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Annales d'Endocrinologie
Vol 68, N° 4  - septembre 2007
pp. 308-314
Doi : 10.1016/j.ando.2007.06.022
Usage et abus de stéroïdes anabolisants et de glucocorticoïdes dans le sport
 

M. Duclos
Service de médecine du sport et des explorations fonctionnelles, CHU de Gabriel-Montpied, 58, rue Montalembert, 63003 Clermont-Ferrand cedex 01, France
Laboratoire de nutrition humaine, Inra UMR 1019, université d'Auvergne I, Clermont-Ferrand, France

Le maintien des glucocorticoïdes (GC) sur la liste des produits interdits par le Code mondial antidopage est de plus en plus discuté, et certaines fédérations sportives internationales demandent que les GC ne figurent plus sur la liste des produits interdits. Leurs arguments sont que les GC sont largement utilisés en médecine du sport et n'ont aucun effet ergogène démontré. Reste à comprendre pourquoi depuis qu'ils sont systématiquement recherchés lors des contrôles antidopages et malgré le fait que l'utilisation des GC par voie générale soit interdite en compétition, les GC représentent les molécules les plus fréquemment mises en évidence lors des contrôles antidopages.

À l'inverse, les effets ergogènes des stéroïdes anabolisants sur la performance sont bien démontrés. L'efficacité du dopage par les stéroïdes anabolisants est telle qu'une demande a été déposée auprès du Comité olympique international pour rayer le nom des nageuses de l'ex-Allemagne de l'Est qui ont remporté 11 titres sur 13 aux jeux de 1976 et de 1980 dans le cadre d'un dopage d'État maintenant bien documenté. De plus, la dangerosité du dopage par les stéroïdes anabolisants est telle que dans l'ex-Allemagne de l'Est entre 500 et 1000 athlètes pourraient bénéficier d'une « pension » car l'État a reconnu officiellement que la prise de stéroïdes anabolisants de façon continue et prolongée avait ruiné leur santé.

Dopage par les glucocorticoïdes
Produits

Les glucocorticoïdes (GC) sont des dérivés de synthèse du cortisol dont les modifications chimiques ont réduit les effets minéralocorticoïdes (MR) au profit des effets glucocorticoïdes (GR), en particulier anti-inflammatoires. Depuis leur introduction en thérapeutique médicale en 1948, l'usage des GC est devenu si répandu et important que certains auteurs divisent l'histoire de la médecine en « BC » et « AC » (before cortisol and after cortisol : avant le cortisol et après le cortisol). Malheureusement, les GC du fait de leurs effets pléïotropes induisent des effets secondaires qui ont rapidement (dès 1950) limité leur usage thérapeutique.

Chiffres

Les résultats des contrôles antidopages sont éloquents : 42 % des substances mises en évidence en 2002 lors des contrôles antidopages en France étaient des corticoïdes. Lors du tour de France cycliste 2002, les corticoïdes représentaient 24,6 % des substances présentes lors des contrôles antidopages positifs (source Comité de prévention et de lutte contre le dopage). Même si certains de ces contrôles positifs correspondent à une prise de GC sur indication médicale, ces chiffres élevés suggèrent que les GC sont largement utilisés par les sportifs et à des fins de dopage.

Le dopage par les glucocorticoïdes est-il efficace ?
Expérimentation humaine

Il n'y a actuellement aucune donnée de la littérature étayant l'hypothèse de relations entre performance et GC chez l'homme. Cela s'explique par le fait que peu d'études ont été réalisées sur les relations entre performance et GC chez l'homme. De plus, ces études n'ont pas porté sur le type d'exercice ou de performance susceptibles d'être améliorés par la prise de GC.

Trois études ont été réalisées chez l'homme. La première a montré que l'administration de 4,5 ou 13,5 mg de dexaméthasone pendant quatre jours à des sujets modérément entraînés n'induisait pas d'effet notable sur la capacité maximale aérobie (VO2 max) par rapport au groupe placébo [22]. Au contraire, il a été noté un effet bradycardisant de la dexaméthasone, ce qui dénote plutôt un effet indésirable car un des facteurs qui conditionne VO2 max est le débit cardiaque. Dans le travail de Pétrides et al., les sujets ont réalisé une série de dix exercices sous maximaux brefs (10 fois 30 secondes à 90 % VO2 max) [25]. La prise de 4 mg de dexaméthasone quatre heures avant l'exercice n'a pas modifié la consommation d'oxygène ni la réponse métabolique à l'exercice. Enfin, Del Corral et al. [7] ont montré que si on bloquait — par la prise préalable de Métopirone — l'augmentation de cortisol induite par deux heures d'exercice à 60 % VO2 max (la cortisolémie n'est pas indosable mais elle reste dans les valeurs basses ~150 nmol/l, alors que dans la situation contrôle d'exercice sans Métopirone, elle atteint 650 nmol/l), on observait une diminution significative de la lipolyse, de la cétogenèse et de la protéolyse. En revanche, la glycémie restait maintenue dans une fourchette normale grâce à la diminution de l'insuline et à l'augmentation des hormones de la contre-régulation (GH, glucagon, catécholamines). Par rapport au groupe témoin, il n'y avait aucune différence de fréquence cardiaque, pression artérielle, scores de fatigue ni dans la capacité à réaliser un exercice de ce type.

Ces résultats ne signifient pas que les GC n'ont pas d'effet sur la performance. Car, dans ces études, l'effet sur la performance a été apprécié soit sur VO2 max (durée maximale 10–12 minutes) [22] ou sur une faible série d'exercices sous-maximaux [25] mais dans aucun cas lors d'une épreuve d'endurance prolongée menée jusqu'à épuisement ni sur une série d'exercices brefs et maximaux où la perception de la douleur et de la fatigue peut probablement être atténuée par la prise de GC.

En effet, certaines propriétés pharmacologiques des GC laissent supposer que ceux-ci pourraient améliorer la performance et expliquer leur utilisation dans le milieu sportif. Les effets psychostimulants exercés par l'intermédiaire des récepteurs aux GC cérébraux permettraient de réduire les effets centraux de la fatigue, les effets anti-inflammatoires et antalgiques limiteraient les sensations douloureuses musculaires à l'effort et permettraient de repousser le seuil de fatigue ; les effets métaboliques induisent une augmentation des stocks de glycogène musculaire [26] et facilitent la lipolyse et la glycolyse induites par les catécholamines et la GH, permettant ainsi une meilleure utilisation de substrats énergétiques par le muscle au cours de l'exercice.

Expérimentation animale

Les travaux menés en expérimentation animale mettent en évidence des effets des GC sur la performance. Ainsi, des rats ayant un accès volontaire à une roue d'activité augmentent de façon très significative leur activité dans la roue (en nombre de km courus par 24 heures) quand on leur injecte en sous-cutané de la corticostérone (l'analogue du cortisol chez le rat) (Duclos M., résultats personnels). En plus de cet effet stimulant de la corticostérone en aigu, l'administration de doses croissantes de corticostérone (par implantation de capsules délivrant de façon continue pendant dix jours de la corticostérone à doses constantes) chez des rats préalablement surrénalectomisés augmente de façon dose–dépendante l'activité de course dans la roue de ces mêmes rats. Ces résultats montrent que les GC ont à la fois un effet stimulant en aigu (injection de corticostérone) et en chronique (implantation sous-cutanée de capsules délivrant de façon continue de la corticostérone) sur l'activité de course des rats. Cet effet serait lié à une stimulation de la production de dopamine au niveau du nucleus accumbens (mais aussi à l'activation d'autres régions du cerveau impliquées dans l'activité motrice) [9].

Sur le plan métabolique, la dexaméthasone augmente la resynthèse de glycogène musculaire après un exercice musculaire (alors que le stockage de glycogène est moindre au repos par rapport aux rats du groupe placebo, du fait de l'insulinorésistance induite par la dexaméthasone) [26]. Cette synthèse accrue de glycogène en post-exercice favorise la récupération métabolique et est un facteur impliqué dans la performance.

Tous ces éléments concourent à supporter l'hypothèse d'un effet ergogène des GC chez l'animal et renforcent la probabilité d'un effet positif des GC sur la performance chez l'homme. En revanche, les risques pour la santé des sportifs utilisant les GC sont bien démontrés.

Dopage par glucocorticoïdes et risques pour la santé des sportifs

Les complications liées à la prise de GC de façon prolongée sont bien démontrées. Citons les conséquences osseuses (ostéoporose), métaboliques (insulinorésistance), vasculaires (hypertension artérielle, risque d'athérosclérose). Enfin, des cas de pharmacodépendance aux GC ont été rapportés. Mais à côté de ces effets classiques, d'autres complications commencent à être bien décrites.

La prise de prednisone (0,5 mg/kg/jour) pendant six jours chez des sujets jeunes en bonne santé s'accompagne d'une diminution de 25 % du débit vasculaire de la jambe [27]. Ces résultats rejoignent ceux d'un travail chez le porc qui avait montré qu'une prise unique à doses pharmacologiques de prednisone induisait une diminution importante du flux sanguin au niveau des muscles, de la peau et de l'os (région de la hanche). De plus, il s'agissait d'un effet rapide des GC puisque cette réduction était mise en évidence en moins d'une heure et persistait au moins 24 heures après la prise de GC, suggérant qu'il s'agit d'effets non génomiques des GC. L'hypothèse d'une diminution de la relaxation endothéliale NO-dépendante sous l'action des GC est la plus probable. Iuchi et al. [17] ont précisé le rôle des radicaux libres dans ce phénomène et leur lien avec les GC. Quand on crée une hyperhémie transitoire en réaction à une obturation du débit sanguin de l'avant-bras par mise en place d'un garrot (brassard gonflé à 250 mmHg pendant cinq minutes), on observe chez les sujets sains, à la levée du garrot, une augmentation du débit sanguin de l'avant-bras qui est rendue possible par une vasodilatation de l'endothélium vasculaire NO-dépendante. Quand on fait cette mesure chez des sujets traités par GC pour maladies auto-immunes, avant et pendant la corticothérapie (en moyenne 28 jours après le début du traitement par GC), on note une diminution de 43 % sous corticothérapie [17]. Les mêmes auteurs ont montré sur des cellules endothéliales en culture que les GC induisaient de façon dose–dépendante une augmentation de la production de radicaux libres. Les radicaux libres diminuent la disponibilité en NO induisant une dysfonction endothéliale qui peut conduire à l'HTA et à l'athérosclérose, complications cardiovasculaires majeures liées à l'excès de GC.

Cette production augmentée de radicaux libres sous l'action des GC provient de la chaîne de transfert d'électrons mitochondriale, suggérant un dysfonctionnement mitochondrial. Il a été montré chez le rat qu'une augmentation prolongée de la sécrétion de corticostérone liée à des stress répétés induisait une diminution du nombre de mitochondries musculaires et qu'il existait une courbe dose–réponse entre la concentration plasmatique de corticostérone et le nombre de mitochondries musculaires [8]. D'autres études avaient montré dans les années 1970–1980 que les GC de synthèse à doses pharmacologiques induisaient une diminution de nombre de mitochondries musculaires. Cela soulève la question des effets sur le métabolisme mitochondrial musculaire du dopage par GC de synthèse.

Un autre travail mérite réflexion. Plusieurs études ont montré qu'augmenter la cortisolémie (par perfusion de cortisol ou d'ACTH) à des valeurs de stress (880 et 1100 nmol/l) induisait une diminution de la réponse des hormones hyperglycémiantes (adrénaline, noradrénaline, glucagon) et donc de la production hépatique de glucose à une hypoglycémie subséquente (induite pharmacologiquement) [6 et 23]. Lors d'exercices en endurance prolongés (plusieurs heures), la glycémie diminue de façon significative (mais sans atteindre chez un sujet en bonne santé des chiffres en dessous de 0,7 à 0,6 g/l, en règle générale, bien que quelques cas d'hypoglycémie vraie aient pu être décrits après un marathon ou un ultramarathon). Dans le cas d'épreuves sportives prolongées et répétées sur plusieurs jours (course cycliste, marathon des sables, raids…), ces troubles de la contrerégulation glycémique pourraient aussi expliquer certains malaises, « coups de pompe », diminution de performances inexpliquées pouvant conduire à l'abandon de l'épreuve chez des sportifs ayant utilisé des GC à doses pharmacologiques le jour précédent.

Enfin, un travail récent montre les conséquences d'un hypercorticisme prolongé (syndrome de Cushing) sur le volume cérébral (TDM, IRM [imagerie à résonance magnétique]) [4] avec une perte de volume cérébral significative dans 86 % des cas. Il avait déjà été rapporté une atrophie cérébrale de 10 % dans une population de sujets jeunes recevant des doses pharmacologiques de GC. De même, chez les enfants traités pour une hyperplasie congénitale des surrénales par des doses faiblement supraphysiologiques de GC, une augmentation de la prévalence de l'atrophie du lobe temporal (IRM) a été retrouvée. D'autres études avaient démontré un possible lien entre une augmentation de l'activité de l'axe corticotrope et l'atrophie cérébrale dans le contexte de l'alcoolisme, de la dépression ou du stress (post-traumatic stress disorder). On ne peut bien entendu pas comparer l'hypercorticisme exogène « ponctuel » induit par la prise de GC chez le sportif, que cette prise soit justifiée médicalement ou utilisée par le sportif à des fins ergogènes, à l'hypercorticisme observé lors des syndromes de Cushing. D'autant plus qu'il est important de souligner qu'un sujet entraîné en bonne santé (et sans signe de surentraînement) ne présente pas d'hyperactivité corticotrope. En d'autres termes, un sportif entraîné présente au repos une sécrétion de cortisol sur 24 heures normale avec un rythme nycthéméral de la sécrétion du cortisol respecté [10 et 13]. Cependant, on peut se poser la question de l'effet à long terme sur les fonctions cérébrales (apprentissage, mémoire) de la prise répétée de GC à des fins de dopage comme cela est observé dans certaines disciplines sportives.

Outre les effets chroniques, une complication importante menaçant le pronostic vital peut survenir à l'arrêt de la prise de corticoïdes : l'insuffisance surrénalienne aiguë. Ce risque existe et n'est pas anecdotique. Lors du suivi longitudinal des cyclistes élites de la Fédération française de cyclisme, il a été mis en évidence la présence d'un nombre non négligeable d'insuffisances surrénaliennes vraies (cortisol indosable, absence de réponse au synacthène) [14]. Ainsi, sur 475 cyclistes élites suivis entre janvier et juillet 2001, 28 sur 475 soit 6 % avaient des cortisolémies basses (inférieures à la moyenne moins deux déviations standards du kit de dosage utilisé). Plus grave, sur les 28 cyclistes, 8 des 15 sujets qui ont accepté la réalisation d'un test au synacthène afin d'apprécier la profondeur de l'insuffisance surrénalienne avaient une insuffisance surrénalienne vraie (cortisol bas et non stimulable par le synacthène). Les mêmes résultats ont été retrouvés lors du suivi longitudinal de la Fédération française de cyclisme en 2002.

Les effets de l'administration chronique de corticoïdes sur la production endogène de cortisol sont bien décrits dans la littérature. Surtout, et c'est ce qui doit justifier le maintien des glucocorticoïdes sur la liste des produits interdits, cette suppression a été documentée pour de petites doses de corticoïdes. Ainsi, Henzen et al. [15] ont mis en évidence une insuffisance surrénalienne chez 45 % des sujets qui avaient reçu une corticothérapie courte (< 1 mois) par voie générale à des doses supérieures ou égales à 25 mg d'équivalent prednisone. Broide et al. [5] et Kannisto et al. [21] ont trouvé respectivement 25 et 35 % d'insuffisances surrénaliennes frustes chez des enfants asthmatiques traités par corticoïdes inhalés. La durée de freination de l'axe hypothalamohypophysosurrénalien varie de deux à quatre semaines pour des doses équivalentes à 25 mg d'équivalent prednisone (doses faibles) mais peut atteindre plusieurs mois.

Le plus souvent le dysfonctionnement de l'axe corticotrope est infraclinique et pourrait expliquer certaines diminutions de performance qui passent inaperçues chez un sportif de haut niveau avec des charges d'entraînement et/ou de compétitions importantes. Mais, en cas de stress surajouté (infection, traumatisme nécessitant une intervention chirurgicale…), il existe un vrai risque d'insuffisance surrénalienne aiguë avec mise en jeu du pronostic vital.

En conclusion, il existe des preuves d'un effet ergogène des GC chez l'animal, tandis que chez l'Homme cette suspicion repose surtout sur des hypothèses de physiologie (effets physiologiques des GC). Il reste à mener des études adaptées pour le démontrer. Il est en effet difficile de croire que les GC représentent le produit le plus fréquemment retrouvé lors des contrôles antidopages sans qu'ils aient un quelconque effet sur la performance (et/ou la récupération).

En revanche, les risques pour la santé des sportifs utilisant les GC sont bien démontrés. Ce qui dans tous les cas justifie le maintien des GC sur la liste des produits interdits par le Code mondial antidopage.

Dopage par les stéroïdes anabolisants
Produits

Les stéroïdes anabolisants sont des dérivés de synthèse de la testostérone dont les modifications chimiques ont réduit les effets androgéniques au profit des effets anabolisants. Néanmoins, toutes les substances utilisées possèdent un effet anabolique et un effet androgénique : aucune n'est entièrement sélective. Ainsi, si la molécule de référence, la testostérone, a un ratio anabolique/androgénique de 1, celui de la nandrolone est de 6 et celui du stanozolol est de 30.

Les utilisateurs de stéroïdes anabolisants consomment en général des doses très élevées : 600 à 1000 mg de testostérone (ou dérivés) administrés par semaine (contre une production endogène de testostérone de 50 mg/semaine chez l'homme), avec prise simultanée de plusieurs stéroïdes anabolisants (par voie orale et parentérale), par cycles de six à huit semaines.

Chiffres

2,5 à 2,7 % des jeunes adultes américains ont au moins une fois dans leur vie utilisé des stéroïdes anabolisants. Le problème ne touche pas que les États-Unis puisque sur une étude internationale la prévalence est de 1 à 3 % pour les adolescents en secondaire.

Dans la communauté des bodybuilders et adeptes de salles de musculation, les chiffres passent à 15–30 %. Plus grave, deux tiers des utilisateurs de stéroïdes anabolisants sont des sportifs amateurs qui utilisent ces substances pour des raisons esthétiques plutôt que pour augmenter leurs performances sportives. Ainsi, l'usage de stéroïdes anabolisants n'est pas confiné au sport professionnel. C'est maintenant un problème qui affecte une large population au niveau international, incluant des adolescents et des jeunes adultes.

Le dopage par stéroïdes anabolisants est-il efficace ?

Les résultats des études expérimentales démontrent sans équivoque l'effet anabolisant de ces stéroïdes. En 1996, Bhasin et al. ont réalisé une étude contre placébo, en double insu et randomisée, pour déterminer les effets séparés d'un entraînement de musculation et de doses pharmacologiques de testostérone sur la masse et la force musculaires [2]. Quatre groupes de sujets masculins non entraînés (19–40 ans) ont été constitués : pas d'entraînement vs entraînement, chacun des deux groupes bénéficiant soit d'injections de placébo soit d'injections de testostérone (agonistes de la GnRH + 600 mg d'énanthate de testostérone par semaine conduisant à une augmentation de 400 % de la testostéronémie) pendant dix semaines. Dans le groupe sans entraînement, le groupe testostérone a présenté un gain significatif de volume et de force musculaire par rapport au groupe placébo. Le groupe testostérone et entraînement a présenté un gain plus important de masse et de force musculaire que le groupe entraînement et placébo ou que le groupe testostérone seule. Ainsi, la testostérone augmente la masse, le volume et la force musculaire chez des sujets masculins eugonadiques. De plus, l'entraînement majore l'effet des androgènes sur le muscle.

Il existe par ailleurs un effet dose–réponse entre les doses de testostérone reçues et (i) les gains de masse, volume, force et puissance musculaires et (ii) la diminution de la masse grasse [3] ( Fig. 1). Si la testostérone augmente la puissance musculaire, elle n'améliore pas l'endurance musculaire (à noter toutefois des résultats à la limite de la signification, p = 0,06) ni la qualité contractile du muscle (force générée par chaque unité de volume musculaire) suggérant que les effets de la testostérone sont spécifiques à certaines caractéristiques de la performance musculaire mais pas à toutes. On ne sait pas si une telle relation dose–réponse existe chez la femme mais les résultats rapportés dans les dossiers des athlètes Est Allemandes laissent peu de place au doute. Par exemple, dans le cas de l'athlète identifiée sous le numéro de code 1/68, lanceuse de poids, l'augmentation des doses de Turinabol a permis d'augmenter sa distance de lancer de plus de trois mètres (la distance passait alors de moins de 17 mètres à plus de 20 m) [11].

Mécanismes d'action des androgènes

L'augmentation de la masse musculaire induite par la testostérone est associée à une augmentation de la surface de section du muscle (hypertrophie des fibres musculaires) et non pas à une augmentation du nombre de fibres musculaires. Comme le ratio entre la taille des myofibrilles et le nombre de noyaux doit être maintenu constant, il y a aussi augmentation du nombre de myonuclei, grâce à la mobilisation des cellules satellites. Ces cellules satellites sont disposées à la périphérie des fibres musculaires et sont considérées comme des myoblastes potentiels qui, lorsqu'elles sont stimulées (par la testostérone et l'IGF-I intramusculaires, par exemple), se différencient en nouvelles cellules musculaires.

Ces effets anaboliques de la testostérone, en particulier musculaires, sont médiés par la liaison préalable de la testostérone à son récepteur. Pendant longtemps, la question de savoir si l'effet musculaire de la testostérone à doses supraphysiologiques passait par le récepteur aux androgènes est restée ouverte car on pensait que ces récepteurs étaient saturés à des doses physiologiques de testostérone. Néanmoins, des études récentes montrent que le nombre de récepteurs aux androgènes peut être up-régulé lors d'un entraînement de musculation [1] et/ou lors de l'exposition à des stéroïdes anabolisants [20]. La liaison de la testostérone à son récepteur induit la prolifération des cellules satellites disposées à la périphérie des fibres musculaires. Et il a été récemment montré que les cellules satellites et les myonuclei sont dans le muscle les sites prédominants d'expression du récepteur aux androgènes [28]. De plus, le traitement de ces cellules satellites par de la testostérone est associé à une augmentation des récepteurs aux androgènes in vitro et in vivo [28]. Enfin, la testostérone agit aussi en stimulant directement la production d'IGF-I intramusculaire ( Fig. 2).

dopage par stéroïdes anabolisants et risques pour la santé des sportifs

La plus large expérience « d'expérimentation » à doses pharmacologiques vient des pays de l'ex-Allemagne de l'Est avec un programme de dopage clandestin et scientifique supporté par le gouvernement afin d'améliorer les performances. Avec la chute du mur, des documents antérieurement secrets ont montré que les stéroïdes anabolisants avaient été administrés à des milliers de sportifs depuis le milieu des années 1960 et dans un nombre croissant de disciplines [11]. Ces documents (thèses doctorales, rapports scientifiques des médecins de la STASI) contenaient des rapports détaillés des effets secondaires. Actuellement, le nombre d'informations s'élargit du témoignage d'anciens athlètes qui sortent de l'ombre pour rapporter les dommages apportés à leur santé.

Les effets secondaires endocriniens liés à la prise de stéroïdes anabolisants concernent principalement la fonction gonadique. Dans les deux sexes, la prise de stéroïdes anabolisants induit un hypogonadisme hypogonatrope par suppression dose–dépendante des gonadotrophines hypothalamiques et hypophysaires.

Effets chez l'homme

Cet hypogonadisme hypogonadotrope se traduit par une atrophie testiculaire, une gynécomastie et des modifications de la libido. L'infertilité avec oligo ou azoospermie (associée à des anomalies de la motilité et de la morphologie des spermatozoïdes) résulte de la suppression des gonadotrophines hypophysaires mais aussi d'un effet suppressif local de l'excès d'androgènes sur le testicule [16].

Parmi les autres effets secondaires bien documentés, il faut rappeler l'apparition fréquente d'une gynécomastie par aromatisation périphérique des androgènes en estradiol. C'est pourquoi certains utilisateurs rajoutent à leur cocktail de stéroïdes anabolisants du tamoxifène afin de prévenir la survenue d'une gynécomastie. Pendant la prise de stéroïdes anabolisants et au décours de la prise de ces stéroïdes, le profil biologique associe FSH et LH plasmatiques basses voire indosables, augmentation ou diminution de la testostéronémie, augmentation de la concentration plasmatique d'estradiol. Le test de stimulation à la LH-RH est généralement non réactif. La réactivité testiculaire à la stimulation par la LH (test à l'HCG) est nulle.

Cet hypogonadisme est réversible après l'arrêt des stéroïdes anabolisants. Mais la restauration de l'activité de l'axe gonadotrope, de la production de testostérone endogène et de la spermatogénèse nécessite généralement entre 3 et 12 mois [18]. Il faut insister sur le fait que ces effets s'aggravent avec l'importance des doses prises et leur durée.

Les relations entre prise de stéroïdes anabolisants et cancer de la prostate ne sont pas clairement établies. Jin et al. [19] ont mesuré la taille de la prostate en utilisant une technique de référence (planimétrie en 3D par ultrasons par voie transrectale) chez des utilisateurs de stéroïdes anabolisants (durée moyenne d'utilisation : 18 mois). Ces sujets avaient tous des concentrations plasmatiques de testostérone, FSH et LH diminuées et une estradiolémie augmentée (en revanche, la taille testiculaire était normale). Par rapport à des sujets contrôles, le volume prostatique et les valeurs de PSA (antigène prostatique spécifique) étaient normales. En revanche, il existait une augmentation significative du volume central de la prostate et un ratio volume central/volume périphérique de la prostate augmenté. Ces résultats mettent donc en évidence une croissance de la partie centrale mais pas de l'ensemble de la prostate après prise de stéroïdes anabolisants. Sachant que le cancer de la prostate a plutôt pour point de départ la partie périphérique (postérieure) de la prostate, ces résultats suggèrent que la prise de stéroïdes anabolisants (durée moyenne 18 mois) ne conduirait pas à un risque accru de cancer de la prostate. Ces résultats rejoignent ceux d'autres études. Ainsi, Bhasin et al. n'avaient pas mis en évidence de changements des valeurs de PSA après administration de 600 mg d'énanthate de testostérone pendant dix semaines [2]. Il faut bien reconnaître qu'on ignore actuellement dans quelle mesure les utilisateurs chroniques de stéroïdes anabolisants ont vraiment un risque augmenté de cancer à long terme.

Une seule publication établit un lien potentiel entre cancer testiculaire et prise au long cours de stéroïdes anabolisants [12]. Il s'agit du cas d'un haltérophile de haut niveau de l'ex-Allemagne de l'Est, âgé de 32 ans, qui neuf ans après l'arrêt de sa carrière sportive et de la prise de stéroïdes anabolisants à fortes doses a présenté un léiomyosarcome intratesticulaire (dont on sait que la latence d'induction après radiothérapie est de dix ans). Les auteurs suggèrent que des doses élevées de stéroïdes anabolisants auraient pu jouer un rôle de cocarcinogène dans le développement de ce léiomyosarcome intratesticulaire.

Effets chez la femme

Les signes spécifiques sont hirsutisme, pilosité faciale, raucité de la voix, hypertrophie clitoridienne, troubles du cycle avec oligoménorrhée ou aménorrhée, atrophie mammaire et calvitie de type masculin. Ce qui est plus grave chez la femme, c'est que même après l'arrêt des stéroïdes anabolisants, certains de ces changements peuvent rester permanents : voix grave, pilosité faciale, calvitie de type masculin.

S'il y a beaucoup moins d'articles publiés sur prise de stéroïdes anabolisants et reproduction chez la femme que chez l'homme, la publication de certains des dossiers de la STASI met en évidence l'importance des complications induites par la prise de stéroïdes anabolisants à fortes doses : nombreux cas de virilisation, de syndromes des ovaires polykystiques avec inflammation kystique récurrente. Dans certains cas, des athlètes féminines ont changé de sexe consécutivement à la prise continue d'androgènes. Enfin, la prise de stéroïdes anabolisants contre-indique une grossesse car alors le risque tératogène est élevé avec possibilités de malformations du fœtus. Dans les dossiers de la STASI, on peut lire : « Dans le cas de grossesse malgré la contraception obligatoire : l'ordre d'avorter dans tous les cas était donné ».

Dans les deux sexes, il existe d'autres risques à long terme associés à la prise prolongée de stéroïdes anabolisants.

Les effets secondaires hépatiques peuvent aussi être graves, induisant des adénomes et des adénocarcinomes (ils surviennent surtout avec la prise de stéroïdes alkylés en 17α). Un travail récent [29] rapporte deux cas bien documentés de bodybuilders qui ont développé des adénomes hépatocellulaires après utilisation de stéroïdes anabolisants. Ces tumeurs bénignes peuvent nécessiter un geste chirurgical si une hémorragie aiguë survient avec risque d'hémopéritoine car il s'agit de tumeurs très vascularisées contenant de multiples sinusoïdes à paroi vasculaire fine et dans lesquels la pression est exclusivement artérielle. De plus, le diagnostic différentiel avec un hépatocarcinome n'est pas toujours facile. Enfin, même si ce risque est discuté, une possible dégénérescence en hépatocarcinome ne peut être exclue.

Les autres risques à long terme concernent principalement le système cardiovasculaire (hypertension artérielle, hypertrophie ventriculaire gauche de type concentrique, ischémie myocardique… responsables de troubles du rythme et de mort subite) [30]. Il faut aussi ajouter d'autres effets : apnées du sommeil, dyslipidémies, intolérance au glucose et insulinorésistance, troubles psychiatriques (addiction, « stéroïde rage »).

Conclusion

Par rapport à un groupe témoin du même âge (40–50 ans), la mortalité chez les utilisateurs de stéroïdes anabolisants est multipliée par 4,6 pendant les 12 ans de suivi [24]. Dans une étude chez la souris comportant six mois d'administration de stéroïdes anabolisants, (ce qui correspond approximativement à 15 ans chez l'homme), 35 % des animaux étaient morts après un an (vs 12 % chez les contrôles).

Dans l'ex-Allemagne de l'Est, entre 500 et 1000 hommes et femmes pourraient bénéficier d'une compensation de 3000 euros par an. En effet, il est reconnu officiellement — étatiquement — que la prise de stéroïdes anabolisants de façon continue depuis un jeune âge et pour un temps très prolongé a ruiné leur santé.

Références

[1]
Bamman MM, Shipp JR, Jiang J, et al. Mechanical load increases muscle IGF-I and androgen receptor mRNA concentrations in humans. Am J Physiol 2001;280:E383-E390.
[2]
Bhasin S, Storer TW, Berman N, et al. The effects of supraphysiologic doses of testosterone on muscle size and strength in normal men. N Engl J Med 1996;335:1-7.
[3]
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