Compréhension de la relation hôte microbiote dans le syndrome de Behçet : étude cas/témoins - 17/05/25
Résumé |
Introduction |
Le syndrome de Behçet (BS) est une vascularite systémique à la frontière entre inflammation et auto-immunité dont les manifestations cliniques incluent aphtes bipolaires, uvéite, atteinte du système nerveux central, atteinte inflammatoire digestive et vascularite [1]. Son étiologie est plurifactorielle et des données suggèrent que la réaction inflammatoire au cours du BS résulte d’une perturbation de l’équilibre des réponses immunitaires innée et adaptative chez des individus génétiquement prédisposés, sous l’influence de l’environnement et du mode de vie. Le microbiome pourrait jouer un rôle déclencheur [2]. Streptococcus sanguinis serait ainsi impliqué par le biais du mimétisme moléculaire et de la NETose [3]. Les objectifs de cette étude étaient de comparer, entre cas et témoins sains appariés, (i) le microbiote salivaire, de la muqueuse orale et fécal, (ii) les concentrations sériques et salivaires des cytokines (IL-1β, IL-17A, IL-18, IFNγ, TNF-α, IL-6 et IL-22), (iii) les concentrations d’acide gras à chaine courte et (iiii) les concentrations sanguines des dérivés métaboliques du tryptophane (Trp).
Matériels et méthodes |
BEHCETBIOT est une étude cas-témoins multicentrique française qui a inclus des patients répondant aux critères de classification internationale du BS révisés en 2013 [1]. Les témoins devaient vivre sous le même toit que les cas. Des écouvillonnages de muqueuse orale, des échantillons de salive et de selles ont été prélevés. Pour les analyses de microbiotes, les échantillons ont été purifiés avec le kit DNeasy Power Soil Pro selon les instructions du fabricant (QIAGEN). Les métabolistes du Trp ont été mesurés par spectrométrie de masse en chromatographie liquide. Les taux sériques et salivaires d’IL-1β, IL-17A, IL-18, IFN-γ, TNF-α, IL6 et IL-22 ont été mesurés à l’aide des cartouches microfluidiques Ella® Single Plex (ProteinSimple™, Bio-Techne). Les cytokines et les dérivés métaboliques du TRP ont été comparés entre les patients et les témoins appariés.
Résultats |
Trente-trois couples patients/témoins appariés ont été inclus (18 femmes, 54,5 %). Trente-trois pour cent (11/33) présentaient un phénotype cutanéomuqueux/articulaire, 42 % (14/33) un phénotype neuro-ophtalmologique et 24 % (8/33) un phénotype vasculaire. Aucun patient n’était en poussée au moment de l’inclusion. Vingt-sept pour cent (9/33) des patients étaient sous anti-TNFα et 9 % (3/33) sous anti-IL-6. Quatre-vingt-un pour cent des patients étaient sous colchicine au long cours. La qualité du séquençage, mesurée par les valeurs Phred, était élevée pour toutes les régions. L’abondance des OTU a révélé des profils distincts en fonction du type d’échantillon. Les échantillons de salive présentaient une diversité systématiquement plus élevée d’une région à l’autre, tandis que les échantillons de selles présentaient une diversité a plus faible. Aucune différence dans les concentrations de métabolites du Trp n’a été trouvée. En ce qui concerne les cytokines salivaires, les niveaux d’IL-18 étaient significativement plus élevés chez les témoins (p<0,05). Il n’y avait pas de différence entre les cas et les témoins pour l’IL-1β, le TNF-α, l’IL-6 et l’IL17-A. L’IL-22 et l’IFN-γ étaient inférieurs au seuil de détection. Il existait une tendance à l’augmentation des taux d’IL-6 salivaire pour le phénotype vasculaire entre les cas et leurs témoins appariés. En ce qui concerne les cytokines sériques, les niveaux d’IFN-γ étaient plus élevés chez les cas que chez les témoins (p=0,03).
Discussion |
Notre étude clinique est la première à comparer les microbiotes de divers habitats microbiens oraux, la première à établir un appariement strict entre cas et témoins pour s’affranchir du biais lié au mode de vie, et enfin la seule à étudier toutes les régions codantes de V1 à V9 de l’ADN codant pour l’ARN 16S. De plus, il s’agit d’une des premières à analyser la pertinence des cytokines salivaires et des métabolites du Trp dans le BS.
Conclusion |
Les résultats doivent être interprétés en fonction des traitements reçus et des phénotypes cliniques. En effet, un tiers des patients étaient traités par des agents biologiques le jour de l’inclusion. Ils peuvent refléter des mécanismes de contre-régulation, ou les effets des agents biologiques reçus.
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Vol 46 - N° S1
P. A73-A74 - giugno 2025 Ritorno al numeroBenvenuto su EM|consulte, il riferimento dei professionisti della salute.
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