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Dermatite au shiitake : les intoxications persistent en France - 20/09/21

Doi : 10.1016/j.toxac.2021.06.019 
David Boels 1, , Chloé Greillet 2, Jérôme Langrand 3, Magali Labadie 4, Gaël Le Roux 5, Luc De Haro 6, Juliette Bloch 2, Sandra Sinno-Tellier 2
1 Service de pharmacologie clinique, unité de toxicologie, CHU Nantes, Nantes, France 
2 Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), Maisons-Alfort, France 
3 Centre antipoison de Paris, Fédération de toxicologie, hôpital Fernand-Widal, AP–HP, Paris, France 
4 Centre antipoison, CHU Bordeaux, Bordeaux, France 
5 Centre antipoison, CHU Angers, Angers, France 
6 Pharmacologie clinique, centre antipoison, AP–HM, Marseille, France 

Auteur correspondant.

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Riassunto

Objectifs

Le shiitake (Lentinus edodes) est un champignon comestible, initialement cultivé au Japon et en Chine, qui est de plus en plus commercialisé en Europe. Nous avions rapporté, en 2014, quinze cas de dermatite au shiitake [1]. Le but de cette nouvelle étude est de décrire l’évolution du nombre de dermatites au shiitake depuis 2014 et de mieux décrire les caractéristiques cliniques et les facteurs de risque.

Méthode

Étude observationnelle rétrospective des cas de la base nationale des cas d’expositions au shiitake des centres antipoison français entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2019.

Résultats

Sur 125 expositions au shiitake, nous avons identifié 59 cas d’intoxications avec une dermatite : sex-ratio H/F de 1,80 : 1 ; âge de 19 à 69 ans (médiane : 39 ans). Les cas de dermatite survenaient après une consommation de shiitake crus ou insuffisamment cuits (par exemple, wok, soupe, pizza). L’éruption cutanée apparaissait 1 heure à 168 heures (médiane : 48 heures) après l’ingestion de shiitake. Les signes cutanés tels que papules et lésions linéaires, érythémateuses, prurigineuses étaient apparus sur le tronc, les bras et les jambes en quelques heures et persistaient entre 1 et 40 jours (médiane 10 jours). La durée de la dermatite était significativement augmentée par la quantité de shiitake consommée : autour de 4 jours pour une consommation de moins de 60g, 7 jours pour 60 à 150g et 15 jours au-delà (test de Kruskal–Wallis ; p=0,007). Trente-huit patients avaient reçu des corticostéroïdes, des antihistaminiques ou les deux sans bénéfice démontré. Tous les patients ont guéri sans séquelle.

Conclusion

La dermatite à shiitake serait causée par le lentinan, un composé polysaccharidique thermolabile [2]. Une cuisson inadéquate semble clairement un déterminant de la survenue des dermatites à shiitake.

Certains auteurs pensent qu’il s’agit d’une réponse immunitaire imprévisible, survenant chez des individus génétiquement prédisposés, indépendamment de la dose via le mécanisme initialement proposé d’hypersensibilité [3]. Notre étude est en faveur d’une réponse dose-dépendante entre quantité consommée et durée des symptômes, orientant vers un mécanisme toxique. Par défaut d’étude sur le sujet, le traitement est actuellement symptomatique. Une information auprès des producteurs, distributeurs, restaurateurs et consommateurs est nécessaire afin de les sensibiliser sur la nécessité de cuire les shiitake et les mettre en garde contre certains modes de cuisson rapide, comme la cuisine au wok, insuffisants pour éliminer le risque de dermatite toxique.

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