Dysfonction érectile dans la polyarthrite rhumatoïde et le rhumatisme psoriasique - 02/12/25
, R. Fakhfakh, D. Khalifa, H. Hachfi, K. Baccouche, N. El Amri, E. BouajinaRésumé |
Introduction |
La dysfonction érectile (DE) est une complication fréquente et souvent sous-estimée chez les patients atteints de polyarthrite rhumatoïde (PR) et de rhumatisme psoriasique (RPso). L’inflammation chronique, l’atteinte vasculaire et certains traitements de fond (DMARDs, biothérapies) pourraient influencer la fonction érectile. Toutefois, les rôles respectifs des comorbidités cardiovasculaires et des traitements demeurent mal définis.
Patients et méthodes |
Étude transversale monocentrique incluant les patients suivis pour PR et RPso. Les données cliniques, thérapeutiques et les comorbidités (HTA, diabète, dyslipidémie, hyperplasie bénigne de la prostate) ont été recueillies. La DE a été évaluée par le score IIEF, avec classification en grades de sévérité : pas de DE (21–25), DE légère (16–20), DE modérée (11–15) et DE sévère (5–10). Les analyses statistiques étaient réalisées par le logiciel SPSS.
Résultats |
Cinquante et un dossiers ont été colligés dont 42 PR et 9 RPso. Quarante-six patients (90,2 %) étaient traités par méthotrexate (dose moyenne 13,62 mg/sem, durée moyenne 5,18 ans) ; 19 (37,3 %) recevaient une biothérapie (infliximab, certolizumab, tocilizumab ou rituximab) et 27 (52,9 %) prenaient une corticothérapie (dose moyenne de prednisone 5,80 mg/j). Les comorbidités comprenaient : hypertension artérielle (21,6 %), diabète (9,8 %), dyslipidémie (9,8 %) et hyperplasie bénigne de la prostate (5,9 %). Les habitudes de vie incluaient le tabagisme (34,7 %) et la consommation d’alcool (18,4 %). Tous les patients ayant complété l’IIEF, 48 % présentaient une DE : légère (30 %), modérée (2 %) ou sévère (16 %). Pour la PR, 45,2 % n’avaient pas de DE et 19 % avaient une DE sévère. Pour le RPso, 77,8 % n’avaient pas de DE et 22,2 % avaient une DE légère. L’âge était fortement corrélé à une DE plus sévère (r = −0,507 ; p < 0,001). Les scores médians de DE étaient moins élevés dans RPso (20 versus 25 dans la PR, p = 0,03). Les comorbidités cardiovasculaires (HTA, diabète, dyslipidémie) et l’usage de bêtabloquants étaient fortement intercorrélés ( p < 0,01), mais aucune n’a montré d’association indépendante robuste avec la DE après ajustement. Aucune corrélation n’était trouvée avec l’activité de la PR ou le RPso. Ni l’exposition au méthotrexate (r = 0,086 ; p = 0,547), ni la dose ou la durée de traitement, ni l’utilisation d’une biothérapie n’étaient significativement associés au score IIEF.
Conclusion |
Plus que la moitié des patients PR et 22 % des RPso avaient une DE, principalement déterminée par l’âge et les facteurs cardiovasculaires, sans effet direct démontré de l’activité de la maladie, du traitement par méthotrexate ou des biothérapies. Un dépistage systématique et une prise en charge globale des facteurs de risque cardiovasculaires devraient être intégrés au suivi de ces patients pour améliorer leur qualité de vie sexuelle et réduire leur risque vasculaire global. Des études plus robustes et à plus grande échelle. sont nécessaires.
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Vol 92 - N° S1
P. A185 - décembre 2025 Retour au numéroBienvenue sur EM-consulte, la référence des professionnels de santé.
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