait le seuil olfactif, ce qui expliquait les plaintes olfactives. Cette évaluation a été réalisée en moins de 4mois avec la collaboration active de toutes les parties concernées. Elle a démontré l’absence de risque sanitaire préoccupant. La mise en œuvre rapide et collaborative de cette démarche d’évaluation objective a permis, au moins autant que ses résultats favorables, de faire disparaître les tensions générées par cette pollution accidentelle, mais prolongée.
Discussion/Conclusion |
Cette démarche d’évaluation a permis une évaluation du risque chimique rapide et d’une relative facilité, elle peut servir d’exemple reproductible dans des situations similaires, réputées à tort difficiles à aborder.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Purpose of the study |
Risk assessment may seem to be challenging in case of indoor air pollution at the workplace. As a matter of fact, it can be easily and rapidly performed, when a systematic multi-step procedure is followed, by an evaluation group bringing together representatives of all parties (workers concerned, head of the firm, occupational physician, health and safety manager…), with the help of external experts, when necessary. This is illustrated by a case study.
Objective |
Retrospective risk assessment of laboratory workers’ exposure, resulting from a faulty ventilation device. The pollution was detected only 3years after it began, when a substance with a low olfactory detection threshold was used. As some of the substances implicated during the polluting period were of high toxicity, this discovery generated social tensions in the firm.
Method |
With the collaboration of all implicated parties, a multi-step risk assessment procedure was carried out: identification of hazards; choice of pollution markers; identification of their toxic effects, especially of their critical effects; characterization of the dose-effect relationship for these critical effects and identification of toxicological reference values; exposure evaluation, and finally risk characterization through the comparison of exposure measurement results to reference values.
Results |
In the present case, the selected markers were acetone, ethyl acrylate, acrylamide and chloroform. For each substance, the reference values selected were olfactive threshold, French occupational reference value, and a reference value derived from an environmental reference level with temporal adjustment. For cumulative exposure evaluation, a worst case scenario was applied. Finally, the evaluation procedure showed no preoccupying health risks. Ethyl acrylate air concentrations were above the olfactive threshold, which explained discomfort. Globally, the evaluation procedure (including the diffusion of its results) took less than 4months. As much as its reassuring results, the rapid implementation of the evaluation procedure together with its collaborative execution allowed the complete resolution of the social conflicts in the firm.
Discussion/Conclusion |
In this illustrative case, a collaborative evaluation could be rapidly implemented. It may be used as a model of what could be done in such situations of indoor air pollution at the workplace.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Évaluation du risque, Risque chimique, Exposition professionnelle, Pollution de l’air intérieur
Keywords : Risk assessment, Chemical release, Occupational exposure, Indoor air pollution
Plan
Vol 76 - N° 3
P. 262-268 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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