Stock uratique mesuré en DECT : biomarqueur de risque cardiovasculaire et de mortalité à court terme de la goutte - 30/11/20
, L. Norberciak 2, M. Andrès 3, E. Houvenagel 4, V. Ducoulombier 5, J. Legrand 6, J.F. Budzik 7, T. Pascart 8Riassunto |
Introduction |
L’augmentation des événements cardiovasculaires et de la mortalité chez les patients goutteux sont des phénomènes connus mais le lien avec la goutte reste à éclaircir. La goutte tophacée, en particulier, est associée à une mortalité plus élevée ce qui soulève la question du rôle potentiel du stock de cristaux d’urate monosodique (UMS). Le scanner double-énergie (DECT) permet de mesurer la charge en cristaux d’UMS chez l’ensemble des patients goutteux. L’objectif de cette étude était de déterminer si le volume initial d’UMS mesuré en DECT est prédictif du risque de mortalité à court terme, du développement de maladies cardio-vasculaires et de diabète.
Matériels et méthodes |
D’avril 2016 à mai 2019, nous avons recruté de façon prospective une cohorte de patients goutteux pour les soumettre à des scanners double énergie (DECT) des genoux, chevilles et pieds ; afin de mesurer leur stock uratique initial. Nous avons recueilli la survenue d’événements cardio-vasculaires majeurs (infarctus du myocarde, accident vasculaire cérébral, artérite oblitérante des membres inférieurs symptomatique), mineurs (accident ischémique transitoire, hypertension artérielle), métabolique (diabète) et la mortalité à M12, M24, M36. L’hazard ratio (HR) des facteurs évalués à Baseline pour la mortalité et la survenue d’évènements cardio-métaboliques a été évalué par modèle uni et multivarié de Cox.
Résultats |
Un total de 128 patients ont été inclus ; l’âge moyen était de 66,1 ans (±14) et la durée d’évolution moyenne de la maladie de 11,4 ans (±10,4). Les patients avaient une uricémie initiale moyenne de 74,4mg/l (±22,9), 61,7 % étaient naïfs de traitement hypo-uricémiant et 34,6 % avaient une goutte tophacée. Le volume uratique total médian à Baseline était de 0,2 (0-0,9) cm3. Lors de l’évaluation initiale, 26,6 % des patients avaient un diabète, 20,3 % avaient un antécédent d’infarctus du myocarde, 11,7 % d’AVC, et 1,6 % d’AIT. Les données de suivi étaient disponibles pour 119 patients à M12, 83 à M24 et 43 patients à M36. L’uricémie moyenne était de 56mg/l (±16,3) à M12, 57,6mg/l (±20,1) à M24 et 50,4mg/l (±12) à M36. La mortalité globale a été de 12 % (14 décès ; et statut vital inconnu pour 10 patients) durant le suivi. En analyse univariée, les patients décédés durant le suivi avaient un volume uratique initial moyen aux genoux et pieds de 0,4cm3 [0,2 ;3,7] et ceux qui ont survécu avaient un volume de départ de 0,2cm3 [0 ;0,7] ; p=0,035. Dans le modèle Cox multivarié, les facteurs influençant le risque de mortalité globale étaient le volume uratique total mesuré en DECT (HR 1,02 (1,002-1,03) ; p=0,0203 ; pour chaque cm3 additionnel), et l’uricémie à M0 (HR 1,04 (1,012-1,06) ; p=0,0032). Le seul facteur associé en analyse multivariée à la survenue d’événements cardio-vasculaires (majeurs, mineurs) et métaboliques était le volume uratique total (HR 1,014 ; 95 % CI 1,001-1,03 ; p=0,037).
Conclusion |
Le volume uratique aux genoux et aux chevilles/pieds est un facteur prédictif indépendant de la mortalité et d’événements cardio-métaboliques à court terme, chez les patients goutteux.
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Vol 87 - N° S1
P. A57-A58 - dicembre 2020 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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