Étude des processus cognitifs et affectifs sous-tendant le comportement empathique dans la schizotypie : étude comportementale et en potentiels évoqués cognitifs (PEC) - 29/05/20
, L. Chochillon, A. Foulou, M. Illoul, M. Carron, G. IakimovaRiassunto |
Les troubles de l’empathie, notamment de sa composante cognitive (c.-à-d., prendre la perspective d’autrui et inférer son émotion) sont au cœur de la pathologie schizophrénique et sont fortement liés au dysfonctionnement social des patients [1]. Actuellement, la recherche étudie ce trouble chez des individus « à risque » présentant un haut degré de schizotypie (SZT) avec l’idée d’identifier un facteur de vulnérabilité pour le développement de la schizophrénie. Les résultats des études basées sur des questionnaires d’empathie auto-rapportée sont similaires à ceux retrouvés dans la schizophrénie [2] mais ne permettent pas d’investiguer finement les processus sous-jacents en y associant des marqueurs neurofonctionnels objectifs.
Nous rapportons ici les résultats préliminaires d’une étude proposant de combler ce manque. Les dispositions empathiques auto-rapportées (questionnaire IRI) et les traits de SZT (questionnaire SPQ) ont été mesurés chez 86 participants issus de la population générale. Quinze d’entre eux ont réalisé une tâche d’empathie validée [3] basée sur l’observation de photographies de mains en situations douloureuses (douleur) ou neutres (neutre). La tâche consiste à indiquer sur une échelle de Likert (0–9) le niveau de douleur qu’eux même (soi) ou qu’un(e) inconnu(e) (autrui) ressentirait. Les processus cérébraux ont été explorés par la comparaison des PEC (13 sujets) entre les conditions douleur et neutre (composante affective de l’empathie) et entre soi et autrui (composante cognitive).
Une analyse en réseau sur les scores IRI et SPQ montre que la présence d’une détresse personnelle exagérée semble liée aux dimensions négative et désorganisé de la SZT. Une analyse de variances montre que les participants attribuent une intensité plus forte aux situations douloureuses, d’autant plus en condition Soit, mais aucune corrélation significative n’est observée avec les scores IRI et SPQ. Les tracés PEC révèlent :
– un traitement neurocognitif différencié des conditions douleur et neutre entre 300 et 1200ms sur des électrodes fronto-centrales ;
– une distinction soi/autrui durant le même intervalle temporel mais sur des électrodes postérieures (pariéto-occipitales), négativement corrélée aux scores de SZT négative.
Ce résultat fait écho au trouble de la distinction soi/autrui dans la schizophrénie, lié à un dysfonctionnement pariétal [3], qui pourrait donc constituer un marqueur précoce de vulnérabilité pour le développement de la schizophrénie.
Il testo completo di questo articolo è disponibile in PDF.Mots clés : Empathie, Potentiels évoqués cognitifs, Schizotypie, Psychopathologie, Neurosciences sociales, Cognition sociale
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Vol 1 - N° S2
P. S118-S119 - dicembre 2019 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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