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Mésusage et dépendance au fentanyl transmuqueux : résultats de 3 années de surveillance en France - 01/03/17

Doi : 10.1016/j.therap.2016.11.003 
Valérie Gibaja 1, 2, , Juliana Tournebize 1, 2, Lucie Javot 1, 2, Dominique Seyer 3, Jean-Pierre Kahn 4
1 CEIP–Addictovigilance, CHRU de Nancy, 29, avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, CO 6034, 54035 Nancy, France 
2 French Addictovigilance Network (FAN), centre régional de pharmacovigilance, laboratoire de pharmacologie clinique et toxicologie, hôpital central, CHRU de Nancy, 29, avenue du Maréchal-de-Lattre-de-Tassigny, CO 6034, 54035 Nancy, France 
3 Direction régionale du service médical du Nord-Est, Nancy, France 
4 Université de Lorraine et CEIP–addictovigilance, Nancy, France 

Auteur correspondant.

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Riassunto

Introduction

En France, les formes transmuqueuses de fentanyl d’action rapide (FTAR) sont uniquement indiquées dans le traitement des accès douloureux paroxystiques chez des patients adultes cancéreux recevant un traitement de fond morphinique. Particulièrement actif (100 fois plus que la morphine), le fentanyl, utilisé dans des formes d’action rapide, expose à 2 risques majeurs : l’abus/dépendance et l’utilisation hors AMM. L’ANSM a donc mis en place en 2009 un suivi national de pharmaco- et d’addictovigilance pour ces FTAR. Nous présentons les résultats de ce suivi alors que la littérature internationale rapporte une importante augmentation de la prescription d’opioïdes dans le traitement des douleurs chroniques non cancéreuses (DCNC) et des problèmes d’abus/dépendance liés à cette surconsommation [1].

Méthodes

Analyse des données recensées sur 3 ans d’étude : (i) cas cliniques rapportés aux CEIP-A et CRPV ; (ii) données des enquêtes pharmacoépidémiologiques des CEIP-A ; (iii) données de remboursement de l’assurance maladie du Nord-Est.

Résultats

Sur la période, 587 cas ont été notifiés. Leur analyse a montré une forte utilisation hors AMM dans le traitement des DCNC (54 %) et un nombre important de cas d’abus/dépendance (24 %). Plus de la moitié des patients (62 %) abuseurs/dépendants étaient non-cancéreux. Au cours de la période, une augmentation des cas de prescription pour des douleurs non cancéreuses était observée parmi l’ensemble des cas rapportés (×1,5) et parmi les cas d’abus/dépendance (×1,2). D’autres mésusages ont été rapportés : traitement de fond opioïde insuffisant (45 %) et doses prescrites excessives par rapport à l’AMM (22 %). Les résultats des enquêtes spécifiques des CEIP-A rapportaient également un mésusage et une utilisation hors AMM. Enfin, l’analyse des données de remboursement en Lorraine montrait que plus de 20 % des prescriptions étaient hors AMM.

Discussion

Nos résultats sont comparables à ceux de la littérature rapportant des taux importants de mésusage mais aussi de dépendance aux antalgiques opiacés chez des patients traités pour des DCNC [2, 1]. Les praticiens doivent être conscients du risque d’abus au fentanyl, en particulier avec les FTAR. Il apparaît indispensable que la prise en charge d’une pharmacodépendance au fentanyl transmuqueux, prescrit à visée antalgique, soit pluridisciplinaire, associant algologues, addictologues et pharmacologues.

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Vol 72 - N° 1

P. 145-146 - febbraio 2017 Ritorno al numero
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  • Quels sont les principaux faits marquants des 8 ans de suivi d’addictovigilance de la méthadone ?
  • Élisabeth Frauger, Michel Spadari, Liselotte Pochard, Nathalie Fouilhé Sam-Laï, Émilie Jouanjus, Michel Mallaret, Joëlle Micallef, French Addictovigilance Network (FAN)
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