Myélite à Cladophialophora bantiana - 16/06/16
, R. Nove Josserand 3, Q. Reynaud 3, F. Persat 1, M. Wallon 1, 2, I. Durieu 3Riassunto |
Nous rapportons le cas d’une myélite à Cladophialophora bantiana chez une patiente transplantée pulmonaire.
Il s’agit d’une patiente de 35ans, suivie aux Hospices Civils de Lyon pour une mucoviscidose, diabétique insulinodépendante, greffée bipulmonaire en 2003 avec insuffisance rénale post-transplantation. Ses antécédents infectieux récents comportent un épisode de grippe sévère en mars 2013 avec complications pulmonaires (notamment infection à Absidia sp., traité par Ambisome), rénales et hépatiques d’évolution favorable après 4 mois de Réanimation.
Une paraplégie progressivement complète apparaît en automne 2013, avec découverte à l’IRM d’une lésion expansive située en regard de T10, T11, T12 mesurée à 40×10mm et d’une lésion cérébelleuse gauche. Finalement une biopsie médullaire sur la lésion médullaire identifiée révèlera de très nombreux mycéliums septés à l’examen direct. Les cultures sur milieu de Sabouraud montraient des colonies noires floconneuses. L’aspect microscopique était compatible avec Cladophialophora sp., l’espèce bantiana étant suspectée du fait de la localisation. Le séquençage confirmait l’identification de Cladophialophora bantiana.
Dans ce contexte d’immunodépression le traitement antifongique instauré reposait sur une triple association d’Ancotil®, d’Ambisome® et de Noxafil® longue durée. Malgré une diminution de la lésion à l’IRM, aucune récupération n’était observée. La bonne tolérance au traitement et la stabilité de l’état de la patiente permit néanmoins une hospitalisation à domicile. La patiente décèdera un an plus tard des suites d’un accident vasculaire cérébral.
Cladophialophora bantiana est classiquement associé à des abcès cérébraux mais nous rapportons ici, à notre connaissance le deuxième cas de myélite. Près de 80 % des cas surviennent chez des patients immunocompétents, majoritairement en zones subtropicales. La patiente ne présentait aucune notion de voyage, suggérant une acquisition en France. Avec un taux de survie inférieur à 30 %, les phæo-hyphomycoses à C. bantiana sont mortelles, le cas rapporté ici est exceptionnel de par la survie prolongée de la patiente sous triple association d’antifongiques mais aussi de par sa localisation.
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Vol 26 - N° 2
P. e26-e27 - giugno 2016 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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