Augmentation de la consommation de cannabidiol dans l’enquête oppidum : qui sont les consommateurs en 2021 ? - 11/12/22
, Sébastien Caudron De Coquereaumont, Liselotte Pochard, Elisabeth Frauger, Joëlle MicallefRiassunto |
Introduction |
Le cannabidiol (CBD) est un des composants principaux de la plante Cannabis sativa, d’action pharmacologique pléiotropique (récepteurs sérotoninergique, dopaminergique, cannabinoïdes…) [1]. Depuis 2017, le nombre de consommateurs de CBD a augmenté de 2 à 60 dans l’enquête OPPIDUM. L’objectif est de décrire la population consommatrice de CBD, les modalités de consommation, d’obtention et les produits associés.
Matériel et méthode |
OPPIDUM (Observation des Produits Psychotropes Illicites ou Détournés de leur Utilisation Médicamenteuse) est un dispositif de pharmacosurveillance, enquête transversale, annuelle et nationale auprès de structures spécialisées dans la prise en charge des addictions [2, 3]. Ce travail présente les résultats de l’enquête 2021.
Résultats |
Soixante sujets ont déclaré consommer du CBD : âge moyen 40 ans, 83 % d’hommes. 41 % exercent une activité professionnelle, 58 % ont des revenus réguliers et 80 % un logement stable. 22 % des sujets sont alcoolodépendants. 1er produit consommé : majoritairement cannabis (96 %) ; 1er produit ayant entraîné une dépendance : 51 % cannabis, 37 % héroïne. Le CBD est majoritairement fumé (92 %), 2 sujets déclarent le consommer par voie orale, 2 en infusion. 56 % le consomment quotidiennement, 39 % ont augmenté les doses dans les 6 derniers mois et 7 présentent une souffrance à l’arrêt. Neuf sujets déclarent une dépendance. Les sujets l’obtiennent par vente libre (80 %), deal (n=5), don (n=4), internet (n=2), prescription médicale (n=1). Les sujets rapportent consommer du CBD pour : détente, antalgie, sevrage THC et/ou tabac. Dix sujets le consomment avec de l’alcool et on note 83 % de polyconsommation. Parmi les produits associés, 65 % des sujets sont sous traitement de substitution aux opiacés (74 % méthadone, 23 % buprénorphine). Dix sujets consomment également des benzodiazépines, 7 des antipsychotiques, 6 des antidépresseurs, 4 des antalgiques opiacés et 2 de la kétamine. 25 % consomment également du cannabis, 7 de la cocaïne, 5 de l’héroïne et 3 des drogues de synthèse (LSD, chimique et 3-MMC).
Conclusion |
Nos résultats montrent une multiplication par 30 des consommations de CBD en 5 ans, ainsi qu’une utilisation dans des contextes variés : antalgie, détente, sevrage THC. Néanmoins, THC et CBD n’agissent pas de la même manière sur les récepteurs cannabinoïdes. De plus, plusieurs sujets soulignent une dépendance, ce phénomène étant à surveiller. On con- state également une forte polyconsommation. Le CBD étant un puissant inhibiteur de plusieurs cytochromes enzymatiques, il peut en résulter de nombreuses interactions médicamenteuses, notamment avec la méthadone [4]. Il est donc nécessaire d’informer plus largement les usagers mais également les professionnels de santé afin de réduire les complications sanitaires.
Il testo completo di questo articolo è disponibile in PDF.Mots clés : Addictovigilance, Pharmacosurveillance, Cannabidiol
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Vol 77 - N° 6
P. 768-769 - novembre 2022 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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