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Journal de Gynécologie Obstétrique et Biologie de la Reproduction
Vol 36, N° 7  - novembre 2007
pp. 642-652
Doi : 10.1016/j.jgyn.2007.01.007
Received : 30 mars 2005 ;  accepted : 16 janvier 2007
Le syndrome prémenstruel : revue générale
An overview of premenstrual syndrome
 

F. Zaafrane [1], R. Faleh [2], W. Melki [1], M. Sakouhi [2], L. Gaha [1]
[1] Service de psychiatrie, CHU de Monastir, 5019 Monastir, Tunisie
[2] Service de gynécologie–obstétrique, CHU de Monastir, 5019 Monastir, Tunisie

Tirés à part : F. Zaafrane

Auteur correspondant.

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Résumé
Objectifs

L'objectif de ce travail est de faire le point au vu des données de la littérature sur : la place nosographique, la définition, l'épidémiologie, le diagnostic, l'évaluation, les hypothèses étiologiques et les traitements du syndrome prémenstruel.

Matériel et méthode

Revue exhaustive de la littérature après consultation de la banque de données bibliographiques Medline, par les mots clés : premenstrual ; syndrome.

Résultats

Le syndrome prémenstruel (SPM) est un ensemble de symptômes somatiques, affectifs et comportementaux apparaissant avant les règles et disparaissant avec elles. Cet ensemble symptomatique toucherait approximativement 75 % des femmes en âge de procréer. La spécificité de ce syndrome tient à sa cyclicité, et à son intensité suffisamment sévère pour altérer significativement le fonctionnement personnel, social et professionnel. Son diagnostic est confirmé par une autoévaluation idéalement prospective pendant au moins deux cycles symptomatiques, mettant en évidence : une variété de manifestations physiques et psychologiques ; la répétition des manifestations apparaissant avant les menstruations et disparaissant complètement à la survenue des règles ; la constatation d'un intervalle asymptomatique d'au moins une semaine dans la période suivant les règles ; une sévérité suffisante pour altérer le fonctionnement global. Plusieurs hypothèses biologiques et psychosociales ont été avancées et débattues. Le consensus actuel renvoie à une vulnérabilité aux variations hormonales du cycle menstruel. Les traitements de la symptomatologie prémenstruelle sont variés, d'indications peu nettes, d'efficacité peu établie. Seuls le carbonate de calcium et les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) reposent sur des données scientifiques solides.

Conclusion

Le syndrome prémenstruel garde encore plusieurs inconnues en rapport avec sa prévalence, son étiologie et son traitement.

Abstract
Abstract

Premenstrual syndrome (PMS) is a recurrent disorder that occurs in the luteal phase of the menstrual cycle. It is characterized by intense physical, psychological, and behavioral changes that interrupt interpersonal relationships and disrupt the lives of affected women. Premenstrual syndrome is believed to affect 75% of women of childbearing age. Because no tests can confirm PMS, the diagnosis should be made on the basis of a patient-completed daily symptom calendar and the exclusion of other medical disorders. PMS symptoms occur during the luteal phase of the menstrual cycle and remit with the onset of menstruation or shortly afterward. The aetiology of PMS is still unknown uncertain, but are likely associated with aberrant responses to normal hormonal fluctuations during the menstrual cycle. A wide range of therapeutic interventions has been tested in the treatment of premenstrual symptoms. Most non-pharmacological interventions that have been proven efficacious require a series of interventions. If non-medical approaches are ineffective, drug therapy may be appropriate. Several pharmaceutics agents have been shown to relieve symptoms. Calcium carbonate and selective serotonin reuptake inhibitors have demonstrated excellent efficacy.


Mots clés : Syndrome prémenstruel , Définition , Prévalence , Diagnostic , Évaluation , Étiologies , Traitement

Keywords: Premenstrual syndrome , Definitions , Prevalence , Diagnosis , Evaluation , Causes , Management


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Introduction

Les troubles psychopathologiques touchant spécifiquement la femme suscitent actuellement de plus en plus d'intérêts en raison de leur forte incidence sur la qualité de vie des femmes et de leur fonctionnement et demeurent souvent banalisés, peu dépistés et insuffisamment traités.

Parmi, ces troubles, le syndrome prémenstruel occupe une place particulière.

En effet, le rapport entre menstruations et troubles mentaux a été relaté depuis l'antiquité et les répercussions des menstruations sur le fonctionnement psychique des femmes ont été étudiées depuis le XIX e siècle, relevant l'influence du cycle sur des pathologies mentales connues ou constatant la survenue de manifestations physiques ou psychiques durant la période prémenstruelle ou menstruelle même en l'absence de pathologies connues [1].

L'individualisation du syndrome prémenstruel date de quelques décennies seulement, avec la proposition de Frank [2], d'une première définition conceptuelle du trouble prémenstruel.

Le syndrome prémenstruel représente actuellement la symptomatologie fonctionnelle la plus fréquemment rencontrée chez les femmes en âge de procréer, touchant entre 70 à 90 % des femmes.

Il est caractérisé par la récurrence cyclique de certains symptômes physiques, psychologiques, et comportementaux, apparaissant dans les jours qui précèdent les règles et disparaissant au début ou au cours de la menstruation.

Ce groupement de plus de 100 symptômes prémenstruels [3], tient son caractère pathologique à son intensité suffisamment sévère pour altérer la vie des femmes [4].

Le SPM est actuellement appréhendé comme un trouble psychoneuroendocrinien complexe [5], de répartition universelle, mais variable dans sa fréquence, sévérité et expression symptomatique selon les cultures [6, 7 et 8].

Bien qu'il fasse actuellement l'objet d'un intérêt de plus en plus croissant, ce trouble garde néanmoins différentes inconnues en rapport avec sa prévalence, son étiologie et son traitement.

Historique et place nosographique

L'histoire du concept du SPM témoigne de l'évolution des connaissances médicales des rapports entre cycle menstruel, système nerveux central et santé mentale des femmes.

L'association entre troubles menstruels et pathologie mentale est très ancienne.

Dès le V–IV e siècle av. JC, le Corpus Hippocraticum fait de l'utérus « la cause de toutes les maladies des femmes ».

Les « sécrétions utérines » étaient considérées comme toxiques, et en cas de suppression du flux cataménial, le sang menstruel, par ses propriétés toxiques, pourrait créer un véritable empoisonnement de l'organisme et son afflux au cerveau pourrait entraîner de graves accidents nerveux [9].

Bien que la survenue et l'aggravation de troubles mentaux durant la période menstruelle, aient été rapportées par les aliénistes du XIX e siècle, ce n'est que vers la fin du XIX e siècle que sont apparues les premières descriptions du SPM.

En 1890, S. Icard rapporte de nombreuses observations cliniques et différencie déjà les symptômes essentiels du SPM : « La menstruation s'annonce pendant huit jours par des coliques, des picotements aux seins, des maux de tête. La fille devient méchante, irascible, furieuse à la moindre objection. L'époque terminée, tout rentre dans l'ordre » [10].

Chaslin en 1912, parle de « folie menstruelle » et classe les manifestations prémenstruelles dans les auto-intoxications génitales [11].

Les progrès de la médecine, au XX e siècle, les découvertes biologiques et l'évolution des connaissances en endocrinologie, ont emmené dans une perspective étiopathogénique et thérapeutique un regain d'intérêt aux manifestations prémenstruelles.

C'est ainsi, que la première définition conceptuelle a été proposée par Frank. Il était le premier à inventer le terme de « tension prémenstruelle » en 1931, pour désigner un ensemble symptomatique survenant en période prémenstruelle [2] qu'il rattache à une élévation du taux circulant de « l'hormone féminine ».

Dans les années 1950, différents auteurs de tendance psychanalytique, ont lié le SPM à l'existence d'hypothétiques processus de « somatisation » de conflits psychiques entraînant la conversion des tensions associées à ces derniers en symptômes physiques plus ou moins symboliques, et ont interprété les manifestations du SPM comme des « névroses récurrentes prémenstruelles » [12].

Le terme de syndrome prémenstruel a été employé en 1953 par Greene et Dalton [13].

Discutant la notion de tension prémenstruelle de Frank, ne voyant dans la tension qu'un élément d'un ensemble symptomatique de troubles ayant en commun un caractère chronologique, périodique et limité dans le temps, Greene et Dalton vont définir le syndrome prémenstruel par un ensemble de symptômes somatiques et psychiques. Ils ont décrit une trentaine de symptômes, traduisant globalement quatre catégories : les symptômes de rétention d'eau, les troubles cutanéomuqueux, les douleurs et enfin, les troubles psychiatriques.

En 1968, Moos [14], tient une approche polydimensionnelle du syndrome prémenstruel. Il a dénombré plus de 150 symptômes dans la littérature, qu'il a réparti en sous-groupes.

Halbreich et Endicott en 1982 [15], insistent sur la prédominance des troubles psychiatriques dans le SPM, constatent la forte comorbidité entre ce syndrome et les troubles de l'humeur et proposent le concept de changements prémenstruels, pour souligner son aspect polydimenstionnel.

La notion de SPM a été depuis adoptée et largement employée dans la presse médicale.

L'intérêt pour ce syndrome est de plus croissant et tiendrait vraisemblablement à l'augmentation de l'impact socioculturel de ce trouble et au profond changement des habitudes sexuelles des femmes [16].

L'Organisation mondiale de la santé et l'Association américaine de psychiatrie ont traduit cet intérêt pour le SPM, et ont contribué au développement de son évaluation et de son étude.

En effet, dès 1987, le DSM III R [17] a décrit une forme spécifique du SPM, caractérisée par sa périodicité et son expression symptomatique et dénommée « Trouble Dysphorique de la Phase Lutéale Tardive » classé dans la rubrique « Proposé des catégories diagnostiques qui ont besoin d'étude supplémentaire ». Ce diagnostic a évolué dans le DSM IV en 1994 [18] qui traduisant la sévérité de la symptomatologie psychiatrique et, notamment dysphorique du SPM, présente de façon préliminaire, des critères pour le trouble dysphorique prémenstruel qui toucherait de 3 à 5 % des femmes.

Quant à l'OMS, elle a dans la dixième révision de la classification internationale des maladies (CIM 10) [19] au chapitre « Douleurs et autres affections des organes génitaux de la femme et du cycle menstruel » inclus dans « Affections non inflammatoires de l'appareil génital de la femme » à la rubrique « Maladies de l'appareil génito-urinaire » sous le terme original proposé par Franck de syndrome de tension prémenstruel.

Définition

Il n'existe actuellement aucune définition consensuelle du SPM.

Les difficultés d'établir une définition du SPM tiennent aux caractéristiques mêmes du syndrome : la grande fréquence des symptômes, le caractère protéiforme, la dimension subjective des troubles, le caractère périodique et parfois inconstant de la symptomatologie, la contamination par d'autres pathologies s'aggravant durant la période prémenstruelle et la variabilité de ses répercussions sur fonctionnement global des sujets.

Le SPM a été en effet, diversement défini en fonction des études.

Défini largement, il est la constellation de symptômes psychologiques, comportementaux et physiques qui apparaissent durant la phase prémenstruelle ou lutéale du cycle menstruel et disparaissent après le début des règles [20].

Cette occurrence de symptômes devrait être [21] :

  • de sévérité suffisante pour perturber divers aspects de la vie ;

  • en rapport consistant et prévisible avec les menstruations.

En 1983, le National Institute of Mental Health définit le SPM par la constatation sur deux cycles menstruels consécutifs d'au moins une augmentation de 30 % de l'intensité de symptômes mesurée dans la phase folliculaire (entre les 5–10e jour du cycle) comparée à ceux mesurés dans la phase prémenstruelle (pendant les six jours avant les menstruations).

Cette définition a été surtout contestée par Anderson et al. [22] qui ont souligné le manque de précision de tels critères et la difficulté de quantifier en pratique la variation de 30 % de l'intensité des symptômes et par Steiner et Wilkins [23], qui estiment que l'augmentation de 30 % a peu de valeur discriminatoire [24]. Pour pallier cette insuffisance, ils proposent une augmentation de la symptomatologie de 50 % en phase prémenstruelle.

L'Association américaine de psychiatrie, a intégré dans sa troisième classification révisée [17] le trouble dysphorique associé à la période prémenstruelle, sous le terme de trouble dysphorique de la phase lutéale tardive (LLPDD) qu'elle a maintenu dans la dernière révision du manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV, 1995) [18], sous le terme de syndrome dysphorique prémenstruel (premenstrual dysphoric disorder, PMDD). (Tableau 1).

Au-delà de la définition du DSM-IV, qui met l'accent sur la composante thymique du SPM et qui passe sous silence l'existence d'autres sous-types de syndrome prémenstruel, dans lesquels les symptômes psychiatriques ne seraient pas au premier plan, le SPM devrait associer :

  • ensemble polysymptomatique de signes psychologiques et/ou physiques ;

  • intimement lié aux menstruations ;

    • survenant électivement et régulièrement avant les règles et cédant avec celles-ci ;

    • il doit exister un intervalle libre de tous symptômes d'au moins une semaine dans la période suivant les règles ;

  • de sévérité suffisante pour altérer le fonctionnement global ;

  • constant : dont le diagnostic est confirmé par une autoévaluation prospective pendant au moins deux cycles.

Épidémiologie

Les études épidémiologiques consacrées au SPM souffrent de :

  • l'absence de consensus concernant la classification critériologique ;

  • l'hétérogénéité des populations étudiées ;

  • la variabilité des outils d'évaluation.

Les travaux consacrés au SPM estiment la prévalence moyenne chez les femmes en âge de procréation entre 75 et 90 %. (Tableau 2).

Par rapport à l'âge, les symptômes prémenstruels débutent habituellement aux alentours de la vingtaine, mais les femmes ne consultent généralement à la recherche d'un traitement qu'au bout de dix ans d'évolution, en raison de l'aggravation de la symptomatologie dont l'intensité diminue généralement à la ménopause [18 et 34].

Diagnostic

Le syndrome prémenstruel peut associer plus d'une centaine de symptômes d'ordre somatique, cognitif, comportemental ou affectif [20 et 42].

Les plaintes les plus fréquentes se présentent sous forme d'une triade caractéristique :

  • tension mammaire : les seins sont tendus, sensibles, hypervascularisés, douloureux, pouvant gêner les mouvements du bras ;

  • tension abdominopelvienne : ballonnement abdominal plus ou moins prononcé, toujours gênant, souvent associé à une constipation, ou lourdeur pelvienne avec un inconfort du port des vêtements et prise de poids occasionnelle prémenstruelle ;

  • tension psychique : les troubles neuropsychiques les plus fréquents sont l'irritabilité, la labilité de l'humeur, l'humeur dépressive, l'anxiété, l'asthénie, des troubles du sommeil et du comportement alimentaire et des céphalées. Ces troubles affectifs s'accompagnent de modifications comportementales et intellectuelles, sont classiques et fréquents, à tel point que l'entourage peut souvent reconnaître à leur survenue l'imminence de la menstruation.

Plusieurs organismes ont développé des critères diagnostiques pour le SPM [19 et 43].

Ces critères reposent en général sur l'aspect chronologique : les symptômes du SPM se produisent seulement pendant la phase lutéale, culminent peu avant règles, et cessent pendant ou peu après le début de règles.

Ailleurs, parce que les symptômes du syndrome prémenstruel sont particulièrement variés et qu'il n'existe aucun test diagnostique spécifique, un trouble prémenstruel peut être méconnu ou confondu avec un autre trouble.

C'est ainsi, qu'avant de poser le diagnostic de SPM, il faut éliminer une grande gamme de troubles médicaux (l'anémie, l'hypothyroïdie, le diabète sucré, le syndrome de fatigue chronique, et l'endométriose), psychiatriques (la dépression majeure, la dysthymie, le trouble bipolaire, le trouble anxiété généralisée, et le trouble panique)⋯

Ailleurs, pour les femmes de la quarantaine, le syndrome prémenstruel devrait être distingué de plusieurs symptômes périménopausiques, tels que les douleurs, sensibilité de la poitrine, les céphalées et les troubles du sommeil [44].

D'un autre côté le syndrome prémenstruel doit être différencié de certains autres troubles qui peuvent être exacerbés pendant la phase menstruelle du cycle : les migraines, l'épilepsie, les colopathies, l'asthme, le syndrome de fatigue chronique, et les allergies [20 et 43].

Évaluation

La littérature consacrée au SPM est riche et variée dans les procédés diagnostiques et méthodes d'évaluations [20]. Budeiri et al. [3] ont dénombré 65 échelles d'évaluation différentes.

On peut distinguer d'une manière schématique deux types d'instruments : retrospectifs et prospectifs.

Échelles rétrospectives

Elles prédisposent à une surévaluation des troubles. La quantité des troubles est en général surestimée, le jugement de la patiente étant perturbé par l'inévitable transformation du souvenir.

Elles sont surtout représentées par :

  • the Premenstrual Tension Scale.

    Cette échelle élaborée par Steiner en 1980 [45] est constituée de deux parties, un questionnaire rempli par un cotateur externe et un autoquestionnaire rempli par la patiente ;

  • the Premenstrual Assessment Form (PAF – 95 items) :

    Il s'agit d'un autoquestionnaire de 95 items, élaboré en 1982, par Halbreich et al. [15].

  • the Menstrual Symptom Questionnaire, MSQ.

Échelles prospectives

Elles constituent la méthode idéale d'évaluation du syndrome prémenstruel, évitant les inexactitudes inhérentes aux estimations rétrospectives.

Elles présentent néanmoins l'inconvénient de produire des faux positifs par effet placebo, et d'être d'une compliance limitée.

Elles sont représentées essentiellement par le Menstrual Distress Questionnaire (MDQ) et les calendriers d'autoévaluation.

  • Le Menstrual Distress Questionnaire (MDQ – 47 items) [14].

    En 1968, Moos a sélectionné une liste de 47 items à partir de 150 symptômes retrouvés dans la littérature.

    Cette première échelle demeure un outil de référence dans un grand nombre d'études cliniques ;

  • les calendriers d'autoévaluation.

    Ils sont nombreux.

    • the Daily Rating Form (DRF) [46]. Il a été développé par Endicott, comme complément de la PAF. Il s'agit d'une autoquestionnaire prospectif qui reprend l'intégralité des symptômes du syndrome dysphorique prémenstruel du DSM-IV ;

    • the Calendar of Premenstrual Experiences (COPE) [47]. Il comporte 22 items ;

    • the Daily Rating of Severity of Problems (DRSP) [48] ;

    • the Daily Rating Scale (DRS) [49].

Il existe actuellement un consensus concernant l'évaluation diagnostique du syndrome prémenstruel [20] : « la présence de la configuration symptomatique cyclique doit être confirmée de manière prospective par des évaluations quotidiennes des symptômes pendant au moins deux mois. Les cotations des symptômes doivent être tenues à jour et non composés rétrospectivement de mémoire ».

Les estimations prospectives quotidiennes devraient démontrer une augmentation prémenstruelle dans la sévérité des symptômes. L'augmentation mesurée en pourcentage, se fait après avoir divisé le cycle menstruel en phases et comparé les scores du symptôme pour chaque phase.

Connolly [50] préconise dans l'évaluation du SPM de procéder à :

  • un interrogatoire complet, une revue de l'histoire de la maladie avec un examen physique ;

  • l'élimination de toute autre pathologie somatique ou psychiatrique ;

  • de procéder à une évaluation prospective des symptômes utilisant des questionnaires validés ou un calendrier pour au moins deux cycles menstruels ;

  • la mise en évidence d'une augmentation de la sévérité de la symptomatologie durant la phase prémenstruelle.

Étiologies

Parce que le SPM touche exclusivement les femmes en période de reproduction, à cycles ovulatoires menstruels, les facteurs hormonaux impliqués dans le contrôle du cycle menstruel ont longtemps été suspectés dans l'étiologie du SPM [51].

L'hypothèse de l'implication de la cyclicité ovarienne est confirmée par différentes études qui démontrent la suppression des symptômes prémenstruels par la suppression médicamenteuse ou chirurgicale de l'ovulation [52, 53, 54, 55, 56, 57, 58 et 59].

Le rôle des hormones sexuelles féminines était particulièrement étudié pour expliquer le SPM.

La progestérone plasmatique a fait l'objet d'un grand nombre de travaux qui trouvent pour certains chez les femmes présentant un SPM, un taux abaissé [60 et 61], pour d'autres le taux est inchangé [62 et 63] et parfois même augmenté [64] comparé aux femmes témoins asymptomatiques.

Ailleurs, l'excès en estrogènes et le déséquilibre du rapport estrogène/progestérone, suspectés dans l'étiopathogénie du SPM, n'ont pas été confirmés par différents travaux comparatifs [65].

Le consensus le plus large concerne le fait que la cyclicité ovarienne normale agirait comme un déclencheur au niveau du SNC et dans différents tissus cibles de différents événements biochimiques. Dans cette optique, le SPM est régi par un mécanisme psychoneuroendocrinien déclenché par les événements endocriniens du cycle ovarien [66] et résulte d'une vulnérabilité neurobiologique aux variations normales des stéroïdes sexuelles circulantes pendant le cycle menstruel [43].

En effet, bien que le niveau plasmatique de l'estradiol et de la progestérone soit comparable chez les femmes présentant un SPM que chez celles qui en sont indemnes, des différences ont été identifiées dans la réponse du système nerveux central aux variations normales dans ces hormones. La récurrence de la symptomatologie prémenstruelle constitue une réponse anormale aux changements hormonaux normaux [67].

Ailleurs, les fluctuations hormonales cycliques peuvent affecter et retentir sur les neurotransmetteurs et les neuropeptides, en menant au SPM chez les femmes biologiquement vulnérables.

De tous les neurotransmetteurs étudiés, la sérotonine semble être la plus incriminée dans le SPM et, notamment dans sa forme thymique représentée par le PMDD [68, 69 et 70].

Le PMDD, correspondant pour certains à une forme sévère du syndrome prémenstruel (SPM) est classé dans le DSM-IV [18] parmi les troubles de l'humeur non spécifiés.

Il partage beaucoup des traits avec les autres troubles de l'humeur [71 et 72]. Ses caractéristiques essentielles sont en effet, une humeur dépressive, une anxiété et une labilité émotionnelle marquées, ainsi qu'une diminution de l'intérêt pour les activités, se manifestant pendant la phase lutéale et cessant dans la phase folliculaire du cycle menstruel.

L'implication de la sérotonine est étayée par différentes études qui notent une diminution de la sérotonine plaquettaire durant la semaine précédant la menstruation chez les femmes souffrant de SPM [73] et soulignent la grande efficacité des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine dans la réduction des symptômes de la PMDD [74].

Des facteurs alimentaires ont été impliqués dans l'étiopathogénie du SPM. Il s'agit :

Les facteurs psychosociaux peuvent contribuer aussi aux symptômes prémenstruels. Les événements de la vie majeurs et les facteurs de stress journaliers influencent l'évolution et la sévérité du SPM. Les stress quotidiens sont dans ce sens plus incriminés que les traumatismes psychoaffectifs majeurs. Ce constat explique par ailleurs, la prévalence accrue de la symptomatologie prémenstruelle chez les femmes entre 30 et 40 ans soumises à des « stresseurs » tels que le mariage, le divorce, la prise en charge et l'éducation des enfants [83].

D'autres facteurs de risque sont incriminés dans la genèse du SPM.

Il s'agit de la prédisposition génétique : le SPM est deux fois plus fréquent chez les jumeaux homozygotes que chez les dizygotes [84 et 85].

La parité basse peut être associée avec un risque augmenté de SPM et PMDD, vraisemblablement parce que les femmes avec moins de grossesses ont plus de cycles menstruels et sont en conséquence plus exposées aux changements cycliques des estrogènes et progestérone [86].

Traitements

Le but du traitement dans le SPM est une réduction des symptômes et une amélioration du fonctionnement. Étant donné que les symptômes du syndrome prémenstruel (SPM) sont très variés et que la pathologénie de cette affection est mal connue, il est recommandé d'utiliser une approche personnalisée dans l'évaluation et le traitement de ce syndrome.

Les méthodes thérapeutiques sont nombreuses et sont surtout représentées par des conseils hygiénodiététiques et une chimiothérapie médicamenteuse.

Dans cette indication, il y a des preuves solides en faveur de l'usage du carbonate de calcium et des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine. Les preuves sont moins probantes pour les autres méthodes thérapeutiques [87].

Techniques psychothérapiques

  • La psychothérapie de soutien : il s'agit d'un accompagnement empathique, permettant un lieu de parole avec un interlocuteur neutre et bienveillant. Elle comporte un volet pédagogique (explication des troubles et des modalités de prise en charge) et un volet pratique avec des conseils d'hygiène de vie ;

  • les thérapies comportementales et cognitives et la relaxation : visent essentiellement à une réduction du stress dont l'impact sur la sévérité de la symptomatologie prémenstruelle est important [83]. Il s'agit surtout de l'apprentissage et de la pratique de technique de relaxation et de gestion du stress.

Elles s'adressent particulièrement aux femmes qui ne souhaitent pas prendre le médicament, et constituent un traitement adjuvant au traitement médical. [42 et 88]. L'impact de ce type de thérapie se traduit surtout par une amélioration marquée du fonctionnement familial et conjugal [89] et une réduction de la sévérité symptomatique [90 et 91].

Règles hygiénodiététiques

Pour améliorer le SPM, des recommandations simples peuvent être utiles.

Il s'agit de règles diététiques visant à réduire la consommation de nourritures salées, du sucre, de la caféine, du chocolat, de la viande rouge, des produits laitiers, et de l'alcool, au profit d'une alimentation riche en hydrates de carbone et en fibres, avec plus de fruits et de légumes.

Une hygiène saine de vie passe par :

  • une activité sportive régulière et modérée [92]. En effet, l'investissement dans une activité de loisir relaxante et la pratique de l'aérobic augmentent le taux des endorphines avec comme corollaire une amélioration de l'humeur [93].

  • l'instauration d'horaires réguliers concernant le sommeil et le travail [94].

Traitements médicamenteux

Les indications des traitements médicamenteux sont représentées par les formes sévères non améliorées par les thérapies non pharmacologiques [43].

Antidépresseurs

L'efficacité des antidépresseurs et surtout des ISRS dans le SPM est fortement démontrée [95]. Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine sont des nouveaux antidépresseurs, se distinguant par leur bonne tolérance et par la spécificité de leur mécanisme d'action permettant en inhibant la recapture de la sérotonine dans la fente synaptique de corriger les anomalies de la neurotransmission sérotoninergique sous-tendues par les variations hormonales durant le cycle ovarien [96]. Tous les ISRS seraient efficaces dans cette indication, améliorant les symptômes affectifs et physiques et la plupart des cliniciens considèrent les antidépresseurs comme une thérapie de première intention pour les malades souffrant de SPM avec symptômes dépressifs marqués [48, 97, 98 et 99].

Anxiolytiques

L'alprazolam peut être efficace pour diminuer l'irritabilité et l'anxiété durant la phase prémenstruelle. Néanmoins compte tenu du risque de dépendance, l'usage de ces molécules doit être restreint, à des doses minimes et limitées à la phase lutéale [43].

Contraceptifs oraux

Ils tiennent leur indication dans le SPM à leur capacité à supprimer l'ovulation et peuvent offrir un équilibre hormonal optimal soulageant les symptômes prémenstruels pour quelques femmes [100]. Ils sont indiqués en cas de prédominance de symptômes physiques [43], et dans ce cadre les contraceptifs triphasiques seraient plus efficaces que les monophasiques [101].

Progestérone

L'indication de la progestérone dans le traitement de la SPM était sous-tendue par la constatation d'une baisse de son taux plasmatique dans ce syndrome [61].

Les études actuelles n'ayant pas confirmé la constance de ce constat, la validité scientifique de cette indication est actuellement remise en cause [102].

Agonistes GnRH

Plusieurs agonistes GnRH se sont avérés efficaces dans le traitement du SPM avec une résolution complète des symptômes durant la thérapie [53 et 103]. Ils réduisent la symptomatologie émotionnelle et physique du SPM, mais seraient d'un intérêt limité en cas de PMDD [53 et 104]. Leur mécanisme d'action tient à leur capacité de provoquer une désensibilisation pituitaire à la GnRH. La LH et la FSH diminuent, avec une baisse des estrogènes et des progestatifs à des valeurs similaires à ceux retrouvés en cas de ménopause [105].

Autres médicaments traitant des symptômes spécifiques

  • Danazol : il était indiqué dans la migraine prémenstruelle [106] ;

  • diurétiques : la rétention d'eau contemporaine de la période prémenstruelle pourrait être améliorée par les diurétiques. Dans cette indication, la spironolactone est la plus utilisée [107] ;

  • bromocriptine : son usage était sous-tendu par l'éventuelle augmentation du taux et de la sensibilité de la prolactine en cas de SPM [93]. Différentes études montrent l'absence d'amélioration de la symptomatologie générale du SPM par la bromocriptine [108].

    Sa seule indication semble être la mastalgie cyclique sévère [108 et 109] ;

  • les anti-inflammatoires non stéroïdiens : sont efficaces pour le traitement de la dysménorrhée et des céphalées [110].

Thérapies alternatives

Elles sont essentiellement représentées par les suppléments diététiques. L'argument scientifique est peu établi, compte tenu de l'absence d'études rigoureuses dans ce cadre [111].

Vitamine B6

Son utilisation dans le SPM découle de ses propriétés comme cofacteur dans la synthèse de la sérotine, et ses relations avec la prolactine, sa baisse entraînant des taux élevés de prolactine avec comme conséquences l'œdème et les symptômes psychologiques associés au SPM [112].

Les études d'efficacité de cette vitamine dans le SPM sont cependant équivoques [111 et 113].

Calcium

À la dose de 1200 mg/j, son efficacité est démontrée sur la dépression, la rétention d'eau, la tendance boulimique, la fatigue et l'insomnie. Dans une étude contrôlée randomisée multicentrique, englobant 497 femmes, il a été démontré que le supplément calcique sous forme de 1200 mg de carbonate de calcium délivré durant trois cycles améliorait significativement la symptomatologie prémenstruelle, entraînant en effet une réduction de 48 % de l'intensité symptomatique [114].

Magnésium

Prescrit à doses de 200 mg à 400 mg par jour, le magnésium peut être utile pour soulager des symptômes prémenstruels [115].

Manganèse

Il a été incriminé dans l'étiologie du SPM et des autres désordres menstruels et le supplément en manganèse améliore la symptomatologie prémenstruelle [78].

Vitamine E

Lorsqu'elle est administrée à des doses jusqu'à 600 UI par jour, la vitamine E serait efficace, améliorant l'humeur et réduisant les symptômes physiques du SPM [116].

Produits végétaux

Plusieurs produits sont utilisés dans le SPM, malgré que leur efficacité soit réfutée dans quelques cas et contestable dans la plupart [117 et 118].

Acupuncture

L'acupuncture est parfois utilisée dans le SPM [119].

Conclusion

Le SPM est un trouble neuroendocrinien complexe, se manifestant par des différents troubles somatiques, psychologiques et comportementaux se déclarant avant les règles et disparaissant avec elles.

Il s'agit de la symptomatologie fonctionnelle la plus fréquente chez les femmes en âge de procréation, elle touche en moyenne 75 % des femmes.

Son approche diagnostique est facilitée par les échelles d'évaluation prospective.

Sa physiopathologie reste très incertaine. L'hypothèse étiologique la plus consensuelle renvoie à une vulnérabilité neurobiologique aux variations normales des stéroïdes sexuelles circulantes pendant le cycle menstruel.

Au niveau thérapeutique, en l'absence de consensus, les formes peu sévères sont une indication à des approches psycho-éducatives ou psychothérapeutiques et au carbonate de calcium, alors que les formes graves et invalidantes, marquées surtout par la prévalence de symptômes psychiatriques, devraient bénéficier de chimiothérapie antidépressive par les IRS.

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