Enzalutamide (Xtandi®) et interférence analytique lors du dosage de la digoxinémie - 18/08/16
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Riassunto |
Introduction |
L’enzalutamide (Xtandi®), inhibiteur de la voie de signalisation des récepteurs aux androgènes, est un médicament indiqué dans le traitement du cancer métastatique de la prostate et commercialisé depuis juin 2013. Nous rapportons ici 2 cas d’élévation de la digoxinémie chez des patients traités par enzalutamide.
Cas rapportés |
Le 1er patient, un homme de 84ans, traité habituellement par enzalutamide, est hospitalisé pour une altération de l’état général. Une fibrillation auriculaire lente non connue est découverte et un traitement par digoxine est instauré. Au cours de l’hospitalisation, une digoxinémie suprathérapeutique (4 μg/L) conduit à la suspension du traitement. Le résultat du dosage de contrôle effectué 3jours plus tard étant toujours très élevé (3,5μg/L), l’arrêt définitif de la digoxine est décidé malgré l’absence de signe clinique ou paraclinique de surdosage. Le traitement par enzalutamide est également interrompu temporairement et le patient sort après 43jours d’hospitalisation. Le 2e patient, un homme de 84ans habituellement traité par digoxine (125μg/j) et enzalutamide (160mg/j), est hospitalisé pour altération de son état général. La concentration plasmatique de digoxine à l’admission est égale à 2,8μg/L. Malgré l’arrêt immédiat du traitement, une augmentation des digoxinémies est observée à j3 puis j7 (respectivement 3 et 3,6μg/L). Cependant aucun élément clinique ou paraclinique n’est cependant en faveur d’un surdosage : la kaliémie est normale (4,5mmol/L), la fonction rénale est normale (créatininémie 65μmol/L), le patient est asymptomatique et l’ECG est inchangé. L’hypothèse d’une possible interférence analytique lors du dosage plasmatique de la digoxine est donc évoquée par le CAPTV qui conseille un contrôle dans un 2e laboratoire.
Méthode |
La digoxine a été dosée par immunochimiluminescence (CMIA®, Abbott) dans les 2 laboratoires. L’étude d’interférence a été faite par ajout d’enzalutamide sur un plasma témoin (EFS) à différentes concentrations (1, 10, 20, 40mg/L) à partir d’une capsule molle de Xtandi® (40mg) diluée dans 10mL de méthanol. La recherche d’enzalutamide dans le plasma du patient 2 a été effectuée par CLHP-UV/BD.
Résultats |
La digoxinémie à j7 pour le patient 2 est identique dans les deux laboratoires (3,5 vs 3,6μg/L). L’enzalutamide est identifié dans le plasma du patient de même qu’un autre produit de même spectre UV correspondant très vraisemblablement au métabolite N-déméthylé. Les ajouts d’enzalutamide sur le plasma vierge montrent une positivité pour les concentrations 40, 20 et 10mg/L avec des pseudo-digoxine respectivement égales à 2,73, 1,57 et 0,71μg/L. La réponse est négative (<0,3μg/L) pour la surcharge à 1mg/L.
Conclusion |
Nos résultats mettent en évidence une interférence analytique de l’enzalutamide sur le dosage de la digoxine avec la méthode CMIA. La digoxinémie chez un patient traité par enzalutamide (concentration thérapeutique : 23–28mg/L [1]) n’est donc pas interprétable et ne peut être utilisé pour la surveillance du traitement. Il est nécessaire de prendre en considération cette interférence avant d’introduire la digoxine chez ces patients. Une analyse avec d’autres méthodes de dosage de la digoxine est envisagée.
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Vol 28 - N° 3
P. 242-243 - settembre 2016 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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