TO57 - 09/04/08
Introduction : Le stress induit de l’analgésie via une libération endogène d’opioïdes. Cependant, des événements stressants peuvent aussi jouer un rôle dans l’apparition d’épisodes douloureux. De plus, il a été montré qu’une seule exposition aux opioïdes activait les systèmes pronociceptifs NMDA-dépendants conduisant à une vulnérabilité à long terme à la douleur. Nous avons donc étudié si une expérience de douleur inflammatoire traitée par du fentanyl pouvait favoriser : i) le développement d’une vulnérabilité à long terme à la douleur après un stress environnemental non nociceptif (SENN) et ii) la résistance aux effets antalgiques des opioïdes.
Matériel et méthode : A J0, la carragénine, un agent pro-inflammatoire, a été injectée dans une patte postérieure chez des rats traités par du fentanyl (4 x 100 µg/kg ; s.c.). Deux semaines après, les rats ont été exposés soit à : i) des SENN répétés, ii) une « ultra-low » dose de fentanyl (ULDf, 50 ng/kg) ou iii) une dose analgésique de fentanyl (25 µg/kg). La sensibilité à la douleur est évaluée quotidiennement par la détermination du seuil nociceptif (SN) par le test de Randall-Selitto.
Résultats : Une ULDf induit une analgésie identique à celle observée après un SENN chez les rats naïfs mais provoque plusieurs heures d’hyperalgésie chez les rats ayant eu une expérience douloureuse traitée par du fentanyl. Une résistance à l’effet analgésique du fentanyl 25 µg/kg est observée chez les rats ayant eu une histoire douloureuse et d’opioïdes. La répétition du SENN induit une importante augmentation (18 à 22 fois) de l’hyperalgésie. L’hyperalgésie induite par le SENN est toujours visible 4 mois après l’expérience douloureuse traitée par du fentanyl. Ce phénomène a été dénommé « sensibilisation latente à la douleur ».
Discussion : La sensibilisation latente à la douleur induite par une seule exposition aux opioïdes chez les rats avec une expérience douloureuse pourrait jouer un rôle critique dans la transition de la douleur aiguë à la douleur chronique après une lésion tissulaire.
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Vol 8 - N° HS1
P. 92 - ottobre 2007 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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