Hypovitaminose D pendant la grossesse : prévalence et facteurs de risque. Étude prospective observationnelle au CHRU de Montpellier - 18/06/15
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Résumé |
Introduction |
La vitamine D est une véritable pro hormone ayant un intérêt capital pour notre santé. Elle est impliquée dans de nombreux métabolismes, au-delà de son action osseuse. De nombreuses études récentes ont montré qu’il existe une carence « pandémique » en vitamine D et notamment chez les femmes enceintes pouvant entraîner des conséquences non négligeables autant pour la mère que pour sa descendance (ostéomalacie, hypocalcémie néonatale…). Cependant, dans notre région languedocienne à fort ensoleillement, la supplémentation de 100 000 UI de vitamine D recommandée par le CNGOF est actuellement peu suivie. Les objectifs de notre étude étaient principalement d’identifier les facteurs de risque et la prévalence d’une carence maternelle en vitamine D.
Méthodes |
Les patientes ont été incluses au 5e mois de grossesse en service de consultation du CHU de Montpellier. Un questionnaire portant sur les données sociodémographiques et cliniques, les habitudes alimentaires, l’exposition solaire et le rythme de vie a été établi. Puis, un dosage de 25(OH) D2+D3 a été effectué au 6e mois de grossesse afin d’évaluer le statut vitaminique D des patientes. Une analyse univariée, puis un modèle multivarié, ont été effectués pour identifier des facteurs significativement associés à une carence en vitamine D.
Résultats |
Deux cent six patientes ont été incluses et 173 dosages de vitamine D reçus. L’âge moyen des parturientes était de 29ans. Cinquante-trois pour cent étaient des primipares, 60 % des participantes avaient un phototype clair, 25 % portaient des vêtements couvrants et 32 % ne s’exposaient jamais au soleil. Nous avons retrouvé 78 % d’hypovitaminose D qui se définit par un taux de 25(OH)D<30ng/mL) dont 30 % en insuffisance (20–30ng/mL), 24 % en carence modérée (12 à <20ng/mL et 24 % en carence sévère [taux<12ng/mL]). Après l’analyse multivariée, trois facteurs significativement associés à une carence en vitamine D ont été retenus : la gestité>2, le phototype foncé et le port de vêtements couvrants.
Conclusion |
La forte prévalence de l’hypovitaminose D dans la population de notre étude justifie une supplémentation pendant la grossesse, y compris dans notre région à fort ensoleillement. Par ailleurs, nous avons mis en évidence un groupe de patientes sévèrement carencées en vitamine D (taux<12ng/mL) alors nous pouvons penser que pour ces patientes une seule ampoule de vitamine D ne serait pas suffisante pour atteindre le taux optimal recommandé de 30ng/mL. Il faudrait alors optimiser notre questionnaire afin de cibler cette population de patientes à haut risque de carence pour leur proposer une supplémentation plus adaptée.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Summary |
Introduction |
Vitamin D is a real pro hormone and is seen as a vital part of good health. It is involved in many metabolisms, beyond its bone action. Many recent studies have shown that there is a “pandemic” deficiency in vitamin D, particularly among pregnant women which can imply significant consequences for both the mother and child (osteomalacia, neonatal hypocalcaemia…). However, in our sunny Languedoc region, the vitamin D supplementation at a dose of 100,0000 ui, recommended by the CNGOF, is not widely followed. The objectives of our study were mainly to identify the risk factors and prevalence of vitamin D deficiency in pregnant women.
Methods |
Patients were included in the 5th month in the pregnancy counselling service of the University Hospital of Montpellier. Questions on sociodemographic and clinical data, on food habits, sun exposure and the rhythm of life have been established. Then, a dosage of 25(OH) D2+D3 was made during the 6th month of pregnancy to assess the vitamin D status of patients. Univariate analysis and multivariate model were performed to identify factors significantly associated with vitamin D deficiency.
Results |
Two hundred and six patients were included and 173 dosages of vitamin D were given. The average age of parturients was 29 years. Fifty-three percent were primiparous, 60% of them had a clear phototypie, 25% wore protective clothing and 32% never exposed to the sun. We found 78% of vitamin D deficiency, which is defined by a serum 25(OH) D<30ng/mL): 30% in insufficiency (20–30ng/mL), 24% in moderate deficiency (12 to <20ng/mL and 24% in severe deficiency (levels<12ng/mL) After multivariate analysis, three main factors were identified: gestity>2, the dark skin type, and wearing protective clothing.
Conclusion |
The high prevalence of vitamin D deficiency in the population of our study justifies supplementation during pregnancy including in our sunny region. Furthermore, we have demonstrated a severely deficient patient group in vitamin D (levels<12ng/mL). We can think that for these patients, a single bulb of vitamin D would not be sufficient to achieve the optimal rate recommended which is 30ng/mL. It would be worth optimizing our questionnaire to target this population of patients with a high-risk of deficiency and then, offer them a more appropriate supplementation.
Le texte complet de cet article est disponible en PDF.Mots clés : Hypovitaminose D, Grossesse, Supplémentation
Keywords : Vitamin D deficiency, Pregnancy, Supplementation
Plan
Vol 14 - N° 3
P. 85-93 - juin 2015 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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